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Phénoménologie de la perception


Phénoménologie de la Perception est le magnum opus du philosophe phénoménologique français Maurice Merleau-Ponty.

Suivant explicitement le travail d'Edmund Husserl, le projet de Merleau-Ponty est de révéler la structure phénoménologique de la perception.


[modifier] Résumé de l'œuvre

Introduction : Les préjugés classiques et le retour aux phénomènes

  • La « sensation Â» — Merleau-Ponty analyse la notion de sensation et en dégage, malgré une apparente évidence dans « l'attitude naturelle Â» (celle dans laquelle nous pensons pouvoir définir précisément ce que sont les mots « sentir Â», « voir Â», etc.), le caractère complexe. Il récuse la notion de « sensation pure Â» qui ne correspond à aucune expérience vécue (les sensations sont relatives) et s'accorde avec la Gestalttheorie (la psychologie de la forme) pour définir le phénomène perceptif comme « une figure sur un fond Â» : aucune donnée sensible n'est isolée, elle se donne toujours dans un champ (il n'y a pas de « pure impression Â»). Il réfute ensuite le « préjugé du monde objectif Â» : il n'y a pas de « réalité objective Â», la perception s'ancre dans une subjectivité qui, de fait, produit de l'indéterminé et de la confusion (lesquels ne résultent pas d'un « manque d'attention Â»). Merleau-Ponty en arrive à la conclusion que la psychologie n'est pas parvenue à définir la sensation ; mais la physiologie n'en a pas davantage été capable, puisque le problème du « monde objectif Â» se pose à nouveau et qu'il entre en contradiction avec l'expérience (exemple avec l'illusion de Müller-Lyer) : pour comprendre ce que signifie « sentir Â», il faut donc revenir à l'expérience interne préobjective.
  • L' « association Â» et la « projection des souvenirs Â» — La sensation ne correspond pas à la coïncidence entre le sujet sentant et la qualité (par exemple le rouge) perçue. L'auteur met en évidence l'intentionnalité de la conscience : la conscience est conscience perceptive de. Il réfute ensuite la thèse empiriste d' « association des idées Â» (en vogue depuis Locke) : si cette dernière ramène l'expérience passée, il y a aporie puisque la première expérience ne comportait pas de connexion avec d'autres expériences. Au contraire, la sensation prend corps au sein d'un « horizon de sens Â» et c'est à partir de la signification du perçu qu'il peut y avoir des associations avec des expériences analogues (et non le contraire). Une impression ne peut pas « en réveiller d'autres Â» : la perception n'est pas faite de données sensibles complétées par une « projection des souvenirs Â» ; en effet, faire appel aux souvenirs présuppose précisément que les données sensibles se soient mises en forme et aient acquis un sens, alors que c'est ce sens que la « projection des souvenirs Â» était censé restituer.



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