Philadelphie

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Philadelphie (en anglais Philadelphia, également surnommée Philly) est une ville de l'État de Pennsylvanie, située au nord-est des États-Unis, entre New York et Washington DC. Sixième ville du pays[2], Philadelphie compte près de 1 450 000 habitants dans la commune (Philadelphia City) et quelque 5 950 000 habitants dans son aire métropolitaine (PMSA de Philadelphie–Camden–Wilmington)[3]. Centre historique, culturel et artistique majeur aux États-Unis, Philadelphie est également un grand port industriel sur le fleuve Delaware qui se jette dans l’océan Atlantique. Fondée en 1682, elle fut au XVIIIe siècle la ville la plus peuplée des treize colonies avant de devenir pour un temps la capitale des États-Unis. Mais elle fut rapidement éclipsée par New York et perdit son statut de capitale au profit de Washington. À présent, Philadelphie est la principale métropole de l'État de Pennsylvanie, dont la capitale est Harrisburg, mais aussi le siège du comté de Philadelphie. Enfin, le nom de la cité, choisi par William Penn, signifie « la ville de l’amour fraternel[4] Â», car elle devait être un îlot de tolérance religieuse.

Sommaire

[modifier] Histoire

[modifier] Les débuts de Philadelphie

The Treaty of Penn with the Indians. Ce tableau représente la signature d'un traité de paix entre les Indiens et William Penn, à Shackamaxon en 1682
The Treaty of Penn with the Indians[5]. Ce tableau représente la signature d'un traité de paix entre les Indiens et William Penn, à Shackamaxon en 1682

Avant l'arrivée des Européens, environ 20 000 Amérindiens Lenapes, appartenant à la nation algonquine habitaient dans la vallée du Delaware[6] et le village de Shackamaxon était situé à l'emplacement actuel du quartier de Kensington, au nord du centre-ville.

L’exploration de la vallée du Delaware commença au début du XVIIe siècle. Les premiers colons suédois, néerlandais et anglais revendiquèrent tour à tour les rives du fleuve : la Nouvelle-Suède, fondée en 1638, fut annexée aux Nouveaux-Pays-Bas en 1655. Puis la région passa définitivement dans le giron britannique en 1674.

En 1681, le roi d’Angleterre Charles II octroya une charte à William Penn en échange de l’annulation d’une dette que le gouvernement devait à son père. Par ce document, la colonie de Pennsylvanie était officiellement fondée[7]. William Penn (1644–1718) était un quaker anglais : il appartenait à ce groupe religieux dissident, persécuté en Angleterre, qui rejetait la hiérarchie ecclésiastique et prônait l’égalité, la tolérance, la non-violence. La Pennsylvanie devint rapidement un refuge pour tous ceux qui étaient opprimés pour leur foi. William Penn partit ainsi en Amérique en 1682 et fonda la ville de Philadelphie. Il souhaitait que cette cité servît de port et de centre politique. Même si Charles II lui en avait donné la propriété, William Penn acheta la terre aux Amérindiens afin d’établir avec eux des relations pacifiques[8]. Il aurait signé un traité d’amitié avec le chef Lenape Tamanend à Shackamaxon en 1682[9].

Elfreth's Alley, rue habitée depuis 1713
Elfreth's Alley, rue habitée depuis 1713

Philadelphie fut aménagée selon un plan en damier, le plus ancien des États-Unis, avec des rues larges et cinq parcs[10]. Mais surtout, William Penn voulait rendre cette ville et la Pennsylvanie plus humaines, en supprimant la peine de mort pour les vols et en garantissant la liberté de culte[11]. Le nom de la ville, emprunté au grec Φιλαδέλφια (« amour fraternel Â»), reflétait cette ambition. Lorsque William Penn revint d’Angleterre en 1699 après une absence de quinze ans, il trouva une ville agrandie et qui se plaçait juste derrière Boston par sa population[12]. De nombreux immigrants européens, anglais, néerlandais, huguenots, étaient en effet arrivés, attirés par la prospérité de la ville et sa tolérance religieuse. Un premier groupe d’Allemands s’installa en 1683 dans le quartier actuel de Germantown[13]. William Penn donna une charte à la cité le 25 octobre 1701[14] afin de créer des institutions municipales : un maire, des conseillers et une assemblée[15].

Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, Philadelphie était devenue la cité la plus peuplée des Treize colonies (45 000 habitants en 1780[16]), dépassant Boston. Elle disputait même à Dublin la place de deuxième ville de l’empire britannique, en dehors de l'Angleterre[13].

[modifier] Un foyer des Lumières

La Pennsylvania Gazette
La Pennsylvania Gazette


À la fin du XVIIIe siècle, Philadelphie était le « véritable centre des Lumières révolutionnaires[17] Â», notamment sous l’impulsion de Benjamin Franklin (1706-1790). Ce savant, né à Boston, vécut à Philadelphie à partir de 1723 et fut l’un des fondateurs de la Library Company of Philadelphia (1731), de l’Université de Pennsylvanie (1740) et de la société américaine de philosophie (1743). En 1752, il inventa le paratonnerre. En 1728, John Bartram créa un jardin botanique, le premier de ce genre en Amérique du Nord[18]. C’est également au XVIIIe siècle que Philadelphie devint le principal centre d’édition des Treize colonies : le premier journal, The American Weekly Mercury, parut en 1719[18]. La Pennsylvania Gazette (1723) joua un grand rôle pendant la Révolution américaine. En 1739 fut publié le premier traité contre l’esclavage[18] et la ville devint, avec Boston, l’un des centres anti-esclavagistes du pays.

Le savoir et la culture connurent un développement important au XVIIIe siècle, ce qui vaut à la ville d'être parfois appelée « l'Athènes de l'Amérique Â». Dans les années 1760 s’ouvrirent une école d’anatomie, une école de médecine en 1765 et, l'année suivante, un théâtre permanent[19]. C’est en 1790 que fut inaugurée la Law School of the University of Pennsylvania, la plus ancienne école de droit des États-Unis. Plusieurs artistes de la ville fondèrent en 1794 le Columbianum, qui constituait alors la première société pour la promotion des Beaux-Arts[18].

Enfin, Philadelphie se dota d’équipements, de bâtiments publics et d’infrastructures urbaines avant les autres cités américaines et sous l'impulsion de Benjamin Franklin[20] : un hôpital et une compagnie de pompiers dès les années 1730 ; plusieurs banques furent fondées dans les années 1780[18]. La Pennsylvania State House (actuel Independence Hall), où siègeait l’assemblée coloniale, fut achevée en 1753. Les rues furent progressivement pavées et éclairées au gaz[21].

[modifier] La Révolution américaine

Le Carpenters' Hall accueillit le Premier Congrès continental en 1774
Le Carpenters' Hall accueillit le Premier Congrès continental en 1774

Dans les années 1770, Philadelphie devint l'un des principaux foyers de la Révolution américaine. Les Fils de la Liberté, une organisation de patriotes américains, étaient très actifs dans la ville : ils résistaient aux mesures fiscales imposées par la métropole et incitaient les colons à boycotter les marchandises anglaises.

Philadelphie fut choisie à cause de sa position centrale au sein des Treize colonies pour accueillir le Premier Congrès continental qui se réunit du 5 septembre au 26 octobre 1774 au Carpenters' Hall. Le Second Congrès continental se tint entre 1775 et 1781, date de la ratification des Articles de la Confédération. Pendant la guerre d’indépendance, cette assemblée organisa l'armée continentale, émet du papier monnaie et s'occupe des relations internationales du pays. Les délégués signèrent la Déclaration d'indépendance le 4 juillet 1776. Cependant, suite à la défaite américaine de Brandywine en 1777, le Congrès dut quitter la ville, ainsi que les 2/3 de la population[22]. Les habitants durent cacher la « cloche de la liberté Â»[23].

Plusieurs batailles opposèrent les Américains commandés par George Washington aux troupes britanniques en Pennsylvanie. Après avoir investi Philadelphie en septembre 1777, les Britanniques concentrèrent 9 000 hommes à Germantown, que Washington ne réussit pas à vaincre. En juin 1778, les Anglais abandonnèrent Philadelphie pour protéger New York, exposée à la menace française[24]. Dès juillet, le Congrès revenait à Philadelphie. Une Convention constitutionnelle se réunit à Philadelphie en 1781 afin de rédiger une constitution. Ce texte organisant les institutions du nouveau pays, fut signée à l’Independence Hall en septembre 1787. C’est dans le Congress Hall que fut élaborée la Déclaration des droits en 1790, les dix premiers amendements à la Constitution américaine. Le Congrès continental s'installa à New York en 1785, mais, sous la pression de Thomas Jefferson, il déménagea à Philadelphie en 1790[25], qui fit office pendant dix ans de capitale provisoire des États-Unis, pendant que Washington D.C. était en chantier[10]. Philadelphie perdit aussi son statut de capitale d’État en 1799.

[modifier] Industrialisation au XIXe siècle

Plaque du constructeur Baldwin Locomotive Works
Plaque du constructeur Baldwin Locomotive Works

Le commerce maritime de Philadelphie fut perturbé par l’Embargo Act de 1807 puis par la guerre de 1812 contre l'Angleterre. Après cette date, New York dépassa la cité et le port de Pennsylvanie[26].

Au début du XIXe siècle, Philadelphie connut un important essor économique grâce aux richesses agricoles et minières (charbon) présentes dans son arrière-pays ; la construction de routes, de canaux et de voies ferrées permit à la ville de maintenir son rang dans la Révolution industrielle. Le textile, la confection, la métallurgie, la fabrication du papier et du matériel ferroviaire, la construction navale, l’agro-alimentaire étaient les principales industries du XIXe siècle. Philadelphie était également un centre financier de première importance. Pendant la Guerre de Sécession (1861-1865), les usines de la ville fournirent les armées de l’Union en matériel militaire et en ressources diverses. Les hôpitaux jouèrent également un rôle en accueillant de nombreux blessés lors du conflit.

Les émeutes de 1844 à Philadelphie
Les émeutes de 1844 à Philadelphie

En raison de la mécanisation de l’agriculture dans le Sud des États-Unis, des milliers d’Afro-Américains commencèrent à migrer vers le nord et Philadelphie devint l’une des destinations privilégiées de cet afflux. Comme dans d’autres cités américaines, les années qui précédèrent la guerre civile furent marquées par des violences contre les immigrés, comme lors des émeutes anti-catholiques de mai-juin 1844[27]. Avec l’Acte de Consolidation (Act of Consolidation) de 1854, la municipalité de Philadelphie annexa plusieurs districts, townships et quartiers périphériques. Cette décision permit de faire correspondre les limites de la ville avec celle du comté et d’améliorer la gestion des problèmes urbains. Cependant, la municipalité républicaine continuait à être corrompue et les fraudes et les intimidations lors des élections étaient fréquentes.

En 1876, Philadelphie accueillit la première exposition universelle organisée sur le sol américain (la Centennial International Exhibition en anglais). Elle commémorait le centenaire de la Déclaration d'indépendance et se tint dans le Fairmount Park, près de la Schuylkill River. Elle attira quelque 9 789 392 visiteurs[28]. La plupart des bâtiments de l'exposition furent conservés par la Smithsonian Institution à Washington D.C.. Parmi les innovations qui furent montrées au public, on peut citer le téléphone d'Alexander Graham Bell, la machine à écrire de Remington, le Ketchup Heinz ou encore la Root beer.

[modifier] Mutations du XXe siècle

Le centre de Philadelphie en 1913
Le centre de Philadelphie en 1913

Des milliers d’immigrants venus d’Allemagne, d’Italie, d’Irlande et d’Europe de l’Est vinrent travailler dans les industries de la ville au tournant du XXe siècle et se regroupèrent dans des quartiers distincts. Pendant la Première Guerre mondiale, l’arrivée des Afro-américains fuyant la ségrégation raciale du Sud modifia la structure de la population. Avec le développement du transport ferroviaire puis du métro en 1907, et de l’automobile, les classes moyennes commencèrent à quitter le centre-ville pour résider en banlieue. Les premiers gratte-ciels firent leur apparition et le pont Benjamin Franklin fut construit. Après la Grande Dépression, Philadelphie était connue pour la vigueur de son syndicalisme et pour ses multiples grèves. Le chômage augmenta fortement et se maintint à un haut niveau dans les années 1930, malgré les emplois créés par la Works Progress Administration. Il fallut attendre la Seconde Guerre mondiale pour que la ville sortît de la crise, grâce aux industries de l’armement.

En 1950, Philadelphie atteignit son apogée démographique, avec un peu plus de deux millions d’habitants ; les logements étaient alors souvent insuffisants et insalubres. Dans les années 1960, des émeutes raciales éclatèrent, au moment du mouvement pour les droits civiques (Civil Rights Movement en anglais). Les problèmes sociaux s’aggravèrent avec la montée du chômage, la drogue et la violence des gangs. Les classes moyennes blanches fuirent le centre vers les comtés environnants : ainsi la ville perdit plus de 13 % de sa population dans les années 1970[29].

La municipalité adopta une nouvelle charte en 1951 donnant plus de pouvoirs au maire. Le maire Joseph Clark inaugura une politique de renouvellement urbain : amélioration des routes et du système des transports (SEPTA, 1965), réhabilitation de l’habitat, création de centres commerciaux et de parcs. Mais la ville était alors à la limite de la banqueroute au début des années 1990, à l'instar d'autres grandes villes de la côte est comme New York, qui connut une crise et une situation de faillite similaire. Depuis, la situation du logement et de l'emploi s'est améliorée dans plusieurs quartiers, mais la violence reste toujours à un niveau élevé[30].

[modifier] Géographie

[modifier] Situation

Carte de situation de Philadelphie
Carte de situation de Philadelphie

Philadelphie se trouve au nord-est des États-Unis, dans la région industrielle de la Manufacturing Belt, à peu près à la même latitude que les Baléares ou que Naples en Italie du sud. Elle appartient à un espace urbanisé en continu, le BosWash, qui va de Boston au nord à Washington DC au sud. La ville se targue de se trouver à moins de 100 miles de New York, 99 exactement (environ 160 km). La ville se trouve entre les montagnes Appalaches au nord et l'ouest, et l'océan Atlantique au sud et à l'est.

Philadelphie est construite au sud-est de la Pennsylvanie et la banlieue s'est développée en partie sur le New Jersey vers l'est, grâce aux ponts Benjamin Franklin et Walt Whitman. Le centre-ville s'étend principalement sur la rive droite du fleuve Delaware, dont elle commande l'estuaire situé au sud. La rivière Schuylkill se jette dans le Delaware au sud de la ville : c'est sur ce site de confluence que ce sont développés les chantiers navals. D'autres cours d'eau moins importants traversent la ville : Cobbs Creek, Wissahickon Creek et Pennypack Creek.

Selon le Bureau du recensement des États-Unis, la ville a une superficie totale de 369,4 km², dont 349,9 km² de terre et 19,6 km² de plans d'eau, soit 5,29 % du total. Le territoire de la commune (Philadelphia City) est 3,5 fois plus étendu que celle de Paris. L'agglomération occupe un site de plaine fluviale plat et peu élevé. L'altitude moyenne est de 13 mètres au-dessus du niveau de la mer[31]. La zone métropolitaine de Philadelphie, qui occupe la vallée du Delaware, compte près de 6 millions d'habitants.

[modifier] Climat

Campus de l'université de Pennsylvanie. En hiver, le blizzard apporte d'importantes quantités de neige
Campus de l'université de Pennsylvanie. En hiver, le blizzard apporte d'importantes quantités de neige


Philadelphie connaît un climat de façade orientale de continent[32]. Les précipitations sont assez régulièrement réparties sur toute l'année, avec huit à onze jours de pluie par mois et un total de 1 068 mm sur l'année[33]. Il tombe en moyenne 52 cm de neige par an[34].

L'été est habituellement chaud et humide, juillet étant le mois le plus arrosé de l'année. Les précipitations estivales peuvent faire déborder la rivière Schuylkill[34]. Les températures du mois de juillet varient en moyenne entre 21 Â°C et 30 Â°C. La plus haute température enregistrée a été de 41 Â°C le 7 août 1918. L'automne et le printemps sont relativement doux, mais courts. L'hiver arrive rapidement et peut s'accompagner de vagues de froid (cold waves) qui apportent des tempêtes de neige (blizzard). La température moyenne basse pour le mois de janvier est -4 Â°C, la moyenne haute de 4 Â°C. La température la plus basse enregistrée a été de -24 Â°C le 9 février 1934.

Mois Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc
Températures moyennes (°C) -0,9 0,6 5,8 11,3 17,2 22,1 24,8 24,2 20,1 13,6 8 2,1
Précipitation moyennes (mm) 81,5 70,9 87,9 91,9 95,3 95 108,7 96,5 86,9 66,5 84,8 85,9
Source : Relevés 1961-1990

[modifier] Urbanisme et quartiers

Icône de détail Article détaillé : Liste des quartiers de Philadelphie.
Photographie aérienne de Philadelphie. Au premier plan (sud) : la confluence entre la Schuylkill et le Delaware, la zone industrialo-portuaire ; au second plan, on distingue le plan en damier, le centre des affaires avec ses gratte-ciel ; à gauche : le quartier des universités et le Fairmount Park
Photographie aérienne de Philadelphie. Au premier plan (sud) : la confluence entre la Schuylkill et le Delaware, la zone industrialo-portuaire ; au second plan, on distingue le plan en damier, le centre des affaires avec ses gratte-ciel ; à gauche : le quartier des universités et le Fairmount Park

L'urbanisme de Philadelphie est caractéristique d'une grande ville américaine, à ceci près qu'elle possède un quartier historique comme Boston ou la Nouvelle-Orléans.

Le centre-ville (Center City) suit un plan orthogonal depuis sa fondation ; il forme un quadrilatère délimité à l'est par le Delaware au nord par Vine Street, à l'ouest par la Schuylkill et au sud par South Street. Le centre de ce quadrilatère est occupé par l'Hôtel de ville. Ce bâtiment se trouve dans l'axe de deux rues, Broad Street et Market Street, qui se coupent à angle droit à la manière d'un cardo et d'un decumanus romains. Les rues orientées est-ouest, portent des noms d'arbres[35]. La Benjamin Franklin Parkway, sorte de Champs-Élysées de Philadelphie, est une avenue radiale qui relie l'Hôtel de ville au Fairmount Park et au Philadelphia Museum of Art. Le centre historique se trouve à l'est, le centre des affaires à l'ouest. Le quartier de Center City compte de nombreuses institutions culturelles, des galeries et des centres commerciaux.

Le plan d'urbanisme de la fin du XVIIe siècle a disposé quatre places aux coins du Center City : Washington, Rittenhouse, Logan et Franklin Squares. La Fairmount Park Commission regroupe un ensemble de jardins publics dispersés dans l'agglomération pour une superficie totale de 3 723 hectares soit 37,23 km²[36]. Le principal, Fairmount Park, se trouve le long de la Schuylkill River et du Wissahickon Creek, au nord-ouest de Center City, et s'étend sur 17 km², soit cinq fois la superficie du Central Park de New York et deux fois le Bois de Boulogne à Paris.

Carte simplifiée du centre de Philadelphie
Carte simplifiée du centre de Philadelphie

Autour du centre-ville se trouvent des ghettos (West Philadelphia, Camden) ainsi que le quartier universitaire (University City, à l'ouest de la Schuylkill). Cette première auréole est également constituée de quartiers intermédiaires et mixtes, qui ont chacun leur identité. La plupart correspondent aux anciens villages ou villes du comté de Philadelphie avant leur annexion par la ville. Les quartiers de classes moyennes et aisées s'étendent assez loin du centre-ville et sont reliées à lui par un système de voies rapides et de trains de banlieue.

[modifier] Population

[modifier] Evolution et répartition

Evolution de la population[37]
Année Habitants
1700 28 522
1800 41 220
1810 53 722
1820 63 802
1830 80 462
1840 93 665
1850 121 376
1860 565 529
1870 674 022
1880 847 170
1890 1 046 964
Année Habitants
1900 1 293 697
1910 1 549 008
1920 1 823 779
1930 1 950 961
1940 1 931 334
1950 2 071 605
1960 2 002 512
1970 1 948 609
1980 1 688 210
1990 1 585 577
2000 1 517 550
2005 1 463 281

Sixième ville du pays[38], Philadelphie compte 1 448 394 habitants dans la commune (Philadelphia City) et 5 951 797 habitants dans son aire métropolitaine (PMSA : Philadelphie-Camden –Wilmington) en 2006[39].

Au milieu du XVIIIe siècle, Philadelphie était la ville la plus peuplée des Treize colonies britanniques. Malgré sa croissance démographique spectaculaire, elle n’a cessé de reculer dans le classement des villes américaines. Elle est dépassée par New York à la fin du XVIIIe siècle, par Chicago dans les années 1880 et Los Angeles dans les années 1950. La plus forte augmentation de la population philadelphienne a eu lieu à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle : le nombre d’habitants a doublé entre 1880 et 1920, grâce à l’immigration européenne. Après un apogée démographique en 1950 (deux millions d’habitants), la ville s’est dépeuplée suite aux problèmes sociaux : les classes moyennes blanches ont quitté la commune pour s’installer dans les comtés périphériques. Entre 1950 et 2000, Philadelphie a perdu plus de 480 000 habitants. Malgré la politique de revitalisation de certains quartiers et la gentrification en cours, la tendance à la baisse continue (-4,5 % entre 1990 et 2000[40]), mais à un rythme moins fort.

La densité de population de Philadelphie, comparable à celle de Boston ou de Chicago, était de 4 337,3 habitants par km² en 2000.

Évolution de la population de Philadelphie. Source : Bureau du recensement américain
Évolution de la population de Philadelphie. Source : Bureau du recensement américain


[modifier] Caractéristiques ethniques et sociales

Le quartier chinois de Philadelphie.
Le quartier chinois de Philadelphie.

La répartition ethnique se caractérise par le fait qu'aucun groupe n'est majoritaire : la proportion des Blancs est faible (45 %) par rapport à la moyenne nationale et elle tend à diminuer. En 2005, 183 329 personnes déclarent avoir des ancêtres irlandais, 121 397 des ancêtres italiens et 106 339 des ancêtres allemands[41]. Ces trois communautés, formées par les descendants des migrants des années 1880-1920, impriment leur marque à la vie culturelle de Philadelphie.

Les Afro-américains forment une communauté importante (43,2 % du total) et en augmentation. Ce groupe se concentre dans les secteurs situés à l'ouest et au nord du centre-ville. La part des Latinos est plus faible (8,5 %) que dans le reste du pays, mais leur effectif augmente. La communauté Jamaïquaine, au deuxième rang national, et Portoricaine (97 689 en 2005[41], troisième rang national) sont les mieux représentées parmi les Hispaniques. La population d'origine asiatique représente 4,5 % des Philadelphiens : la principale communauté est celle des Chinois, estimée à 20 539 personnes en 2005[41], soit la deuxième en nombre de la côte est, après celle de New York. Le quartier chinois se trouve dans le centre-ville autour de Race Street, entre la 8e et la 11e Rue.

Le taux de personnes vivant sous le seuil de pauvreté est de 24,5 %, soit deux fois plus que la moyenne de l'État.[42] Il reste largement supérieure à la moyenne nationale (13,3 %). Le revenu annuel moyen par habitant est de 19 140 $[43]. Parmi les grandes villes de la mégalopole, Philadelphie est la plus pauvre[44]. Le taux de chômage, avec 5,7 % de la population active en 2007[45], est supérieur à la moyenne nationale.

Pour la criminalité, Philadelphie est à la sixième place des villes de plus de 500 000 habitants les plus dangereuses des États-Unis[46]. En 2004, 377 meurtres ont été recensés, essentiellement dans les ghettos, soit un taux de 25,6 pour 100 000 habitants, alors que la moyenne nationale est de 6,9 et celle de New York de 6,6[47]. En 2006, le nombre des homicides s'élève à 406[48].

Le pourcentage de diplômés de l'université est plus faible que dans le reste de la Pennsylvanie. Cependant, le nombre d’étudiants est important (107 519 en 2005[49], soit 13,5 % de la population totale), à cause de la présence de nombreux établissements d’enseignement supérieur sur le territoire de la commune. Les services publics, municipaux ou privés pourvoient à la majorité des emplois. Le secteur industriel emploie 8 % de la population active, soit un peu plus de 45 000 personnes en 2005[50].

[modifier] Administration et politique

La tour de l'Hôtel de ville de Philadelphie
La tour de l'Hôtel de ville de Philadelphie

Les limites du comté et de la ville de Philadelphie sont les mêmes depuis l’Act of Consolidation de 1854. Toutes les fonctions politiques sont assurées par la municipalité depuis 1952.

La ville est dirigée par un maire élu pour quatre ans. John F. Street occupe ce poste depuis 2000. Le maire ne peut pas assurer plus de deux mandats consécutifs. Pour se représenter, il doit attendre au moins une législature. Depuis 1952, tous les maires de Philadelphie sans exception sont démocrates et sont plutôt favorables à une intervention publique en faveur des catégories sociales défavorisées : ainsi, la municipalité n'impose aucune taxe locale sur les produits de première nécessité comme le savon.

Le conseil municipal (Philadelphia City Council) est l’organe délibérant et législatif de la ville. Il compte 17 membres : dix d’entre eux sont élus dans les districts, les sept autres représentent l’ensemble de la ville et sont élus par tous les citoyens. Le Président du Conseil est choisi par les conseillers ; depuis 2000, ce poste est occupé par la démocrate Anna Cibotti Verna, connue pour ses positions progressistes. Le mandat des conseillers est de quatre ans, sans limite de renouvellement. Le conseil municipal se réunit une fois par semaine en séance publique à l’Hôtel de ville. Les décisions sont prises à la majorité. Le maire peut opposer son droit de veto. Mais le conseil peut outrepasser ce droit par un vote à la majorité des deux tiers[51]. En 2005, la municipalité employait environ 30 000 personnes[52].

La Cour d’appel ordinaire du comté (Philadelphia County Court of Common Pleas) est la cour de justice pour Philadelphie. Elle est financée par les fonds municipaux et fonctionne avec les employés de la ville. La cour des contraventions routières s’occupe des infractions au code de la route. Bien que la capitale de l’État de Pennsylvanie soit à Harrisburg, il arrive que la cour suprême, la cour supérieure et la cour du Commonwealth tiennent des séances à Philadelphie. Les juges de ces instances sont élus par l’ensemble des citoyens de la ville.

Entre la Guerre de Sécession et le milieu du XXe siècle, la municipalité a été dominée par le parti républicain. Après la Grande Dépression des années 1930, les démocrates ont progressé et fini par remporter la mairie en 1952. Aux élections présidentielle de 2004, le candidat démocrate John Kerry remporta 80 % des suffrages à Philadelphie. Enfin, Philadelphie envoie quatre députés à chambre des représentants du Congrès américain ; en 2007, ils étaient tous démocrates. Avec la baisse de la population depuis le milieu du XXe siècle, le nombre de circonscriptions électorales, et donc le nombre de représentants à Washington, est passé de six à quatre.

[modifier] Économie

[modifier] Histoire

Le Comcast Center en construction (février 2007). Une fois achevé, il mesurera 297 mètres. Il est le symbole du renouveau économique de Philadelphie
Le Comcast Center en construction (février 2007). Une fois achevé, il mesurera 297 mètres. Il est le symbole du renouveau économique de Philadelphie

Au XVIIIe siècle, Philadelphie a joué un rôle pionnier dans la naissance politique mais également économique du pays. Aussi, les secteurs traditionnels fondés à l’époque coloniale, sont restés dynamiques et font toujours la réputation de la cité : l’édition et l’imprimerie, la presse, la banque, les métiers liés à la santé en sont quelques exemples.

Au XIXe siècle, l’exploitation du charbon des montagnes Appalaches, l’essor des chemins de fer et du transport par voie d’eau, ont placé Philadelphie en tête des métropoles industrielles, au cÅ“ur de la Manufacturing Belt. Les industries de la Révolution industrielle et l'agro-alimentaire faisaient alors la prospérité de la ville (métallurgie, textile, pétrole, construction navale, conserverie, pisciculture[53]). La situation géographique de la ville, entre New York et Washington DC, a attiré de nombreuses entreprises de transport. Après 1945, avec le déclin de ces industries traditionnelles qui affecta la Manufacturing Belt, Philadelphie est entrée dans une phase de crise économique et sociale. De nombreuses usines ont dû fermer, se restructurer ou se délocaliser vers le Sud et l’Ouest du pays, voire à l’étranger. Aujourd'hui, Philadelphie a diversifié ses activités et entamé son renouveau économique. Le chômage baisse depuis 1993 et de nouveaux gratte-ciel sortent de terre dans le quartier des affaires. Philadelphie reste un centre décisionnel et financier de premier ordre dans le Nord-Est des États-Unis.

[modifier] Secteurs principaux

[modifier] Industries et port

Le secteur tertiaire est devenu prédominant en nombre d’emplois et en création de richesses ; cependant, l’économie de la ville repose encore en partie sur les industries lourdes et agro-alimentaires. Les autres activités industrielles sont la métallurgie, la confection, la papeterie, les industries d’équipement (matériel de bureaux, de communication, d’informatique). De nombreuses raffineries et industries pétrochimiques se concentrent le long du Delaware. Les chantiers navals Aker Philadelphia (autrefois Kværner Philadelphia Shipyard, fermés en 1995) continuent de construire des cargos et des tankers. Ils subissent néanmoins la concurrence étrangère, en particulier asiatique. Le port, géré par la Philadelphia Regional Port Authority, est dominé par le trafic pétrolier (57 millions de tonnes en 1996). Il importe également des fruits, du fer, de l’acier et du papier[54]. Le port de Philadelphie, qui occupe déjà la première place sur la côte atlantique pour les marchandises diverses, prévoit d’augmenter son trafic de conteneurs[55].

[modifier] Services

L’économie de Philadelphie est aujourd’hui dominée par le secteur tertiaire. Les principales activités sont liées à la santé (hôpitaux, assurances), aux transports (la SEPTA emploie plus de 9 000 personnes, US Airways possède un hub, Amtrak), aux services financiers et aux télécommunications (Verizon, Comcast Corporation) et aux institutions fédérales[56].

Plusieurs entreprises d’envergure régionale ou nationale ont leur siège social à Philadelphie : Aramark Corporation, la First Union National Bank, Advanta (banque), les compagnies CIGNA et Lincoln National Corporation (assurances), Comcast (médias), Sunoco (pétrole), Rohm and Haas et FMC Corporation (chimie), GlaxoSmithKline (produits pharmaceutiques), Pep Boys (équipementier automobile).

Les trois premiers employeurs de la ville sont le gouvernement fédéral (plus de 30 000 employés en 1999[56]), l’université de Pennsylvanie et son hôpital, ainsi que les services municipaux. L’Hôtel des Monnaies pour la côte est des États-Unis se trouve près du quartier historique, de même qu’une division de la réserve fédérale. Philadelphie possède sa propre Bourse, le Philadelphia Stock Exchange, qui est la plus ancienne des États-Unis. À cause de la présence d’institutions gouvernementales, la ville possède de nombreux cabinets d’avocats. Elle constitue aussi un foyer d’envergure nationale pour le droit, grâce à ses écoles spécialisées (par exemple l’University of Pennsylvania Law School) et grâce à l’American Law Institute. Le secteur hospitalier est également très développé, et travaille en liaison avec les industriels présents dans la région, les universités, les centres de recherche et les industries pharmaceutiques. Enfin, depuis quelques années, la municipalité a réalisé des investissements pour développer le tourisme et mettre en valeur ses atouts : construction d’un centre de conventions (1993), restauration du patrimoine historique, aménagement des fronts d’eau… En 2002, Philadelphie a reçu 421 000 touristes étrangers et se place au 13e rang des villes américaines les plus visitées[57].

[modifier] Enseignement supérieur

Campus de l'université de Pennsylvanie
Campus de l'université de Pennsylvanie

Philadelphie est une importante ville universitaire qui compte plusieurs milliers d'étudiants et de nombreux établissements d'enseignement supérieur. Les campus universitaires participent au dynamisme culturel de l'agglomération : dans le quartier d'University City à l'ouest du centre-ville, 21 musées et galeries d'art sont ouverts au public[58]. Les universités et les centres de recherche travaillent en liaison avec les principaux employeurs de la ville : ainsi l'enseignement supérieur est particulièrement en pointe dans les secteurs de la chimie, des sciences, de la santé et des arts.

Fondé en 1964, le Community College of Philadelphia propose 70 diplômes différents[59] et un vaste panel de formations allant des arts aux sciences en passant par l'économie. Elle compte quelque 38 000 étudiants (2007), ce qui en fait le plus grand établissement d'enseignement supérieur de la ville[59].

L'université de Pennsylvanie est l'une des plus anciennes et des plus prestigieuses des États-Unis : créée par Benjamin Franklin au XVIIIe siècle, elle fait partie de la fameuse Ivy League, une association informelle regroupant les huit universités les plus célèbres du pays. En 2007, l'université de Pennsylvanie était référencée comme l'une des dix meilleures universités du pays d'après l'U.S. News & World Report[60]. Elle compte actuellement plus de 19 800 étudiants et, avec son hôpital, elle est le deuxième employeur de la ville[56]. Le campus se trouve dans le quartier d'University City. L'université Temple a été ouverte en 1884 et regroupe environ 33 600 étudiants. La troisième plus grande université de la ville est celle de Drexel (17 000 étudiants), suivie par celles de Saint Joseph (7 000) et de La Salle (6 200).

Liste des établissements d'enseignement supérieur :

[modifier] Culture

Icône de détail Article détaillé : Culture à Philadelphie.

La ville de Philadelphie possède une vie culturelle variée et dynamique. Dès le XVIIIe siècle, Philadelphie s’affirme comme un foyer majeur de création artistique, musical et même culinaire. Elle offre toujours aujourd’hui un large choix de musées et d’événements, et compte de nombreuses salles de spectacle.

[modifier] Patrimoine et musées

Icône de détail Article détaillé : Architecture à Philadelphie.