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Hugo GrotiusHugo Grotius (de son nom d'origine Huig de Groot ou Hugo de Groot, Delft, 10 avril 1583 - Rostock, 28 aoĂ»t 1645) est un juriste des Provinces Unies (aujourd'hui Pays-Bas) qui posa les fondations du droit international, basĂ© sur le droit naturel. Il se situe au tout premier rang des penseurs de la science juridique et de la philosophie de lâĂtat. Avocat protestant hollandais, il a Ă©tĂ© conseiller de la compagnie nĂ©erlandaise des Indes orientales. InspirĂ© par Thomas Erastus, il a forgĂ© une thĂ©orie de lâĂtat et de la puissance civile dont il a prĂ©sentĂ© avec minutie et beaucoup de vigueur intellectuelle les articulations internes et internationales. Son Ćuvre la plus cĂ©lĂšbre est De jure pacis et belli. Elle marque la naissance du droit international public. Il fut aussi philosophe, apologiste chrĂ©tien, dramaturge, et poĂšte. Le trait dominant de ce grand humaniste fut une volontĂ© ĆcumĂ©nique dâenquĂȘte qui ne lui laissa aucun rĂ©pit. Il nâa pas cessĂ© de militer pour un ordre authentiquement humain et pour une chrĂ©tientĂ© ouverte, purifiĂ©e par un retour Ă ses sources La Librairie du Palais de la Paix Ă La Haye garde la Collection Grotius, qui possĂšde un grand nombre de livres de et sur Hugo Grotius. La collection Ă©tait basĂ©e sur une donation de Martinus Nijhoff de 55 Ă©ditions de De jure belli ac pacis libri tres. La SociĂ©tĂ© AmĂ©ricaine de droit international a tenu une sĂ©rie annuelle de ConfĂ©rences sur Grotius depuis 1999.
[modifier] Une vie tourmentĂ©eNĂ© en 1583, Hugo de Groot est un enfant prodige : Ă onze ans il Ă©tudie Ă lâuniversitĂ© de Leyde ; Ă treize ans il entreprend l'Ă©dition de l'Ćuvre de l'encyclopĂ©diste latin Martianus Capella avec l'aide de son maĂźtre, Joseph Juste Scaliger (publiĂ©e en 1599, cette Ă©dition, enrichie d'un commentaire, restera une rĂ©fĂ©rence pendant plusieurs siĂšcles). Il effectue sa premiĂšre mission diplomatique en France en 1598. Un an plus tard, il est avocat Ă La Haye et rĂ©dige une histoire de la rĂ©bellion des Pays-Bas contre lâEspagne (Annales et historiae de rebus belgicis). Ă la requĂȘte de la Compagnie hollandaise des Indes orientales, dĂ©sireuse dâĂ©tablir juridiquement son droit de capture sur les navires ennemis, Grotius compose le De jure praedae - Le droit de prise â en 1606. Grotius prend une part dĂ©terminante au conflit politico-religieux opposant les partisans des Ă©tats gĂ©nĂ©raux des Pays-Bas aux partisans de Maurice de Nassau. Grotius soutint Oldenbarnevelt et les Ătats GĂ©nĂ©raux des Pays-Bas dans leur conflit avec le stathouder, Maurice de Nassau, Prince d'Orange, fils de Guillaume Ier d'Orange-Nassau. Il fut arrĂȘtĂ© par Maurice, le 29 aoĂ»t 1618, en mĂȘme temps que Johan van Oldenbarnevelt, lors du Synode de Dordrecht. Van Oldenbarnevelt fut exĂ©cutĂ©, et Grotius fut condamnĂ© Ă l'emprisonnement Ă vie dans le chĂąteau de Loevestein. En 1621, il s'Ă©vada du chĂąteau dans une caisse de livres, et s'enfuit Ă Paris oĂč il sĂ©journera jusquâen 1644 comme rĂ©sident de SuĂšde. Il fait naufrage au retour dâune mission en SuĂšde et meurt Ă Rostock le 28 aoĂ»t 1645. Aux Pays-Bas, il est surtout connu pour son Ă©vasion. Le Rijksmuseum Ă Amsterdam et le musĂ©e Het Prinsenhof Ă Delft revendiquent tous les deux la caisse de livres originale dans leurs collections. Grotius vĂ©cut Ă l'Ă©poque de la Guerre de Quatre-Vingts Ans entre l'Espagne et les Pays-Bas et de la Guerre de Trente Ans entre les nations europĂ©ennes catholiques et protestantes ; il n'est pas surprenant qu'il ait Ă©tĂ© profondĂ©ment marquĂ© par les questions de conflits entre nations et les religions. Il Ă©tait lui-mĂȘme calviniste de tendance moderĂ©e et entretenait de nombreux contacts avec des catholiques, espĂ©rant une rĂ©unification des Ă©glises chrĂ©tiennes. En 1625, il publia son livre De jure belli ac pacis (Sur les lois de la guerre et de la paix) oĂč il prĂ©sentait sa thĂ©orie de la guerre juste et prĂ©tendit que toutes les nations sont liĂ©es par les principes du droit naturel. [modifier] Apports[modifier] Sur le droit de la merDans son livre Mare Liberum (Mers Libres) il a formulĂ© le nouveau principe selon lequel la mer Ă©tait un territoire international et que toutes les nations Ă©taient libres de l'utiliser pour le commerce maritime. Grotius, en proclamant les 'mers libres', fournit une justification idĂ©ologique qui convenait Ă la rupture par les Hollandais de diffĂ©rents monopoles commerciaux Ă travers leur formidable puissance navale (et donc Ă©tablissant leur propre monopole). L'Angleterre, grande rivale commerciale de la Hollande, s'opposa Ă cette idĂ©e et proclama la souverainetĂ© sur les mers entourant les Ăles Britanniques. La querelle aurait ultĂ©rieurement d'importantes implications Ă©conomiques. La RĂ©publique Hollandaise soutint l'idĂ©e de commerce libre (mĂȘme s'il imposait un monopole commercial spĂ©cial sur la noix de muscade et les clous de girofle dans l'archipel des Moluques). L'Angleterre adopta la loi de navigation (1651), interdisant Ă toutes les marchandises d'entrer en Angleterre sauf sur des bateaux anglais. La loi conduisit en consĂ©quence Ă la PremiĂšre guerre anglo-hollandaise (1652 - 1654). [modifier] Un Ătat juste et une souverainetĂ© limitĂ©e« Un corps parfait de personnes libres qui se sont jointes ensemble pour jouir paisiblement de leurs droits et pour leur utilitĂ© commune » est la dĂ©finition de l'Ătat selon Grotius. Il fonde sa thĂšse sur lâexistence dâun contrat initial par lequel les hommes ont renoncĂ© Ă lâĂ©tat de nature. Il affirme que les lois sont Ă lâĂtat ce que lâĂąme est au corps humain. L'Ătat rassemble une multitude de crĂ©atures raisonnables unies pour les choses quâelles aiment ; il a pour fonction dâassurer le respect des lois et dâorganiser les tribunaux chargĂ©s de rendre ce qui est dĂ» aux Ă©trangers comme aux particuliers du pays. Le territoire ne constitue pas un Ă©lĂ©ment de lâĂtat, mais le contrat fondamental qui lie les individus Ă lâĂtat interdit la cession dâune province sans le consentement des populations intĂ©ressĂ©es. [modifier] Droit naturel et droit volontaireLe droit naturel est formĂ© de principes de la droite raison qui nous font connaitre quâ « une action est moralement honnĂȘte ou deshonnĂȘte selon la convenance ou la disconvenance nĂ©cessaire quâelle a avec la nature raisonnable et sociable de lâhomme ». La volontĂ© de Dieu nâest pour lui quâune manifestation indirecte dans la production normative, celle-ci Ă©manant avant tout de la nature humaine et de son caractĂšre sociable. Le droit naturel est immuable, commun Ă toutes les Ă©poques et Ă toutes les rĂ©gions. Il rĂ©git la conduite des individus et celle des Ătats, ces derniers Ă©tant liĂ©s par des obligations internes, dont la violation entraine un droit de rĂ©sistance Ă lâoppression en faveur de ses sujets et par des obligations internationales - celles du droit des gens. Lâexercice des droits souverains de lâĂtat sur le plan international comprend le droit de guerre encadrĂ© par des normes qui nâautorisent que les guerres justes :
Le droit naturel prescrit des modes de rĂšglement pacifique des diffĂ©rends entre Ătats. Le droit volontaire provient dâune volontĂ© qui peut ĂȘtre tantĂŽt divine, tantĂŽt humaine. Ce droit ne rĂ©sulte pas dâune volontĂ© qui serait supĂ©rieure Ă celle des Ătats, mais de leur accord, de leur volontĂ© convergente, issue de la coutume ou des conventions formelles. Les Ătats sont tenus de reconnaitre la primautĂ© du droit naturel sur le droit volontaire. [modifier] ThĂ©ologie[modifier] Sur la vĂ©ritĂ© de la Religion ChrĂ©tienneGrotius Ă©crivit un livre dĂ©fendant le Christianisme, appelĂ© De veritate religionis Christianae (publiĂ© en 1632), qui fut traduit de Latin en Anglais, Arabe, Persan et Chinois par Edward Pococke en vue d'ĂȘtre utilisĂ© pour le travail missionnaire en Orient, et resta Ă©ditĂ© jusqu'Ă la fin du XIXe siĂšcle. C'Ă©tait le premier livre protestant dans l'apologĂ©tique chrĂ©tienne et il Ă©tait divisĂ© en six livres. Une partie du texte traitait des questions Ă©mergentes de la conscience historique concernant l'authenticitĂ© et le contenu des Ă©vangiles canoniques. D'autres sections de l'Ćuvre s'adressaient Ă d'autres religions, JudaĂŻsme et Islam. Ce qui distinguait aussi cette Ćuvre dans l'histoire de l'apologĂ©tique Ă©tait son rĂŽle prĂ©curseur dans l'anticipation des problĂšmes exprimĂ©s dans le DĂ©isme du XVIIIe siĂšcle. D'autre part Grotius reprĂ©sente le premier praticien de l'apologĂ©tique lĂ©gale ou juridique dans la defense de la croyance chrĂ©tienne. [modifier] Sur la rĂ©demption des pĂ©chĂ©sGrotius a aussi developpĂ© un point de vue particulier du rachat des pĂ©chĂ©s par le Christ connu en tant que thĂ©orie du "gouvernement moral". Il a Ă©mis la thĂ©orie selon laquelle le sens du sacrifice de la mort de JĂ©sus est que le PĂšre pardonne tout en maintenant sa loi juste sur l'univers. Cette idĂ©e, dĂ©veloppĂ©e ultĂ©rieurement par des thĂ©ologiens tels que John Miley, devint le point de vue dominant dans l'Arminianisme et le MĂ©thodisme. Edward Gibbon et Thomas Carlyle ont exposĂ© de pieux mensonges dans le livre de Grotius, qui ont Ă©tĂ© omis du text arabe par Pococke, bien que gardĂ© dans la version latine. [modifier] Ćuvres
[modifier] Voir aussi
[modifier] Bibliographie
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