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Phraséologie
La phraséologie est un code verbal utilisé pour la radiotéléphonie aéronautique par les contrôleurs aériens et les pilotes afin que les échanges radio soient clairs, concis, et sans ambiguïté.
[modifier] Nécessité d'une phraséologieLes communications air-sol dans l'aéronautique consistent généralement en une série d'instructions. Ces instructions peuvent être destinées à un aéronef plutôt qu'à un autre, peuvent comporter des chiffres, et être parfois obscures. Pour cette raison, des confusions et des erreurs peuvent se produire, et avoir des conséquences dramatiques. Voici quelques exemples, et les solutions apportées par la phraséologie. Ces exemples sont pour la plupart français, d'autres langues ont leurs propres règles pour éviter toute confusion. [modifier] Catastrophe de Ténérife, 1977Cette catastrophe, qui a vu deux Boeing 747 entrer en collision, a fait 583 victimes. L'un des facteurs contributifs à cet accident a été l'emploi par le contrôleur du mot "décollage" en dehors de la délivrance d'une autorisation de décoller. Un pilote, qui attendait pour son envol, a entendu le mot "décollage", et a cru qu'il était autorisé à décoller. Depuis cet accident, le mot "décollage" ne doit plus être utilisé en dehors de l'autorisation d'un aéronef à décoller. En dehors de ce contexte, on préfèrera les mots "envol" ou "départ", qui ne prêtent pas à confusion. [modifier] Confusion sur les nombresLa transmission d'altitudes est également extrêmement soumise aux erreurs. Ainsi l'expression "Descendez deux mille pieds" peut être comprise "Descendez DE mille pieds". C'est pourquoi, afin de bien faire la différence entre la transmission d'une valeur et les éventuels déterminants, l'expression utilisée doit être "Descendez altitude deux mille pieds". Un autre problème concerne la transmission des fréquences. Par exemple la fréquence 120,775 MHz ne doit pas être transmise comme "cent vingt - sept cent soixante quinze", car il y a ambiguïté avec "cent vingt sept - cent soixante quinze". Pour bien faire la différence, la phraséologie demande l'usage du mot "décimale" à l'emplacement de la virgule. Ainsi on dira "cent vingt décimale sept cent soixante quinze". Le mot "décimale" peut être omis lorsque la qualité de réception est bonne et qu'aucune confusion n'est possible (exemple : "Passez sur cent vingt quinze") Lorsque la qualité de réception est médiocre, ou que le message doit être répété à la suite d'une incompréhension, il peut être nécessaire de décomposer les nombres, comme on le ferait pour les lettres à l'aide de l'alphabet international. Pour les chiffres, on utilise leur nom en français sauf pour 1 que l'on nommera "unité" pour éviter toute confusion avec le déterminant "un" ou l'hésitation "hein ?". Pour les multiples, on utilise "cent" pour 00 et "mille" pour le 000. "Cent" est réservé à deux zéros, "mille" s'emploie comme séparateur de milliers. Ainsi, par exemple sur des pressions atmosphériques, 1014 se prononcera "unité mille unité quatre" tandis que 994 sera "neuf neuf quatre" [modifier] Confusion sur les lettresEn français comme dans beaucoup de langues, certaines lettres se prononcent d'une façon similaire et portent à confusion : M et N, T et D, F et S, etc. Pour cette raison, toute lettre en phraséologie doit être prononcée selon l'alphabet aéronautique. A se prononce Alpha, B se prononce Bravo, C se prononce Charlie, etc. M se prononce Mike et se différencie naturellement de N, November. De même pour Tango et Delta. Le fait d'avoir un alphabet normalisé et étudié permet d'éviter que les mots choisis ne portent eux-même à confusion (C comme Chemise ou D comme Denise ?). Liste des lettres de l'alphabet: Alpha Bravo Charlie Delta Echo Fox-Trot Golf Hotel India Juliett Kilo Lima Mike November Oscar Papa Quebec Romeo Sierra Tango Uniform Victor Whiskey X-ray Yankee Zulu [modifier] ConcisionAvec l'essor de l'aviation commerciale, les fréquences ont vite commencé à être saturées. Plus d'avions veut dire plus d'échanges verbaux, et il a vite fallu trouver un moyen pour limiter ces échanges au strict minimum. La phraséologie a été créée dans cet esprit également. Ainsi, la plupart des pronoms et déterminants ne sont pas prononcés. Chaque mot a un sens précis réputé connu, afin d'éviter de devoir l'expliquer. Les messages courants sont répétés tout le temps avec les mêmes informations nécessaires, dans le même ordre, afin d'éviter de demander des précisions, ou répéter un message. Ainsi pour autoriser un avion à décoller on dira :
Avec cette simple phrase, tout est dit, et de la manière la plus concise qui soit. [modifier] Expressions conventionnellesPour aider à la concision ou éviter des confusions, il existe un certain nombre d'expressions réglementaires : Confirmations ou infirmations :
(Les deux mots sont suffisamment longs et leurs sonorités finales distinctes pour prévenir toute confusion)
Expressions employées par le Contrôle :
Expressions employées par le pilote :
Expressions communes aux deux parties :
On trouve également d'autres termes, pas forcément établis clairement dans les règlements (comme l'arrêté portant sur la phraséologie, voir dans les liens), mais d'usage :
Les termes "Répondez" (A vous, over) "Terminé" (out) ne sont généralement pas utilisés en VHF. [modifier] CollationnementLes choses sont ainsi dites de façon claire et concise, mais pour éviter tout risque d'erreur, le destinataire d'un message doit répéter (collationner) les éléments importants de ce message, afin de pouvoir vérifier qu'il a bien été compris. Tout ne doit pas être collationné, uniquement les éléments importants. Ainsi quand le message "autorisé décollage piste 22, vent du 310, 8 nœuds" est entendu, le bon collationnement doit être "autorisé décollage piste 22". Le vent est une information, et son collationnement n'est pas requis. Par contre une autorisation au décollage est importante, et doit être collationnée. Les éléments importants sont ceux qui sont ceux qui correspondent à des instructions (clairance) comme dans cette exemple où un avion a contacté un aérodrome contrôlé comme Pontoise pour pénétrer dans sa zone de classe D et en vue de s'y poser:
Les éléments devant notablement être collationnés sont les autorisations (alignement, décollage, atterrissage) ou ordres (code transpondeur, changement de fréquence, altitude) et les informations nécessaires à la sécurité de tous (pistes en services, calages altimétriques QNH ou QFE) [modifier] Provenance et destination des messagesD'une manière générale, il faut toujours préciser l'appelé et l'appelant sous la forme : "Appelé de appelant" (et non "Appelant pour appelé").Cela est valable dans les deux sens de la transition : air vers sol (pilote vers station au sol) ou sol vers air (station au sol vers pilote) Lorsqu'il n'y a pas de risque de confusion, et lorsque l'appelé est une station au sol, on peut l'omettre (sauf dans un message de prise de contact). Cependant, les fréquences peuvent être communes à plusieurs terrains (surtout non-contrôlés, en "auto-information"), comme Château-Thierry et Soissons, qui ont une fréquence commune, ou également la fréquence "Club" (123,50 MHz). Dans ces cas, il faut donc préciser la station au sol destinataire du message ("Château-Thierry de Fox Alpha Bravo, je m'intègre en circuit 22") Suivant le type de message (demande, instruction ou collationnement), l'emplacement de la référence peut différer. Sur les terrains contrôlés ou avec un agent d'information au sol (AFIS) qui ont leur fréquence propre :
Sur les terrains non-contrôlés, on peut dire qu'il n'y a que des demandes (voir l'exemple précédent sur Château-Thierry) [modifier] Voir aussi[modifier] Liens
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