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Pologne
La Pologne (Polska en polonais), ou la République de Pologne pour les usages officiels (Rzeczpospolita Polska), est un pays d'Europe centrale peuplé par plus de 38 millions d'habitants. Il est bordé par la mer Baltique, l'enclave russe de Kaliningrad et la Lituanie au nord, la Biélorussie et l'Ukraine à l'est, la Slovaquie et la République tchèque au sud, et l'Allemagne à l'ouest. Le pays partage également des frontières maritimes avec le Danemark et la Suède. Ancien État du bloc de l'Est durant la guerre froide, la Pologne est membre de l'ONU depuis le 24 octobre 1945, du Conseil de l'Europe depuis le 26 novembre 1991, de l'OTAN depuis 1999, de l'Union européenne depuis le 1er mai 2004, et fait partie de l'Espace Schengen depuis le 21 décembre 2007.
[modifier] Histoire
[modifier] Xe siècle au XIVe siècleFondée au Xe siècle sur le territoire des Polanes, la Pologne devient au Moyen Âge une puissance incontournable en Europe centrale. Son premier souverain est Mieszko Ier, fondateur de la dynastie des Piast, qui règne sur la Pologne de 966 à 1370. La capitale est alors Gniezno, à l'est de Poznań. Poste avancé de l'Occident catholique romain et du Drang nach Osten (poussée germanique vers l'est), (qu'il vienne du Saint Empire ou des Chevaliers teutoniques), face aux mondes orthodoxe (russe, biélorusse, ukrainien), païen (balte), et musulman (turco-mongol). Située au carrefour de plusieurs mondes, et dépourvue de frontières naturelles, la Pologne est extrêmement exposée aux invasions. Celles-ci, particulièrement au XIIIe siècle, ruinent le pays (invasions de la Horde d'Or mongole de 1248 à 1275). Casimir III le Grand, dernier roi de la dynastie des Piast, unifie la Pologne. En 1386, la reine de Pologne, Hedwige d'Anjou et le Grand-Duc de Lituanie, Jogaila Algirdaitis signe l’accord de l’Union de Krewo. Ce fut le commencement de l'Union de Pologne-Lituanie, sous la dynastie lituanienne des Jagellon. Casimir IV réunit même pour une petite période les couronnes de Bohême (1471-1526) et de Hongrie (1490-1526) à celle de Pologne. [modifier] Fin du XIVe siècle au XVIe siècleLa Rzeczpospolita Obojga Narodów (République des Deux Nations), qui est une extension de l'Union de Pologne-Lituanie en existence depuis 1386, est concrétisée par la signature, en 1569, du traité de l'Union de Lublin qui unit le Royaume de Pologne et le Grand-duché de Lituanie en un seul État. La Rzeczpospolita couvre alors un territoire qui « allait de la Baltique à la mer Noire » et jusqu'aux portes de Moscou. La capitale est alors Cracovie, en Petite Pologne. La Rzeczpospolita se dote par ailleurs d'un système politique inédit depuis la Rome Antique, l'Aristocratie. Le Roi y est en effet élu, et non héréditaire. Certes, cette « république » donne le droit de vote aux seuls nobles. Cela représente toutefois presque 10 % de la population et plus encore autour de Varsovie, devenue capitale en 1596. Les nobles obligent le roi à céder de ses prérogatives, notamment en ce qui concerne les impôts, l'armée et la justice. Ainsi, le monarque polonais, à l'époque où les monarchies européennes (France, Espagne, Autriche) « s'absolutisent », est au contraire affaibli. La tolérance religieuse est une autre caractéristique majeure de la Rzeczpospolita. Si la majeure partie des paysans est restée catholique (dans les années 1980, 9 polonais sur 10 sont baptisés), de nombreux nobles se sont convertis au protestantisme, luthéranisme mais surtout calvinisme. Par ailleurs, la Pologne a donné abri (en particulier dans la ville de Leszno) aux « Frères tchèques » (Hussites) qui veulent échapper à la re-catholicisation de la Bohême entreprise par les Habsbourg. Enfin, la Rzeczpospolita compte alors une très importante population juive (5 à 10 % de la population totale), en particulier dans les villes et surtout dans la partie orientale du pays. [modifier] XVIIe siècle et XVIIIe siècleMais cette tolérance religieuse se réduit progressivement au XVIIe siècle, en particulier après 1655, quand la Suède protestante envahit la Pologne et est arrêtée à Częstochowa, devant le sanctuaire marial de Jasna Góra, dont le prieur, Augustyn Kordecki, est à la tête de troupes numériquement très inférieures. Le règne de Jean III Sobieski (1674-1696) est marqué par la construction, à partir de 1677, du palais de Wilanów à Varsovie, et par la victoire de ses troupes en 1683, appelées en renfort par les puissances européennes et le Pape pour faire face à une offensive turque de grande ampleur sous les murs de Vienne. Cette victoire militaire a une conséquence politique importante, car les Habsbourgs, traditionnels rivaux des Polonais, sont sauvés et partagent plus tard le pays avec la Russie et la Prusse. Cette victoire est aussi à l'origine des croissants, les premières viennoiseries[3], dont la forme rappelle le symbole du drapeau ottoman. [modifier] Fin du XVIIIe siècle et XIXe siècleLa Rzeczpospolita est peu à peu victime d'un long déclin, du fait de son système politique anarchique, et des nombreuses invasions (suédoises, russes, turques, prussiennes). À la fin du XVIIIe siècle, la Pologne perd son indépendance, partagée trois fois successivement entre ses voisins (1772, 1793 et 1795). La première division de la Pologne, en 1772, conduit à un sursaut civique. Ce sursaut amène en 1791 à la proclamation d'une Constitution, nettement moins « révolutionnaire » que celle de la France, mais néanmoins perçue comme trop dangereuse pour ses voisins, d'où le second partage, qui provoque une révolte menée par un héros de la guerre d'indépendance américaine, Tadeusz Kościuszko. Cette révolte sert de prétexte au troisième partage : la Pologne est rayée de la carte. Tout au long du XIXe siècle, exception faite de la fin de la période napoléonienne (Grand-Duché de Varsovie), la Pologne est écartelée, partagée entre la Russie, la Prusse (puis l'Allemagne), et l'Autriche (puis l'Autriche-Hongrie). [modifier] XXe siècleLa Pologne ne recouvre son indépendance qu'en novembre 1918. Dès son indépendance la guerre polono-soviétique de 1919-1920 l'oppose à la Russie bolchévique. Comme la plupart des pays d'Europe du Centre-Est, à l'exception de la Tchécoslovaquie, les idéaux démocratiques des premiers temps durent peu. Le régime devient rapidement autoritaire, notamment sous l'influence de Józef Piłsudski. L'invasion des forces allemandes et slovaques du 1er septembre 1939 met fin à la seconde république de Pologne et déclenche la Seconde Guerre mondiale. La Wehrmacht atteint Varsovie en 7 jours grâce à sa stratégie du « blitzkrieg » et à sa supériorité technologique (la capitulation de Varsovie : le 28 septembre 1939). À l'est, l'invasion soviétique du 17 septembre anéantit tout espoir de résistance. Le pays est à nouveau partagé, entre l'Allemagne nazie et l'Union Soviétique. Le gouvernement polonais quitte la Pologne et vient se réfugier en France. Les divers ministères polonais s'installent au château de Pignerolle (Sud-Est d'Angers) ainsi qu'à Angers, qui devient de fait la capitale politique temporaire de la Pologne. Le gouvernement officiel polonais en exil officie jusqu'à l'invasion de la France par les troupes allemandes en juin 1940. Les armées polonaises luttent sur de nombreux fronts, et constituent par ses effectifs la 5e armée alliée lors du conflit aux côtés des soldats soviétiques, américains , britanniques et francais. À la fin du second conflit mondial, les Soviétiques conservent la partie orientale du pays, peuplée majoritairement de Biélorusses et d'Ukrainiens, annexée en 1939, et la Pologne « glisse » vers l'ouest, en absorbant le sud de la Prusse-Orientale, la Poméranie et la Silésie. Une raison utilisée par Moscou pour expulser les Allemands de ces territoires, qu'ils peuplent depuis déjà plusieurs siècles, est que ces territoires sont historiquement polonais. Elle devient une république populaire membre du Pacte de Varsovie. Dans les années 1970 et 80, de violentes révoltes éclatent dans le pays. Dans ce climat, l'élection au trône de Saint Pierre de l'archevêque de Cracovie, Karol Wojtyła (Jean-Paul II), en octobre 1978, est vécue par les autorités communistes comme une provocation. En 1980, naît le syndicat indépendant Solidarność (Solidarité), dirigé par Lech Wałęsa. Le général Wojciech Jaruzelski déclare la loi martiale le 13 décembre 1981. En 1989, ont lieu "les Tables Rondes", réunion entre le gouvernement et Solidarność, qui permettront la naissance en douceur de la troisième république de Pologne, dirigé par Tadeusz Mazowiecki. À cette période, la Pologne est le premier pays du Pacte à se libérer de l'emprise soviétique, et à former un gouvernement non lié au bloc soviétique. En 1990 Lech Wałęsa est élu Président de la République. Mais il est battu cinq ans plus tard par l'ancien communiste Aleksander Kwaśniewski (1995-2005). Cette période permet à la Pologne d'intégrer, et ce depuis 1999, l'OTAN. [modifier] XXIe siècleEn 2003, les États-Unis lui attribuent le commandement d'une zone d'occupation en Irak. Le 1er mai 2004, elle intègre l'Union européenne. Le 23 octobre 2005, est élu le nouveau président : Lech Kaczyński. [modifier] Relations avec l'Union européenne
[modifier] PolitiqueLa Pologne est une république démocratique. Le Premier ministre est le président du Conseil des ministres. Son gouvernement est responsable devant la chambre basse. Le Président, élu au suffrage universel direct pour 5 ans, est le chef de l'État. Il nomme le chef du gouvernement et dispose d'un droit de veto qui ne peut être levé par la chambre basse qu'à la majorité qualifiée des trois cinquièmes. Le parlement est composé de deux chambres : la Diète - en polonais Sejm composée de 460 sièges et le Sénat composé de 100 sièges. [modifier] 2006Le 5 mai 2006, le gouvernement polonais voit l'entrée en charge de plusieurs ministres proches de l'extrême-droite Roman Giertych, dirigeant de la Ligue des familles polonaises (LPR - Liga Polskich Rodzin), est à la tête de l'Éducation nationale. Ce dernier a l'intention d'insister dans les programmes scolaires sur « les valeurs chrétiennes de la Pologne éternelle ». Quant à Andrzej Lepper, chef du Samoobrona (« Autodéfense »), il obtient le poste de vice-Premier ministre chargé de l'Agriculture. Les ministères du Travail et du Bâtiment tombent également aux mains de Samoobrona. Ce cabinet de coalition, négocié par Jarosław Kaczyński, provoque des manifestations organisées par l'opposition. [modifier] 2007Le 21 octobre 2007, lors d'élections législatives anticipées, le parti libéral Plateforme civique (PO) de Donald Tusk, parti d'opposition à Lech Kaczyński et à Jarosław Kaczyński, remporte 41 % des voix et distance le parti conservateur Droit et Justice (PiS) au pouvoir depuis deux ans, qui arrive à la seconde position avec 33 % des suffrages exprimés. Quelques jours plus tard, Donald Tusk annonce au quotidien Gazeta Wyborcza que la Pologne pourrait adopter l'euro vers 2012, après analyse sur l’influence de l’adhésion à la monnaie unique sur les revenus des Polonais. Donald Tusk est officiellement désigné premier ministre le 9 novembre suivant, et forme ensuite un gouvernement de coalition (avec 209 députés sur 460, la PO ne dispose pas de la majorité absolue) en s'alliant avec le parti paysan centriste PSL de Waldemar Pawlak. Le 17 novembre 2007, le nouveau ministre de la Défense, Bogdan Klich, annonce que la Pologne « achèvera en 2008 » la mission de ses soldats en Irak. [modifier] Subdivisions administrativesLa Pologne est subdivisée en 16 régions administratives appelées voïvodies ou voïévodies (województwa au pluriel et województwo au singulier) :
Ces voïvodies étaient au nombre de 49 entre 1975 et 1999. [modifier] Villes principales
[modifier] GéographieLe paysage polonais consiste presque entièrement en terres constituant la Plaine européenne du Nord. Le sud est cependant marqué par le massif des Carpates qui forme une frontière naturelle avec la République tchèque et la Slovaquie. Le pays dispose d'une large ouverture sur la Baltique facilitant les exportations de produits agricoles ou manufacturés et de matières premières (charbon), et permettant la création de chantiers navals. La frontière avec l'Allemagne a été fixée sur la ligne Oder-Neisse, du nom du fleuve et de son affluent situés à l'ouest du pays. [modifier] Côte
Falaise et plage de Gdynia
La côte baltique polonaise est longue d'approximativement 528 kilomètres et s'étend de Świnoujście sur les îles d'Usedom et de Wolin dans l'ouest à Krynica Morska sur la presqu'île de la Vistule dans l'est. Pour la plupart, la Pologne a un littoral régulier, qui a été formé par le mouvement continuel du sable par des courants et des vents d'ouest en est. Ces érosions et dépôts continuels ont formés des falaises, des dunes, et des presqu'îles, dont beaucoup ce sont déplacées vers les terres pour former des lagunes, telles que le lac de Łebsko dans le parc national de Słowiński. Les plus grandes presqu'îles sont la presqu'île d' Hel et la presqu'île de la Vistule. La plus grande île baltique polonaise est Wolin. Les plus grandes villes portiéres sont Gdynia, Gdańsk, Szczecin, et Świnoujście. Les principales stations balnéaires sont Sopot, Międzyzdroje, Kołobrzeg,Łeba, Władysławowo, et la presqu'île d'Hel. [modifier] Cours d'eauLa Pologne est parcourue par deux fleuves majeurs qui se jettent dans la mer Baltique. La Vistule, longue de 1047 km, traverse plusieurs grandes villes polonaises dont Varsovie, la capitale. L'Oder, long de 854 km, délimite quant à lui une partie de la frontière entre l'Allemagne et la Pologne. Le pays compte aussi des rivières de première importance telles que la Warta, un affluent de l'Oder long de 808 km, le Bug, un affluent de laVistule long de 772 km, ainsi que l'Alle et l'Angrapa. La majorité des cours d'eau de Poméranie et des régions avoisinantes terminent leur course dans la mer Baltique, mais dans les Beskides prennent source certains ruisseaux qui se déversent indirectement dans la mer Noire, soit par l'intermédiaire du Dniestr, soit par l'intermédiaire de l'Orava, puis du Váh, et enfin du Danube. Les cours d'eau polonais sont depuis longtemps utilisés pour la navigation. Les Vikings, par exemple, avaient l'habitude de remonter la Vistule et l'Oder. Au Moyen Âge et au début de l'ère moderne, lorsque la Pologne-Lituanie était le grenier de l'Europe, l'acheminement de céréales et d'autres produits agricoles le long de la Vistule vers Gdańsk puis l'Europe de l'Ouest devint particulièrement important. [modifier] LacsAvec prés de dix mille lacs couvrant plus d'un hectare (2.47 acres) chacun, la Pologne a un des nombres les plus élevés de lacs dans le monde. En Europe, seulement la Finlande a une plus grande densité de lacs. Les plus grands lacs, couvrant plus de 100 kilomètres carrés (38.6 milles carrés), sont le lac Śniardwy et lac Mamry en Mazurie, ainsi que le lac Łebsko et le lac Drawsko en Poméranie. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||