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Serbie

Ne pas confondre avec la République serbe de Bosnie
Република Сpбија (sr)
Republika Srbija (sr)
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République de Serbie (fr)
Drapeau de la Serbie Emblèmes de la Serbie
(Détails) (Détails)
Devise nationale : Samo Sloga Srbina Spašava
Seule l’entente qui sauve les Serbes
Langue officielle Serbe
Capitale Belgrade
44° 83' N, 20° 50' E
Plus grande ville Belgrade
Forme de l’État
 - Président de la République
 - Président du Gouvernement
République
Boris Tadić
Mirko Cvetković
Superficie
 - Totale
 - Eau (%)
Classé 111e
88 361 1 km²
0,13
Population
 - Totale (2007)
 - Densité
Classé 81e
10 150 265 hab.
106,34 hab./km²
Indépendance
 - Formation

Indépendance
Serbie médiévale
Empire de Serbie
Conquête Ottomane
Royaume de Serbie
1re Yougoslavie
Dissolution de la SCG


VIIIe siècle

1166
1217
1346
1459
1878
1918
5 juin 2006

Pays limitrophes Hongrie Hongrie
Roumanie Roumanie
Bulgarie Bulgarie
Macédoine Macédoine
Albanie Albanie[1]
Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine
Croatie Croatie
Monténégro Monténégro
Gentilé Serbe
Monnaie Dinar serbe (hormis le Kosovo qui a adopté l’euro (RSD)
Fuseau horaire UTC +1 (été +2)
Hymne national Bože Pravde
Domaine internet .rs (.yu) 3
Indicatif
téléphonique
+381

1 Kosovo inclus
2 population du Kosovo exclue
3 Le domaine .yu est une survivance de l’ancienne Yougoslavie. Le domaine .cs a été réservé pour l’union fédérale mais ne sera probablement jamais utilisé. L’introduction du nouveau domaine .rs date de 2006.

La Serbie (avec la province indépendantiste du Kosovo, voir historique des événements )
La Serbie (avec la province indépendantiste du Kosovo, voir historique des événements [2])

La Serbie (en serbe cyrillique Сpбија et en serbe latin Srbija) est un État de l’Europe du Sud, qui fait partie des Balkans occidentaux et de l’Europe centrale. La Serbie est frontalière de la Bosnie-Herzégovine, de la Croatie, de la Hongrie, de la Roumanie, de la Bulgarie, de la République de Macédoine, de l’Albanie[1] et du Monténégro. Sa capitale est la ville de Belgrade.

Les premières traces d’une présence humaine sur le territoire de l’actuelle Serbie remontent à la Préhistoire (culture de Vinča)[3]. La région fut ensuite peuplée par les Illyriens et par les Celtes puis elle fut intégrée à l’Empire romain. Après la disparition de l’Empire romain d'Occident, la région resta sous le contrôle de l’Empire romain d'Orient qui devient l’Empire byzantin. Des populations slaves, dont les Serbes, s’y installèrent au début du VIIe siècle. Au Moyen Âge, un puissant État serbe se constitua progressivement, qui attint son apogée au XIVe siècle, sous le règne de Stefan Dušan. Aux XIVe et XVe siècles, la Serbie fut progressivement conquise par les Ottomans et le pays resta en leur possession jusqu’au XIXe siècle.

Suite à deux soulèvements contre les Turcs, le premier en 1804, le second en 1815, une Principauté de Serbie fut créée, autonome vis-à-vis de la Sublime Porte en 1830, officiellement indépendante en 1878. La principauté devint Royaume de Serbie en 1882. Après la Première Guerre mondiale, se constitua progressivement un rassemblement de tous les Slaves du sud autour de la monarchie serbe : le Royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes fut proclamé en 1918 et il prit le nom de Royaume de Yougoslavie en 1929. Après la Seconde Guerre mondiale, la Serbie devint une unité fédérale au sein de la République fédérale socialiste de Yougoslavie. Les années 1990 sont marquées par la dissolution progressive de la Yougoslavie. En 2006, la Serbie est redevenue totalement indépendante après que le Monténégro décide de quitter l’éphémère union de Serbie-et-Monténégro.

Le 17 février 2008, le Kosovo, qui était jusqu’alors une province autonome au sein de la République de Serbie, a déclaré unilatéralement son indépendance. Cette indépendance n’a pas été reconnue par Belgrade[4], la communauté internationale, quant à elle, est très divisée sur la question[4].

Sommaire

[modifier] Géographie

Icône de détail Article détaillé : Géographie de la Serbie.
Le relief de la Serbie.
Le relief de la Serbie.

La Serbie, en incluant le Kosovo, s’étend sur une superficie de 88 361 km², ce qui la place au 113e rang mondial. Elle possède 2 027 km de frontières, soit 241 km avec la Croatie, 302 km avec la Bosnie-Herzégovine, 203 km avec la République du Monténégro, 221 km avec la République de Macédoine, 115 km avec l’Albanie, 318 km avec la Bulgarie, 476 km avec la Roumanie et 151 km avec la Hongrie ; elle est ainsi, après la Russie, et avec la France, le deuxième pays d’Europe qui compte le plus de pays limitrophes en Europe. Sans le Kosovo, la Serbie couvre une superficie de 77 474 km², ce qui la place au 125e rang mondial[5].

[modifier] Relief

Le mont Midžor.
Le mont Midžor.
Icône de détail Article détaillé : Montagnes de Serbie.

La Serbie est composée de deux ensembles distincts. Au nord, la Voïvodine (en serbe : Војводина et Vojvodina), se trouve dans la grande plaine pannonienne, qui est géographiquement située en Europe centrale. La Voïvodine est séparée de la Serbie centrale par la Save et le Danube. La plus grande partie de la Serbie centrale et du Kosovo est couverte de montagnes basses ou moyennes. Au centre, à l’ouest et au sud-ouest du pays, ces montagnes appartiennent aux Alpes dinariques ; à l’est, elles appartiennent aux Carpates, aux monts du Grand Balkan et aux Monts Rhodopes. Le mont Midžor, qui s’élève à 2 156 m, est situé dans le massif de la Stara Planina ; c’est le point culminant de l’est de la Serbie. Parmi les montagnes les plus importantes du pays, on peut citer les monts Tara, les monts Zlatibor, les monts Kopaonik et le massif de la Fruška Gora. Le mont Djeravica, quant à lui, situé au Kosovo, s’élève à 2 656 m.

En 2007, les terres arables couvraient une superficie de 3 095 006 ha, soit 30 950 km² (hors Kosovo)[6] ; les forêts couvrent une superficie de 25 625 km², soit 27% du territoire[7].

[modifier] Hydrologie

Cours d’eau et principaux bassins versants en Serbie.
Cours d’eau et principaux bassins versants en Serbie.
Le confluent de la Save et du Danube à Belgrade.
Le confluent de la Save et du Danube à Belgrade.
Icône de détail Articles détaillés : Cours d'eau de Serbie et Lacs de Serbie.

Tous les cours d’eau de Serbie appartiennent à trois bassins versants : celui de la mer Noire, celui de la mer Adriatique et celui de la mer Égée. Le plus vaste de ces bassins est celui de la mer Noire, qui couvre une superficie de 81 261 km², soit 92% du territoire du pays. Le bassin, dans son ensemble, est drainé par un seul fleuve, le Danube, qui se jette dans la mer Noire. Le bassin de drainage de la mer Adriatique couvre une superficie de 4 500 km², soit 5 % du territoire de la Serbie. Il comprend la moitié occidentale du Kosovo et il est principalement drainé par une rivière, le Drin blanc, qui rencontre le Drin noir en Albanie pour former le Drin, qui se jette dans la mer Adriatique. Une autre partie, de plus faible étendue, est drainée par la rivière Crni Kamen-Radika, au sud de la région de Gora. Le dernier bassin, celui de la mer Égée couvre une superficie de 2 650 km², soit 3 % du territoire de la Serbie. Il est situé au sud du pays, près des frontières avec la République de Macédoine et la Bulgarie. Ce bassin est drainé par trois rivières : le Lepenac, la Pčinja et la Dragovištica. Les deux premières se jettent dans le Vardar en Macédoine, et la troisième se jette dans la Strouma en Bulgarie. Ces deux rivières se jettent ensuite dans la mer Égée.

Les cours d’eau navigables les plus longs de Serbie sont le Danube (588 km), la Save (206 km), Tisa (168 km) et la Velika Morava (sur 185 km). Parmi les autres rivières importantes du pays, on peut citer la Zapadna Morava (308 km), la Južna Morava (295 km), l’Ibar (272 km), la Drina (220 km) et le Timok (202 km)[8].

Le lac le plus étendu du pays est le réservoir hydroélectrique du Đerdap (en serbe : Ђердапско језеро et Đerdapsko jezero), qui s’étend sur 253 km², suivi du lac Vlasina, qui s’étend sur 16 km²[8].

[modifier] Climat

Le climat de la Serbie peut être décrit comme un climat continental modéré, avec des caractéristiques plus ou moins accusées en fonction de la localisation, du relief, de la présence ou non de rivières, de la végétation ou de l’urbanisation[9]. Le nord du pays possède un climat nettement continental, avec des hivers froids et des étés chauds et humides, tandis que le sud, plus près de la mer Adriatique, connaît des étés chauds et secs et des automnes et des hivers relativement froids, avec d’importantes chutes de neige. C’est ainsi que la Voïvodine possède un climat continental influencé par les masses d’air venues de l’Europe du Nord et de l’Europe de l'Ouest, tandis que le sud et le sud-ouest du pays subissent une influence méditerranéenne, elle-même modérée par les Alpes dinariques et d’autres chaînes de montagnes qui contribuent à rafraîchir les masses d’air chaud. Les hivers sont ainsi particulièrement rudes dans la région du Sandžak en raison des montagnes qui entourent ce plateau[10].

Pour la période 1961-1990, la température moyenne annuelle a été de 10,9 °C jusqu’à une altitude de 300 m. Les régions situées entre 300 et 500 m ont connu une température moyenne de 10,0 °C et, au-dessus de 1 000 m, une température moyenne de 6,0 °C[9]. Le mois de juillet est le mois le plus chaud de l’année, avec une température moyenne comprise entre 11 et 22°C ; plus précisément, les régions situées à moins de 300 m d’altitude bénéficient d’une température moyenne comprise entre 20,0 et 22°C, tout comme certains secteurs du sud de la Serbie situés à des altitudes entre 400 et 500 m. Au-dessus de 1 000 m d’altitude, les températures moyennes du mois de juillet sont comprises entre 11,0 et 16°C[11]. Les températures les plus basses de la période 1961-1990 ont été mesurées en janvier ; elles étaient comprises entre –35,6°C (à Sjenica) et –21,0 (à Belgrade)[11]. Depuis le commencement des mesures, la température la plus élevée enregistrée en Serbie a été de 44,3°C le 22 juillet 1939 à Kraljevo et la température la plus basse a été de –39,5°C ; elle a été mesurée le 13 janvier 1985 à Karajukića Bunari, sur le plateau de Pešter, dans la région du Sandžak[11].

En moyenne, les précipitations annuelles augmentent avec l’altitude. Dans les régions peu élevées, elles sont comprises entre 540 et 820 mm. Au-dessus de 1 000 m, elles sont comprises entre 700 et 1 000 mm, et, sur certains sommets du sud-ouest de la Serbie, elles peuvent atteindre jusqu’à 1 500 mm. Dans la plus grande partie du pays, le maximum de précipitations se concentre dans les mois les plus chauds de l’année ; en revanche, au sud-ouest du pays, l’automne est la saison la plus arrosée. Le mois de juin est le mois le plus pluvieux, avec 12 ou 13 % du total annuel. Février et octobre sont les mois les plus secs. La neige tombe surtout de novembre à mars, avec un maximum en janvier[9]. Depuis le début des mesures, l’année la plus sèche a été l’an 2000, avec seulement 223,1 mm de précipitations à Kikinda ; 1937 a été l’année la plus pluvieuse, avec un maximum de 1324,5 mm mesuré à Loznica. Un record mensuel de précicipations a été enregistré en juin 1954 à Sremska Mitrovica, avec 308,9 mm ; le 10 octobre 1955, il est tombé 211,1 mm d’eau à Negotin[12].

L’ensoleillement annuel est compris entre 1 500 et 2 200 heures.

[modifier] Régions géographiques

Icône de détail Article détaillé : Régions de Serbie.

Les régions de Serbie n’ont pas de statut officiel, même si certains districts administratifs leur doivent leur dénomination. Les régions situées dans la plaine pannonienne sont délimitées par les cours d’eau ; d’autres sont délimitées par des montagnes. En fait, définies par la tradition autant que par le relief, elles ne possèdent pas toujours de frontières nettement établies ; elles sont même souvent amenées à se chevaucher. Beaucoup d’entre elles possèdent un nom serbe formé à partir de la structure suivante : po+(nom d’une rivière)+je. C’est ainsi que, au nord de la Serbie centrale, la région de Podunavlje, doit son nom au Danube (en serbe : Дунав et Dunav), la région de Podrinje s’étend le long de la Drina ou encore celle de Pomoravlje le long de la Morava. D’autres portent le nom d’une montagne, comme les régions de Zlatibor ou de Kopaonik.

[modifier] Espaces protégés

Icône de détail Article détaillé : Espaces protégés de Serbie.

En 2003, les espaces naturels protégés de Serbie couvrent 5% du territoire du pays. La Serbie comptait 5 parcs nationaux, 120 réserves naturelles, 20 parcs naturels et environ 470 sites naturels protégés[13]. Les cinq parcs nationaux correspondent à la Catégorie II de l’IUCN[8].

Les Portes de Fer dans le parc national de Đerdap
Les Portes de Fer dans le parc national de Đerdap
Parc national Année de création/Révision Municipalités Superficie (km²)
Đerdap[14] 1974/1993 Golubac, Majdanpek, Kladovo 636,8
Monts Kopaonik[14] 1981/1993 Raška, Brus 118
Monts Tara[14] 1981/1993 Bajina Bašta 190
Monts Šar[14] 1986/1993 Štrpce, Kačanik, Prizren, Suva Reka 390
Fruška Gora[14] 1960/1993 Novi Sad, Sremski Karlovci, Beočin, Bačka Palanka, Šid, Sremska Mitrovica, Irig, Inđija 253,93

Huit sites de Serbie sont inscrits sur la liste Ramsar pour la conservation des zones humides[15], dont deux ont été ajoutés en 2007[16].

Le lac Vlasina, près de Surdulica
Le lac Vlasina, près de Surdulica
Site Ramsar Année de désignation Municipalités Superficie (km²)
Gornje Podunavlje 2007 Voïvodine 224,8
Labudovo okno 2006 Bela Crkva 37,33
Lac Ludaš 1977 Subotica 5,93
Obedska bara 1977 Pećinci 175,01
Peštersko polje 2006 Sjenica 34,55
Slano Kopovo 2004 Voïvodine 9,76
Stari Begej - Carska Bara 1996 Zrenjanin 17,67
Vlasina 2007 Surdulica 32,09

[modifier] Histoire

Histoire des Serbes
Antiquité
Zorsines
Drvan
Serbie blanche
Moyen-Âge
Prince de Serbie Blanche
Vlastimir
Mihailo Vojislavljević
Stefan Nemanja
Stefan IV Uroš Ier
Stefan Milutin
Stefan Uroš IV Dušan
Lazar Hrebeljanović
Stefan Lazarević
Occupation des Turcs ottomans
Migrations serbes
Haïdouk
La Serbie au XIXe siècle
Karađorđe
Miloš Ier Obrenović
Alexandre Karađorđević
Pierre Ier de Serbie
La Serbie et la Yougoslavie monarchique
Attentat de Sarajevo
Alexandre Ier de Yougoslavie
Yougoslavie
La Serbie et la Yougoslavie titistes
Josip Broz Tito
Yougoslavie
La Serbie dans la Yougoslavie post-titiste
xxx
La Serbie dans la Yougoslavie de Milošević
République serbe de Krajina
Guerres de Yougoslavie
La Serbie et le Monténégro
Serbie-et-Monténégro
La Serbie et les Serbes aujourd'hui
Serbie
Belgrade
République serbe de Bosnie
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Icône de détail Articles détaillés : Histoire de la Serbie et Histoire des Serbes.

[modifier] De la Préhistoire à la fin de l’Antiquité

Scupture trouvée sur le site de Lepenski Vir
Scupture trouvée sur le site de Lepenski Vir

Les archéologues ont mis au jour de nombreuses traces d’occupation humaine remontant à la Préhistoire. L’un des sites les plus anciens retrouvés en Serbie est celui de Lepenski Vir, près du Danube, dans l’actuel parc naturel du Đerdap (Djerdap), près des Portes de fer. Dans ses parties les plus anciennes, le village, entièrement planifié, date du mésolithique (vers 8 000 av. J.-C.)[17],[18]. Cette culture aurait atteint son apogée entre 5 300 et 4 800 av. J.-C. Outre les vestiges des habitations et quelques objets usuels, de nombreuses sépultures ont été retrouvées sur le site.

La Serbie abrite d’autres sites préhistoriques. C’est ainsi qu’en 1908, une équipe d’archéologues dirigée par Miloje Vasić a effectué des fouilles à Vinča, près de Belgrade, mettant au jour des vestiges datant de la période néolithique ; compte tenu de l’importance de ces découvertes, le site a donné son nom à une culture qui s’est développée le long du Danube entre 6 000 et 3 000 av. J.-C. : la culture de Vinča[3],[19]. D’autres découvertes caractéristiques de cette culture ont été effectuées dans de nombreux sites de Serbie, notamment à Divostin (près de Kragujevac), à Potporanj (près de Vršac), à Selevac (près de Smederevska Palanka) et à Pločnik (près de Prokuplje). D’autres vestiges du néolithique appartiennent à la culture de Starčevo (6200 - 5 600 av. J.C.), qui doit son nom à la ville de Starčevo, dans la municipalité de Pančevo[20].

[modifier] Les États serbes médiévaux

L’empire serbe à l’époque de Stefan Dušan
L’empire serbe à l’époque de Stefan Dušan
Icône de détail Article détaillé : Moyen Âge serbe.

Parmi les tribus slaves en expansion à partir IV e siècle de notre ère, on trouve les serbes blancs ou aujourd’hui Sorabes qui migrèrent d’abord vers l’ouest à travers la Pologne et la République tchèque actuelles. Leurs descendants vivent aujourd’hui en Lusace, à l’est de l’Allemagne, plus exactement entre l’Elbe et la Saale, dans ce qui était jadis la Grande-Moravie. Cette région, s’appelle la « Serbie blanche », le blanc symbolisant l’ouest chez les Slaves. Au VIIe siècle, à l’époque de l’Empereur byzantin Héraclius, la majeure partie des serbes blancs migra en plusieurs vagues entre 610-641 et, au XIIe siècle, vers la région centrale des Balkans où ils assimilèrent les Grecs, les Valaques et les Illyriens locaux, donnant ainsi naissance au peuple serbe.

Plusieurs principautés serbes furent fondées au IXe siècle mais se disloquèrent à la fin du XIIe siècle. Le processus de christianisation fut engagé par les moines Cyrille et Méthode, qui évangélisèrent tous les peuples slaves de la Grande-Moravie, y compris la Serbie, et qui inventèrent l’alphabet cyrillique à partir des lettres grecques. Les premiers prénoms chrétiens, comme Stefan ou Petar firent alors leur apparition.

Un Empire serbe fut constitué à la fin du XIIe siècle, sous la dynastie des Nemanjić. L’apogée territorial de la Serbie médiévale fut atteint au XIVe siècle, sous le règne de l’empereur Stefan Dušan. Cet empire disparut après la conquête ottomane. En 1371, un des rois de Serbie, Vukašin Mrnjavčević, perdit, contre les Ottomans, la bataille de la Maritza, ce qui entraîna la vassalisation de ses terres et la soumission de son fils Marko Mrnjavčević, dit Marko Mrnjavčević. La Serbie de Lazar s’effondra lors de la bataille de Kosovo Polje en 1389 ; le prince Lazar y perdit la vie. Le pays fut définitivement incorporé à l’Empire ottoman après la chute de Smederevo, en 1459.

Entre 1459 et 1804, la Serbie ottomane subit trois invasions autrichiennes destinées à annexer ces terres à l’Empire d'Autriche.

[modifier] La période ottomane

[modifier] Les révoltes serbes et l’indépendance (Principauté de Serbie)

Ćele Kula, la « tour aux crânes ».
Ćele Kula, la « tour aux crânes ».

Une première révolte des Serbes eut lieu entre 1804 et 1813. Elle fut dirigée par Georges Petrović, surnommé Karageorges (« Georges le Noir »). Une seconde révolte eut lieu en 1815, sous la conduite de Miloš Obrenović, qui aboutit à l’autonomie de la Serbie, officiellement reconnue par la Sublime Porte en 1830. Après qu’il eut lui-même visité la Serbie autonome, le poète français Alphonse de Lamartine fît découvrir aux romantiques, la culture serbe ; en 1833, il fit graver une inscription sur le site de Ćele Kula (en serbe cyrillique : Ћеле Кула), la « tour aux crânes », élevée par les Ottomans qui y incrustèrent les crânes des soldats serbes morts à la bataille du mont Čegar (19 mai 1809) : « Qu’ils laissent subsister ce monument ! Il apprendra à leurs enfants ce que vaut l’indépendance d’un peuple, en leur montrant à quel prix leurs pères l’ont payée »[21].

Malgré cela, les Turcs persécutèrent encore les Serbes dans les territoires qu’ils gardaient sous leur contrôle. Les massacres des Ottomans sur les Serbes ont inspiré à Victor Hugo, grand défenseur du peuple serbe, un célèbre discours, Pour la Serbie, écrit en 1876[22]. Ce discours est aujourd’hui considéré comme l’un des actes fondateurs de l’idée européenne[23].

FR - Victor Hugo - Pour la Serbie (1876) Victor Hugo (document sonore)
FR - Victor Hugo - Pour la Serbie (1876) Victor Hugo (document sonore)

En 1878, le Congrès de Berlin accorda son indépendance à la Serbie et, en 1882, le prince Milan IV Obrenović devint roi de Serbie sous le nom de Milan Ier.

[modifier] Le Royaume de Serbie

Icône de détail Article détaillé : Royaume de Serbie.

[modifier] La Première Guerre mondiale

Depuis 1878, la Bosnie-Herzégovine était occupée par l’empire d'Autriche-Hongrie, qui l’annexa en 1908, annexion mal vécue par les populations slaves notamment les Serbes qui refusaient cette occupation et souhaitaient la réunification avec le Royaume de Serbie ou d’autres pays slaves. L’idéal de nombreux de jeunes gens serbes de Bosnie était le mouvement Jeune Italie, qui s’était donné pour but la libération des territoires occupés par les Autrichiens. En 1914, le double assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie, et de son épouse Sophie Chotek, duchesse de Hohenberg, à Sarajevo, le 28 juin 1914 par Gavrilo Princip, fut l’événement prétexte qui déclencha la Première Guerre mondiale. En 1915, le royaume fut envahi par les puissances centrales lors de la campagne de Serbie. Mais le pays fut finalement libéré en 1918 par l’armée serbe soutenue par les forces alliées, dont l’armée d’Orient française, menée par le Maréchal Franchet d'Esperey(Louis Franchet d'Espèrey).

[modifier] L’attentat de Sarajevo

Icône de détail Article détaillé : Attentat de Sarajevo.

Les organisateurs de l’attentat contre le prince François-Ferdinand étaient quelques jeunes nationalistes serbes de Bosnie, qui effectuaient leurs études à Belgrade[24]. Membres de l’organisation Jeune Bosnie (Млада Босна / Mlada Bosna), ils contactèrent la Main Noire (Црна рука / Crna ruka), une société secrète soutenue discrètement par le gouvernement serbe[25] ; leur intention était d’obtenir des armes pour leur projet d’attentat. Le lieutenant-colonel Dragutin Dimitrijević "Apis", chef des services secrets serbes et chef de la Main Noire aurait reçu l’ordre de faire annuler l’attentat[25]. Après les guerres balkaniques de 1912 et 1913, le gouvernement de Nikola Pašić voulait la paix, hésitant à s’unir avec le Monténégro du roi Nicolas Ier, en raison de l’opposition que l’Autriche-Hongrie aurait alors manifestée. Des notes diplomatiques échangées entre la Russie et la Serbie témoignent de cette hésitation[26]

L’arrestation de Gavrilo Princip
L’arrestation de Gavrilo Princip

Les trois étudiants serbes, Gavrilo Princip, Trifko Grabež et Nedeljko Čabrinović, passèrent à l’action le matin de la fête de Vidovdan. Une première tentative, effectuée par Čabrinović, échoua ; la seconde, effectuée par Gavrilo Princip, eut pour résultat la mort de l’archiduc François-Ferdinand. Les diplomates autrichiens considérèrent l’attentat comme une provocation directe de la Serbie ; selon l’historien Dušan T. Bataković, l’assassinat constituait pour Vienne « le prétexte longtemps attendu d’une guerre avec la Serbie »[25]. Dans l’Autriche-Hongrie de cette époque se développait une forte propagande contre les Serbes, notamment vis-à-vis des Slaves vivant dans l’Empire[réf. nécessaire]. Le 23 juillet 1914, bien que l’implication du gouvernement serbe ne fût pas prouvée[réf. nécessaire], l’Autriche lança à la Serbie un ultimatum en 10 points. Belgrade accepta l’ultimatum[27], à l’exception du sixième point, exigeant l’envoi d’enquêteurs autrichiens dans le pays[27],[25] ; sur ce point particulier, considérant que « ce serait une violation de la Constitution et de la loi sur la procédure criminelle », la Serbie proposait de s’en remettre au Tribunal international de La Haye ou à l’arbitrage des Grandes puissances[27]. Quelques jours plus tard, l’Autriche-Hongrie affirma qu’une attaque serbe avait eu lieu contre ses troupes près de la ville de Kovin