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WALL•E
WALL•E est un film d'animation en images de synthèses américain, réalisé par Andrew Stanton et sorti sur les écrans en 2008. C'est le neuvième long-métrage du studio Pixar.
Synopsis
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Ce qui suit dévoile des moments clés de l’intrigue.
Au début du XXIIe siècle, la compagnie Buy'n Large monopolise l'économie de la Terre et devient un gouvernement mondial. La surconsommation a tôt fait de transformer le monde en un dépotoir et, dans une tentative de préserver l'humanité, la société commandite un exode massif à bord de vaisseaux spatiaux. Durant les cinq ans que doit durer l'exode, la compagnie envoie des milliers de WALL·E (Waste Allocation Load Lifter Earth-Class) pour nettoyer la Terre. Après 700 ans, il ne reste plus qu'un unique WALL·E. Sa solitude prend fin lorsqu'un jour une fusée dépose une sonde robotisée immatriculée EVE (Extraterrestrial Vegetation Evaluator, littéralement Évaluatrice de la végétation extraterrestre), chargée de ramener aux humains une preuve de vie sur terre. WALL·E tombe amoureux d'EVE, et lui offre une plante qu'il a découverte lors de ses opérations de nettoyage. EVE quitte donc la terre pour terminer sa mission, laissant WALL·E à nouveau seul. Il décide de partir à sa recherche et découvre que les humains ont survécu dans un gigantesque vaisseau. Toutefois AUTO, le pilote automatique du vaisseau, fait tout pour se débarrasser de la plante, puis de WALL·E et d'EVE, car des instructions secrètes lui interdisent de permettre aux humains de regagner un jour la Terre.
Fiche technique
Distribution
Voix originales
Voix françaises
Voix québécoises
Personnages
- WALL·E (Waste Allocation Load Lifter Earth-Class) : compacteur à déchets mobile, le dernier robot opérationnel d'une vaste quantité produite par l'entreprise Buy'n Large pour ramasser et compacter les déchets accumulés par les humains. WALL·E fonctionne à l'énergie solaire et remplace constamment ses pièces usagées par d'autres récupérées sur des robots WALL·E hors d'usage. Il peut rétracter ses membres et sa tête dans son corps pour former un cube quand il se sent en danger ou lorsqu'il veut dormir. La longue existence solitaire de WALL·E lui a permit de développer une conscience et des émotions. L'ingénieur du son Ben Burtt a créé sa voix, ainsi que celle du robot M-O (Microb Obliterator).
- EVE (Evaluatrice de Végétation Extraterrestre) : sonde chargée de découvrir une source de vie potentielle sur Terre. Elle est tout le contraire de WALL·E : blanche et fuselée, ses formes sont épurées et lisses et lui permettent une grande fluidité aérodynamique. Tête brûlée et ayant mauvais caractère, elle se montre peu démonstrative envers le petit robot. Au fil de l'aventure, elle semble éprouver de l'affection pour lui, voire de l'amour.
- Shelby Forthright : président-directeur-général de Buy'n Large. Dans le film, un projet de nettoyage à l'échelle planétaire est organisé par Shelby Forthright tandis que les humains sont évacués dans l'espace. Le projet est annulé lorsque la plupart des unités WALL·E périssent, le forçant à perdre espoir. Le personnage est incarné par Fred Willard, seul personnage réel de ce film d'animation, pour la première fois dans l'histoire du studio Pixar.
Analyse
Thèmes
Le film offre plusieurs niveaux de lecture[8].
Un des thèmes principaux du film est l'effet de la surconsommation. Le premier élément est l'état de la planète Terre. Les hommes ont du quitter la Terre pour habiter dans l'espace tandis que des robots nettoient la planète. [9]
La population humaine restante habite dans des vaisseaux spatiaux, dont un seul est montré dans le film, l'Axiom. À son bord, les humains sont représentés inactifs et obèses. Ils sont servis par des robots et n'effectuent presque aucun mouvement. Dans leur vie quotidienne, des panneaux publicitaires sont installés partout au sein du vaisseau, et les humains sont régulièrement représentés avec une boisson ou de la nourriture à la main. Ce n'est qu'à la toute fin du film que tous se redressent sur leurs jambes, pour repeupler et refertiliser la Terre, encouragés par le capitaine McCrea.
Un autre thème découlant du précédent est l'écologie. Le fait que les humains aient créé les WALL·E pour nettoyer à leur place la Terre est une vision particulière de la préservation de l'écosystème planétaire. En abandonnant la surface terrestre à des nettoyeurs, les hommes permettent à la Terre de se régénérer en attendant la réapparition de la vie, ici symbolisée par une fleur. Avec le message de préservation de la Terre en filigrane, le film est régulièrement associé à une fable écologique[10].
La société Buy'n Large est un monopole-oligopole. Elle est représentée comme fournissant tout ce qu'il est possible depuis la construction, les transports, la nourriture, les chaînes de distribution jusqu'aux vaisseaux spatiaux ayant servi à l'exil des hommes.
Dans un article publié par le New York Times, Frank Rich expose ces points et les met en perspective pour les USA de 2008, en pleine campagne électorale[11].
Références culturelles
Bien que sous-jacentes ou simplement évoquées, le film fait allusion ou référence à de nombreux éléments culturels.
Références littéraires
- Le film Wall-E se distingue de la plupart des œuvres de science fiction dont l'histoire se déroule dans un monde post-apocalyptique, par sa vision très optimiste : le pire arrivera, mais l'humanité sera capable de retrouver ses racines.[13] ;
- À la Bible
- le Livre de la Genèse car les humains viennent sur la Terre pour « croître et multiplier » (Genèse 1, 28).
- les premiers humains du vaisseau Axiom « perturbés » par WALL·E se prénomment John et Mary (en français : Jean et Marie).
Références cinématographiques et télévisuelles
Ed Gonzalez, de Slant Magazine, estime que le personnage de WALL-E invite à la comparaison avec le E.T. de Steven Spielberg, Number 5, R2D2 de Star Wars, et le Little Tramp de Charlie Chaplin[14]. Le réalisateur, Andrew Stanton, a d'ailleurs précisé avoir puisé son inspiration pour ce film chez Charlie Chaplin[15]. Pour R2D2, Ben Burtt indique dans une interview à Libération que pour le vocable WALL-E débute par des bruitages comme le robot de Star Wars puis apprend au fur et à mesure du film, un langage lui permettant de communiquer par exemple avec EVE[16].
Le film offre des parallèles avec d'autres productions cinématographiques ou télévisuelles :
- thèmes utilisés dans les space operas de science-fiction :
- Dans le film une phrase de présentation de l'Axiom space, the last "fun-tier" qui est un jeu de mots reprenant les premiers mots du générique de la série Star Trek : "Space, the final frontier".
- Les humains quittent la Terre à la suite d'un « dérèglement majeur provoqué par ses déchets » et errent ensuite dans l'espace. La pollution généralisée dans Wall•E est un élément de scénario qui peut s'apparenter à l'explosion des déchets nucléaires entreposés sur la Lune de Cosmos 1999
- Références à 2001 : l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick[17],[18]
- Le générique de fin reprend le principe utilisé dans celui de la série Desperate Housewives, qui présente des œuvres d'art de manière chronologique, en les parodiant. Sont ainsi détournés des peintures rupestres, des fresques égyptiennes ou des tableaux impressionnistes, illustrant ici des événements postérieurs au film.
Références à Apple et à la techno-culture
- Aux produits de la société Apple, dont le fondateur, Steve Jobs,[19] est aussi co-fondateur de Pixar (en 1986).[20]. Steve Jobs a depuis revendu Pixar a Disney, dont il est actionnaire majoritaire[21].
- le son qu'émet WALL·E, une fois sa recharge énergétique terminée, est similaire à celui des ordinateurs Macintosh lors de leur mise en route[22] ;
- WALL·E utilise un iPod pour regarder des vidéos ;
- le capitaine McCrea déconnecte le pilote automatique de l’Axiom un peu à la manière de l’actrice dans la publicité de lancement du premier Macintosh, lorsqu'elle projette un marteau dans l'écran du Big Brother ;
- Andrew Stanton, le réalisateur du film, désirait un design compact et sans discontinuité ; l'analogie avec le design du playbook d'Apple le frappa et le designer de la firme, Jonathan Ive, fut consulté pour la création du personnage d'EVE[23].
- Pendant ses temps libres, Wall•E joue à Pong, un des premiers jeux vidéo édité par Atari, entreprise qui fut le premier employeur de Steve Jobs[24].
Autres références
Le film fait aussi de nombreux clins d'œil et autres éléments culturels
- Lorsque WALL·E s'accroche à la fusée emportant EVE, il est percuté par un satellite ayant la forme d'un Spoutnik ;
- Le vaisseau Axiom est caché derrière un nuage stellaire évoquant les « Piliers de la création » de la Nébuleuse de l'Aigle.
Autour du film
Anecdotes
- Dans la tradition de Pixar, un court-métrage est présenté avant chaque film. Cette fois-ci, c'est Presto, mettant en scène un prestidigitateur (ressemblant beaucoup au personnage de l'avocat Talon Labarthe dans Ratatouille), son chapeau magique et son lapin[25].
- La source d'inspiration principale pour le personnage de WALL·E a été l'objectif binoculaire, à partir duquel le reste du personnage s'est construit. Le but de Stanton était de créer un personnage robotique que le public identifie vraiment comme un robot, et non comme un être humain dans une coque métallique. Le personnage Johnny 5 du film Short Circuit pourrait être une référence inconsciente, mais Stanton précise qu'il n'a vu ce film qu'une seule fois et qu'il tentait plutôt de créer un personnage proche de Luxo the Lamp, du film Luxo Jr., le premier court-métrage de Pixar sorti en 1986[26].
- Dans une bande-annonce pour le film diffusée pendant le Super Bowl, Buzz et Woody, héros de Toy Story, regardent le match à la télévision tout en discutant de WALL•E.
- Dans WALL•E le code de pilotage automatique pour le robot central du vaisseau Axiom est A-113. À l'origine ce chiffre est le numéro d'une classe de CalArts. Bard Bird l'a utilisé parfois sous la forme A1-13 dans la plupart des productions de auxquelles il a participé, que ce soit Les Simpsons ou les films de Pixar[27].
Accueil du film et controverses
- Le film est assez mal reçu par les conservateurs qui voient en WALL•E un film de gauche faisant l'apologie du malthusianisme[29],[30].
- Greg Pollowitz dans un billet publié par la revue conservatrice NRO, estime qu'il est assez paradoxal que Disney fasse l'apologie de la protection de la planète dans Wall•E quand, en parallèlle, Disney continue à faire fabriquer en Chine nombre d'objet en plastique dans des usines polluantes[31]
Liens externes
Notes et références
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