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Der Ring des Nibelungen
Der Ring des Nibelungen (en français L'Anneau du Nibelung) est un cycle de quatre drames de Richard Wagner inspiré de la mythologie germanique et nordique et particulièrement du Nibelungenlied ou Chanson des Nibelungen, un poème épique allemand du Moyen Âge. Le mythe fait partie des inspirations de la littérature contemporaine. L'Anneau du Nibelung, festival scénique en un prologue et trois journées est parfois appelé en France la Tétralogie, mais ce titre est en voie de disparition : on parle en général aujourd'hui plutôt du Ring. Passionné par le théâtre grec antique, Richard Wagner emprunte la structure en quatre parties des spectacles antiques. Il en tire aussi ce qu'il appelle le Gesamtkunstwerk, l'« art total » où tout est lié : théâtre, musique, poésie et peinture. Il ira jusqu'à construire un théâtre consacré à son œuvre, le Palais des festivals de Bayreuth. « Une œuvre multimédia avant l'heure ! », écrit Bruno Lussato. Fruit de près de trente ans de gestation au cours desquels l'œuvre s'est transformée progressivement en une gigantesque allégorie sur la société, la politique, l'économie et le pouvoir, le Ring est qualifié par son auteur de « festival scénique en un prologue et trois journées ». Selon les interprétations, il peut en effet durer de treize à seize heures. Le poème compte plus de huit mille lignes et met en scène plus de trente personnages. La musique est construite autour de plus de quatre-vingts leitmotive - ou « thèmes conducteurs » - musicaux différents, sans compter les dérivés.
[modifier] InspirationÀ cause de l'impact énorme qu'aura le Ring et qui inspirera nombre de grands artistes ultérieurement, pour le grand public actuel, l'inspiration semble s'être inversée. Par exemple quelqu'un regardant une lithographie de Franz Stassen pourra croire à une inspiration antérieure à Wagner alors qu'elles datent des années 1910-1920 et sont une illustration du Ring. Pour ses personnages, Wagner s'inspire librement des légendes de la mythologie nordique dont les poèmes de l’Edda et la Saga des Völsungar. Certaines situations s'inspirent d'œuvres de Leconte de Lisle, de La Motte-Fouqué, de Charles Perrault (La Belle au bois dormant et Le Chat Botté), de Hebbel, de Lenström, des contes des frères Grimm ainsi que d'autres inspirations culturelles ou religieuses (son projet non abouti Jésus de Nazareth, la Rédemption, Saint François d'Assise parlant aux oiseaux, etc.). Les intrigues et les événements sont largement imaginés ou réinventés par l'auteur. En retour, le Ring aura une grande influence sur les autres arts : peinture, cinéma, bande-dessinée, littérature romanesque ou épique. John Ronald Reuel Tolkien précisa toutefois qu'il ne s'était pas inspiré du Ring pour écrire sa saga Le Seigneur des Anneaux, mais de la mythologie nordique ayant inspiré Wagner. Pourtant, on présente souvent le Ring comme l'œuvre ayant inspiré Tolkien[1], pour promouvoir les œuvres dérivées du Ring, la série de Tolkien étant devenue encore plus célèbre. [modifier] Genèse et chronologie du RingComme d'habitude, Wagner écrit le texte avant de composer la musique. Il faut noter que le texte est rédigé en commençant par la dernière journée, tandis que la musique suit l'ordre chronologique de l'œuvre finale. On remarque une longue période de sept ans durant laquelle Wagner ne touchera plus à l'œuvre. Non que l'auteur se désintéresse du Ring mais la richesse et la complexité du propos l'amènent à une impasse dans la composition musicale. Wagner se lance alors à fond dans Tristan et les Maîtres chanteurs, affine sa technique et revient au Ring avec une expérience plus riche. Il suffit de comparer la musique du Prologue qui accompagne simplement le texte et celle de la dernière journée, extrêmement riche et complexe, qui paraît dépasser le texte pour mieux l'illustrer et enrichir son propos.
[modifier] StructureWagner, qui pour le côté théâtral était passionné par le théâtre grec antique, a voulu construire l'Anneau sur le même schéma de quatre parties. Ainsi le Ring est divisé en un prélude et trois pièces répartis sur trois journées:
L'œuvre est aussi structurée musicalement par les thèmes conducteurs ou leitmotive, qui atteignent ici un très haut degré de sophistication : ils évoluent et se transforment au cours de l'œuvre mais, lors de la représentation, ont un impact très important même pour des oreilles non averties. Il est remarquable que chacune de ces parties a une vie propre. On peut les écouter indépendamment les uns des autres. L'Or du Rhin et la Walkyrie furent d'ailleurs créés dès 1876 au Nationaltheater de Munich, cinq ans avant l'intégrale, contre la volonté de Wagner. [modifier] Les personnages
[modifier] Argument succinctPour le détail de chaque journée, on se réfèrera à chaque journée composant le Ring. [modifier] L'Or du RhinLe prologue raconte, en quatre scènes qui se jouent sans interruption, les origines du drame. L'or pur repose au fond du Rhin, gardé par trois ondines, les filles du Rhin. Le Nibelung Alberich, le vole en maudissant l'amour afin d'en forger un anneau qui donne une puissance sans limite et apporte la richesse à celui qui le possède. Cet anneau,ainsi que les richesses accumulées par Alberich, lui sont dérobés par Wotan, sur le conseil de Loge. La raison étant de payer le salaire de Fasolt et Fafner, géants bâtisseurs du Walhalla qui doit devenir la demeure des dieux. Fou de colère et de douleur, Alberich maudit l'anneau, qui causera désormais la perte de quiconque le possédera. Wotan garderait bien l'anneau pour lui mais Erda lui conseille de fuir la malédiction qui y est attachée, car le Crépuscule des dieux est pour bientôt. La malédiction fait son effet: au moment du partage du butin, Fafner tue son frère Fasolt afin de posséder l'anneau. Effrayé mais encore persuadé qu'il pourra agir sur les évènements à venir, Wotan invite les dieux à entrer au Walhalla tandis que les filles du Rhin pleurent la perte de l'or pur et lumineux. [modifier] La WalkyrieLa première journée narre les amours tragiques de Siegmund et Sieglinde, les jumeaux incestueux et adultères que Wotan a eu d'une mortelle, ainsi que les tentatives vouées à l'échec de Wotan afin de se protéger de la malédiction de l'anneau. Fricka persuade Wotan que Siegmund n'est pas le héros capable de sauver les dieux et le monde. Wotan décide d'abandonner son fils dans le combat qui doit l'opposer à Hunding, époux légitime de Sieglinde. Il confie cette tâche à sa fille Brünnhilde. Mais, touchée par l'amour passionné des jumeaux et persuadée que profondément Wotan ne peut pas vouloir la mort de son fils, Brünnhilde désobéit et protège Siegmund. Wotan, contraint d'intervenir lui-même dans le combat, décide de punir sa fille. Brünnhilde est condamnée à être abandonnée sur un rocher entouré de flamme: seul un héros pourra franchir ce feu et l'éveiller. [modifier] SiegfriedLa deuxième journée est centrée sur le personnage de Siegfried, fils de Siegmund et Sieglinde mais aussi sur la lutte entre Wotan, devenu le voyageur et Alberich au sujet de l'anneau. Le nain Mime, frère d'Alberich, a élevé Siegfried afin qu'il tue le géant Fafner transformé en dragon et lui conquiert ainsi l'anneau. Grâce à l'épée de son père reforgée, Notung, Siegfried tue Fafner et s'approprie le trésor et l'anneau sans en comprendre la signification. Après s'être débarrassé de Mime qui cherchait à l'empoisonner et instruit par l'oiseau de la forêt, Siegfried part à la recherche de la "vierge qui dort", qui n'est autre que Brünnhilde. En chemin, il se heurte violemment à "Wotan-voyageur" qui prétend lui barrer la route. D'un coup d'épée, Siegfried fait voler en éclat la lance du dieu, symbole de son pouvoir. Wotan quitte la scène. Siegfried éveille Brünnhilde et devient son époux. [modifier] Le Crépuscule des dieuxLa troisième et dernière journée dénoue les fils du drame, au travers des péripéties vécues par Siegfried et Brünnhilde au royaume de Gibich. Siegfried a perdu la mémoire suite aux manœuvres de Hagen, fils d'Alberich qui est résolu à reconquérir l'anneau. Il tombe amoureux de Gutrune, sœur du roi Gunther. Brünnhilde folle de douleur accuse publiquement Siegfried de trahison. Siegfried se défend et s'engage à être déchiré par la lance de Hagen s'il a menti. À l'occasion d'une partie de chasse, Hagen rend la mémoire à Siegfried. Ce dernier révèle qu'il a connu Brünnhilde. Il a donc été parjure et Hagen le tue. Mais Brünnhilde, qui entre-temps a pris conseil auprès des filles du Rhin, est désormais instruite de l'ensemble des évènements. Elle comprend à la fois son erreur, le sens véritable de l'anneau, ainsi que le désir profond de son père Wotan, qui aspire lui-même au crépuscule des dieux. Brünnhilde fait porter le corps de Siegfried sur un bûcher sur lequel elle-même se précipite, rejoignant son époux dans la mort et lavant ainsi l'anneau de toute malédiction. Le Rhin déborde afin de noyer l'incendie. Les filles du Rhin entraînent Hagen, qui tentait de s'emparer de l'anneau, dans les profondeurs. L'incendie a gagné le ciel. Tandis que les filles du Rhin jouent gaiement avec l'anneau reconquis, Walhalla brûle. Les dieux périssent. Un monde nouveau peut naître sur la terre. [modifier] Le temps dans l'Anneau du NibelungCette œuvre est immense et gère le temps de manière étonnante et très contrastée. Parfois on est face à l'infini, d'autres fois l'action se déroule comme une journée normale. Tout commence dès l'introduction. Elle est déjà construite de telle sorte que l'auditeur ne perçoive pas quand la musique commence, nous donnant une profondeur infinie vers les origines du monde. Toute la genèse semble être contenue dans cette introduction, venant du néant, on se retrouve au bord du Rhin. Entre le Prologue et La Walkyrie, le temps est tout aussi indéfini : il se passe au minimum quinze à vingt années le temps que les Walkyries et les jumeaux soient conçus et grandissent. Entre La Walkyrie et Siegfried, c'est plus concret : Siegfried va naître et grandir. Entre Siegfried et le Crépuscule, il se passe au plus quelques jours. On remarque donc qu'entre chaque pièce du Ring, le temps se réduit et l'action s'accélère. Durant chaque journée, les actes et les scènes se déroulent sur quelques heures, une journée tout au plus. Il faut aussi parler du temps psychologique que le spectateur et surtout l'auditeur perçoivent. Comme il est écrit plus haut, l'auteur a su écrire une musique qui parfois sait nous faire changer de temps. Le temps parait très rallongé lors des monologues qui résument et expliquent les actions et évènements passés, comme si l'auteur voulait nous ramener à l'écoute et la compréhension, alors que les moments les plus touchants semblent se dérouler dans un temps très contracté, la musique nous emportant. Les thèmes conducteurs aident ainsi à nous faire voyager dans le temps en nous ramenant parfois au passé ou bien en nous projetant par intuition dans le futur (par exemple le thème original de l'épée qui apparaît pendant la conclusion de l'Or du Rhin). [modifier] Les objets symbolesLe Ring est dominé par trois objets principaux à la symbolique bien établie :
D'autres objets ont un rôle ou une signification particulière.
[modifier] Le spectacle, l'écouteTout le monde connait la Chevauchée des Walkyries ou la Marche Funèbre, souvent dénaturées par leur récupération hors de l'intrigue et de l'ensemble. Un cinéphile qui écoute directement le prélude du troisième acte de la Walkyrie risque d'avoir dans sa tête des images d'hélicoptères de la guerre du Vietnam à cause de l'utilisation de cette musique dans le film Apocalypse Now de Francis Ford Coppola. De même la Marche funèbre est souvent jouée seule en concert ou reprise dans des publicités ; quel néophyte du Ring peut s'imaginer que ce passage est un drame résultant d'intrigues et événements complexes, remarquablement formés de plusieurs thèmes conducteurs de l'œuvre originale ? Seule une écoute intégrale du Ring permet d'en comprendre toute la richesse. L'œuvre est difficile à appréhender sans un minimum de culture musicale symphonique. Un néophyte pourrait par exemple commencer par se familiariser avec la Neuvième Symphonie de Ludwig van Beethoven, puis aborder Wagner par des opéras plus accessibles comme Le Vaisseau fantôme ou Tannhäuser. Le Ring est représenté, chaque année au mois d'août, dans le théâtre qui a été construit pour lui, le Festspielhaus de Bayreuth, en général durant trois cycles. Par ailleurs il est régulièrement monté dans son intégralité à travers le monde. Certaines journées, en particulier La Walkyrie, sont parfois montées seules, voire sous forme de concert. On peut aussi regarder des représentations en vidéo ou en DVD. Il n'existait pas d'enregistrement vidéo d'une représentation intégrale du Ring avant les années 1970 et ce que les amateurs considèrent comme le déclin des voix wagnériennes. On peut conseiller le Ring du Centenaire mis en scène par Patrice Chéreau et dirigé par Pierre Boulez : c'est un Ring musical, théâtral, assez proche de l'esprit original malgré la modernisation de certaines scènes. Il est préférable de suivre le texte dans un livret pendant l'écoute. Le Ring ne se regarde ni ne s'écoute si on ne comprend pas les textes. On peut conseiller le Ring de Georg Solti enregistré en studio, avec un orchestre splendide et des chanteurs de haut niveau, ou encore celui de Hans Knappertbusch, chef d'orchestre spécialiste de Wagner. Citons encore l'interprétation originale de Reginald Goodall qui, sur une magnifique orchestration, a choisi des paroles en anglais. Ce choix d'interpréter le texte en anglais peut venir de la faiblesse des voix wagnériennes à cette époque (1973-1977). [modifier] FilmographieDe nombreuses adaptations filmées du mythe de Siegfried ont été tournées, notamment celles de Fritz Lang et de Harald Reinl, versions différentes du texte de Wagner par la présence de Kriemhild et des Huns. Parmi ces adaptations, Giacomo Gentilomo a réalisé Sigfrido, un curieux film de costumes, en 1958, qui correspond aux épisodes de Siegfried et du Crépuscule des dieux. Le film est très daté et parfois grotesque. Mais la musique originale se distingue par de nombreux emprunts à la musique de Wagner. [modifier] Autres adaptationsL'œuvre de Wagner a été adapté en jeux vidéo, transposés dans un univers futuriste dans les jeux vidéos Ring et Ring II de Philippe Druillet.[2] Mais ces jeux furent sévèrement critiqués parce que le scénario, inspiré de l'opéra, était bien trop compliqué pour que le joueur comprenne. Finalement, le joueur est amené à finir le jeu sans avoir compris l'histoire.[3] On peut voir aussi cette œuvre traitée dans l'animé Saint Seiya dont la saison Asgard est basé sur l'histoire de l'anneau des Nibelungen et de la mythologie nordique en général. Dans la série, Hilda de polaris, prêtresse du royaume d'Asgard, possédée par l'anneau des Nibelungen que lui a traitreusement remis Poséidon, tente de détruire le monde. De nombreux personnages de la série empruntent leurs noms à ceux de la légende, comme Mime, Alberich, Hagen ou Siegfried. Le mythe du Ring et plus particulièrement le personnage de Siegfried a été repris et adapté en bande dessinée par Alex Alice dans la trilogie Siegfried. Parallèlement aux albums, un film d'animation produit par Pendragon Imageforge.[4] est en cours de réalisation. Le manga Harlock Saga reprend l'histoire en mettant en scène le capitaine Albator. [modifier] Voir aussi
[modifier] Les principales représentationsLa Tétralogie est autant l'œuvre d'un chef que d'un metteur en scène ou la performance de grands chanteurs, la cosmogonie wagnérienne se prêtant à des multiples interprétations, tant musicales qu'artistiques ou politiques.
[modifier] Bibliographie
[modifier] Liens externes
[modifier] Notes |