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Ukrainien
L'ukrainien (українська мова/ukrayins'ka mova) est une des quatre langues appartenant à la famille orientale des groupes slaves — de la famille des langues indo-européennes, les trois autres étant le russe, le ruthène et le biélorusse. Elle est la langue officielle de l'Ukraine, mais elle est aussi parlée en Pologne, Slovaquie, Russie, Roumanie, Biélorussie, dans la province de Transnistrie en Moldavie ainsi que dans certaines régions de Serbie comme le Banat.
[modifier] Histoire[modifier] PerspectiveLes débuts d'une langue ukrainienne normalisée ont été souvent entravés par le manque d'indépendance et de souveraineté de l'Ukraine. Pendant des siècles suivant la chute de la Rus' de Kiev, les élites ukrainiennes ne parlaient pas la langue de leur pays, les aristocrates et la classe moyenne ukrainiens étant polonisés ou russifiés (même aujourd'hui, de nombreux ukrainiens ne maîtrisent pas la langue). Si la langue fut parlée par la plupart des Ukrainiens des Carpates jusqu'au Kouban, sa forme littéraire n'exista pas, ou presque. Les premières œuvres en ukrainien moderne sont attribuées aux auteurs de XIXe siècle : Ivan Kotlyarevsky, Tarass Chevtchenko et autres. Le 18 juillet 1863, un décret émis par le ministre russe de l'Intérieur Piotr Valouiev (russe : Пётр Валуев) interdit l'usage de la langue ukrainienne comme « inexistante ». C'est ainsi que l'existence de l'ukrainien en tant que langue propre n'était pas universellement reconnue il y a encore cent ans. En effet, l’Encyclopædia Britannica 1911 définissait l'ukrainien comme un dialecte « petit russe » de la langue russe. (en anglais). Les historiens soviétiques ont défini les trois langues slaves comme fraternelles.
Les panneaux de direction dans le Métro de Kiev sont en ukrainien. L'évolution des langues a suivi les changements politiques dans l'après-guerre ukrainien. À l'origine en ukrainien, ils ont été changés en russe au début des années 1980 suivant la politique de russification menée sous Vladimir Chtcherbitski. Dans la fin des années 1980, les panneaux furent bilingues grâce à la politique de perestroïka. Ils ne furent de nouveau remplacés par des panneaux en ukrainien que suite à l'indépendance de l'Ukraine au début des années 1990 (photo ci-dessus).
[modifier] L'ère moderneÀ l'indépendance, suite à la dissolution de l'URSS, l'État proposa la nationalité ukrainienne à tous les résidents, quelles que soient leurs origines. C'est ainsi que beaucoup de gens se considérant comme russes ou russophones se sont aussi sentis ukrainiens. Le pays devint bilingue. Le russe dominait les médias écrits et la radio, tandis que l'ukrainien était la langue unique des médias télévisuels contrôlés par l'État. Cependant le pays est couvert par les multiples chaînes venant de Russie, toutes en russe. Depuis l'indépendance de l'Ukraine en 1991, l'ukrainien a été déclaré seule langue officielle du pays et les habitants ont été encouragés à l'utiliser. Le système scolaire a été transformé pour faire de l'ukrainien la langue d'étude principale. Le russe y est toutefois enseigné. Le gouvernement a aussi fait en sorte que la langue ukrainienne soit de plus en plus utilisée dans les médias et le commerce. Ceci a amené certains, notamment les russophones, à dénoncer certains excès qui découleraient de l'« ukrainisation » du pays. Malgré cela, le russe est encore très fortement implanté (surtout à l'est). En pratique, la question linguistique est complexe et sensible. Des revendications politiques se superposent à l'identité nationale : le russe rappelle pour certains le pan-slavisme et la Russie historique (Russie kiévienne et Empire russe), pour la majorité la russification et les pires heures du soviétisme. Enfin, l'ukrainien est très variable selon les régions (on parle de Sourjyk ou Suržyk). Même à Kiev, la langue commune reste le russe ; les annonces et publicités étant en ukrainien, on a là un véritable cas de diglossie. Durant les deux élections de 1994 et 2004, l'adoption du russe comme seconde langue officielle fut une des promesses d'un des candidats (Leonid Koutchma en 1994, Viktor Ianoukovytch en 2004). Cette promesse contribua au soutien des régions du sud et de l'est de l'Ukraine, où les russophones sont majoritaires, à Leonid Koutchma. Cependant le russe ne fut pas instauré en tant que langue officielle durant les dix années de sa présidence (1994-2004). [modifier] Ukrainophones versus russophonesUkrainien vs russe Selon le recencement de 2001, la majorité d'habitants de l'Ukraine se considèrent comme les "Ukrainiens de souche". Une partie de ce groupe parle russe comme une langue quotidienne (voire maternelle). Cela est dû aux politiques de russification menées par l'Empire russe puis par l'URSS. Tantôt brutale (interdiction de toutes publications en ukrainien par Valouièv), tantôt douce (découragement de l'utilisation de l'ukrainien comme langue de travail et d'administration) , la russification a laissé des traces. Les populations des grandes villes de l'Est ukrainien sont majoritairement russophones. Bien que d'origine ukrainienne, elles sont souvent réticentes à revenir vers la langue de leurs grands-parents. En partie, cela s'explique par la difficulté de changer les habitudes et les normes établies. Cependant, il ne faut pas négliger le facteur social : l'ukrainien est souvent perçu comme une "langue rurale" ("langue des paysans"). De fait, les racines des mots ukrainiens sont parfois proches de racines de mots russes d'un niveau de langue archaïque ou vulgaire. Cela explique que le citadin pourra être hostile à l'ukrainisation, non pas par pour des raisons ethniques, mais plutôt à cause de préjugés sociaux. Toutefois, on ne peut pas parler de "deux communautés distinctes" (comme c'est le cas en Belgique ou au Canada). Les citadins ont souvent de la parenté dans les villages et petites villes (qui restent encore ukraïnophones). Ayant appris l'ukrainien à l'école, ils ne le considèrent pas comme une langue "étrangère". Il n'y a pas non plus de conflits entre les Ukrainiens de souche et la minorité d'origine russe (presque entièrement russophone) : les citadins de diverses origines sont mêlés culturellement. Même les mariages russo-ukrainiens ne sont plus considérés comme "mixtes". On ne peut vraiment plus parler d'une "communauté russe" distincte. Depuis 1991, mais surtout depuis la Révolution orange (2004), un nouveau phénomène apparait: le « nationaliste ukrainien russophone » (ukrainien : росiйськомовний український нацiоналiст, russe : русскоязычный украинский националист ). Il s’agit de l’Ukrainien de l’expression russe, qui appuie sans réserve l’indépendance de l’Ukraine et qui est favorable (au moins en principe) aux efforts de l’ukrainisation, mais qui trouve plus commode de continuer à parler russe au travail comme dans sa vie privée. [modifier] AlphabetL'ukrainien s'écrit avec l'alphabet cyrillique. Il présente néanmoins quelques différences par rapport aux autres langues slaves, y compris le russe. Quatre lettres utilisées en russe sont inutilisées en ukrainien : ъ, ы , э et ё ; le г se prononce [ɦ] et non [g] comme en russe ; l'ukrainien a quatre lettres supplémentaires spécifiques inutilisées en russe : є (prononcé [je]), і (prononcé [i]), ї (prononcé [ji]) et ґ (prononcé [g]). Le и se prononce [ɪ] et non [i] comme en russe. La translittération usuelle de ce и est y - ce qui provoque des confusions avec la semi-consonne й, souvent transcrite de manière identique en français -. Le е se prononce [e]. Le o ne se prononce jamais [a] comme cela est souvent le cas en russe ; tout juste est-il relâché lorsqu'il ne porte pas l'accent. Contrairement au russe, l'ukrainien s'écrit toujours de façon conforme à la prononciation et se prononce toujours de façon conforme à l'orthographe.
Voir l'article Alphabet ukrainien. Voir l'article Transcription de l'ukrainien en français [modifier] Voir aussi[modifier] Liens internes
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