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Constitution de l'Italie
La Constitution italienne actuelle a été promulguée le 27 décembre 1947 et est entrée en vigueur le 1er janvier 1948. Elle est dite de la Ire République, car elle fait suite au référendum du 2 juin 1946, au cours duquel les Italiens se sont prononcés entre le Royaume et la République et ont élu l'Assemblée constituante qui l'a rédigée et votée.
[modifier] Naissance et origines de la ConstitutionL'État italien moderne apparaît, d'un point de vue institutionnel, pour la première fois avec la loi du 17 mars 1861 qui attribue à son souverain le titre de roi d'Italie (auparavant roi de Sardaigne). C'est la naissance juridique d'un État italien (même si d'autres États ont déjà porté ce nom dans le passé, notamment pendant la période napoléonienne). La continuité entre le royaume de Sardaigne et celui de l'Italie est assurée par l'extension, au fur et à mesure des annexions, du statut concédé par Charles-Albert de Savoie en 1848, appelé Statut albertin. Ce statut ressemble aux autres constitutions révolutionnaires de 1848 et mêle principe monarchique et principe représentatif. Le Statut albertin se révèle d'une grande souplesse, par sa capacité à s'adapter au contexte politique : le suffrage de censitaire en 1870 devient peu à peu universel (1913) ; malgré l'art. 1er qui proclame le catholicisme seule religion de l'État, les relations sont rompues avec le Saint-Siège de 1870 à 1929. Mais l'arrivée brutale du fascisme rompt cette évolution souple. Le régime de parlementaire devient rapidement autoritaire voire totalitaire (1925). L'État de droit est subverti et doublé par un pouvoir policier centralisé, celui du Parti fasciste. Toute opposition est interdite et la neutralité de l'Église est obtenue au prix des accords du Latran qui rétablissent la religion d'État. Mais suite à l'engagement de l'Italie dans la Seconde Guerre mondiale, Benito Mussolini est mis en minorité au Grand Conseil fasciste le 24 juillet 1943. Le roi Victor-Emmanuel III d'Italie transfère ses pouvoirs au prince héritier le 5 juin 1944, tandis que le maréchal Pietro Badoglio laisse la place à un gouvernement de partis antifascistes sous la présidence d'Ivanoe Bonomi. À la chute du régime fasciste, les différents partis antifascistes au pouvoir, sous la tutelle des Alliés, décident de changer radicalement les institutions, avec l'aide surprenante du Parti communiste italien et notamment de son chef Palmiro Togliatti, connu pour sa modération, ce qui permet une transition pacifique vers le nouveau régime démocratique. Dès avril 1945, une Assemblée consultative de 222 membres, issus des rangs de la Résistance est organisée pour faire les premiers choix fondamentaux : choix de la représentation proportionnelle pour l'élection des membres de l'Assemblée constituante, organisation d'un référendum sur la nature du régime (républicain ou monarchique), extension du droit de vote aux femmes, constitution des listes électorales. En juin 1945, le gouvernement de Ferruccio Parri, dirigeant du Parti d'action, remplace celui de Bonomi jugé trop lié à la monarchie. Critiqué par les libéraux (monarchistes pour la plupart) et lâché par les communistes, il cède la place à Alcide De Gasperi en décembre 1945. Le 2 juin 1946 se déroule à la fois le référendum et l'élection de la Constituante. 54 % des Italiens choisissent la République. La Constituante est dominée par les grands partis de masse (DC 35,2 % ; PSI 20,7 % ; PCI 19,7 %) alors que les Libéraux et le Parti d'action ne sont pas prépondérants. Cette majorité élaborera et votera la Constitution qui sera le fruit d'un compromis entre la gauche (PSI-PCI) et les catholiques (DC) sur les principes fondamentaux même si les libéraux exerceront une influence décisive sur les mécanismes institutionnels et notamment la séparation des pouvoirs. Les travaux auraient dû être terminés le 24 février 1947 mais la Constituante ne se sépare que le 31 décembre 1947, après avoir adopté la Constitution le 22 décembre par 453 voix contre 62. Elle entre en vigueur avec le Jour de l'An 1948. [modifier] Appréciations sur son fonctionnementElle est surtout d'inspiration démocrate chrétienne mais également laïque (les républicains, les socialistes et même les communistes ayant participé à sa rédaction). D'ailleurs, dans son article 1er, la République est dite fondée sur le travail, ce qui en fait une des rares constitutions au monde à être travailliste. En revanche, ont été écartées les dispositions de nature à favoriser la réémergence du fascisme et de tout système de type autoritaire. C'est en conséquence, un régime parlementaire bicaméral et paritaire, où l'exécutif est, par nature, fragile et instable. L'autorité judiciaire est renforcée par l'existence d'un Conseil supérieur de la magistrature. Après avoir été souvent célébrée par de nombreux auteurs et spécialistes du droit constitutionnel, et ce, malgré l'instabilité politique qu'elle a souvent représentée, défendue par le politologue Giovanni Sartori, son fragile équilibre a été profondément touché par la modification du système électoral, intervenue en 1993 après un référendum populaire, avec l'entrée en vigueur de la Legge Mattarella[1], qui a introduit un mode de scrutin mixte (75 % majoritaire et 25 % à la proportionnelle), mais surtout par l'affaire dite des Mani pulite (Mains propres) qui a entraîné une recomposition en profondeur du paysage des partis politiques italiens, la disparition de la Démocratie chrétienne et, pour d'autres raisons, du Parti communiste italien, l'émergence à leur place de Forza Italia et de L'Olivier et d'autres partis nouveaux ou renovés. [modifier] Projet de réforme constitutionnelle majeure avortéLe Parlement italien après avoir approuvé (le 16 novembre 2005) une nouvelle loi constitutionnelle qui modifie en profondeur les dispositions de l'actuelle Constitution et aurait entraîné, si elle n'avait pas été rejetée par un référendum les 25 et 26 juin 2006, la naissance d'une République fédérale avec un exécutif nettement plus fort. Parmi les principales dispositions du projet de loi constitutionnelle, avorté, on peut citer les suivantes, non exhaustives (une cinquantaine d'articles étant modifiés par ce projet de loi) :
La nouvelle majorité sortie des urnes en avril 2006 (L'Union) a appelé à voter "non" lors du référendum de confirmation où aucun quorum ne sera alors requis (même si plus de 53 % des votants). Ce référendum a eu lieu juin 2006. [modifier] Principes fondamentauxFruit d'un compromis, ce compromis entre la gauche marxiste et démocrate-chrétienne, porte d'abord sur la philosophie des institutions. La Constitution met l'accent sur les droits économiques et sociaux et sur leur garantie effective. Elle s'inspire aussi d'une conception antiautoritaire de l'État avec une défiance marquée pour un pouvoir exécutif fort et une confiance dans le fonctionnement du système parlementaire. Elle permet aussi, grâce à la modération des marxistes, d'entériner les accords du Latran et de permettre d'accorder une autonomie régionale, d'autant plus marquée que le particularisme local est fort (dans les îles et les régions à fortes minorités linguistiques). Mais cette Constitution était incomplète : faute de temps, des autorités prévues furent renvoyées à des lois constitutionnelles ultérieures. La Cour constitutionnelle ne verra le jour qu'en 1955 (élection des juges sur la base d'une loi de 1953) ; le Conseil supérieur de la magistrature (loi de 1958) ; les régions ordinaires en 1970 (alors que quatre régions à statut spécial sont créées dès 1948 et le Frioul-Vénétie julienne en 1963) ; le référendum abrogatif (loi du 15 mai 1970). La Constitution italienne est donc entrée en vigueur progressivement (en raison du caractère programmatique de certaines dispositions mais également en raison des retards du législateur). Cette progressivité et ces retards n'ont pas été sans effets sur le fonctionnement effectif et régulier du régime. [modifier] Texte (début)Début du texte français de la Constitution, pour avoir une première approche des principes fondamentaux (traduction officieuse). Principes Fondamentaux Art.1: L'Italie est une République démocratique, basée sur le travail. La souveraineté appartient au peuple qui l'exerce dans les formes et dans les limites de la Constitution. Art.2: La République reconnaît et garantit les droits inviolables de l'homme, soit en tant qu'individu, soit dans les organisations sociales où se déroule sa personnalité, et requiert la réalisation des devoirs incontournables de solidarité politique, économique et sociale. Art.3: Tous les citoyens disposent d'une identique dignité sociale et sont égaux devant la loi, sans distinction de sexe, de race, de langue, de religion, d'opinions politiques, de conditions personnelles et sociales. C'est un devoir de la République d'enlever les obstacles d'ordre économique et social qui, en limitant de facto la liberté et l'égalité des citoyens, en empêchent le plein épanouissement de la personne humaine et la participation effective de tous les travailleurs à l'organisation politique, économique et sociale du Pays. Art.4: La République reconnaît à tous les citoyens le droit au travail et promeut les conditions qui rendent effectif ce droit. Chaque citoyen a le droit d'exercer, selon ses propres possibilités et son propre choix, une activité ou une fonction qui concourt au progrès matériel ou spirituel de la société. Art.5: La République, une et indivisible, reconnaît et promeut les autonomies locales; elle développe dans les services qui dépendent de l'État la plus ample déconcentration administrative; adapte les principes et les méthodes de sa législation aux exigences de l'autonomie et de la décentralisation. Art.6: La République protège avec des normes adaptes les minorités linguistiques. Art.7: L'État et l'Église catholique sont, chacun dans son propre ordre, indépendents et souverains. Leurs rapports sont réglés par les Accords du Latran. Les modifications des Accords, acceptées par les deux parties, n'exigent pas de procéder à la révision constitutionelle. Art.8: Toutes le confessions religieuses sont également libres devant la loi. Les confessions religieuses autres que la catholique ont le droit de s'organiser selon ses propres statuts, de sorte que ne contrastent pas avec les regles juridiques italiennes. Leurs rapports avec l'État sont reglés par loi d'après les accords avec leurs différents réprésentants. Art.9: La République promeut le développement de la culture et la recherche scientifique et technique. Elle protege les sites et sauvegarde le patrimoin historique e artistique de la Nation. Art.10: Les regles juridiques italiennes s'adaptent aux normes du droit international généralement reconnus. La condition juridique de l'étranger est déterminée par la loi en conformité des normes et des traités internationaux. L'étranger auquel est empêché dans son pays l'effectif exercice des libertés democratiques garanties par la Constitution italienne, a le droit d'asile dans le territoire de la République, selon les conditiones établies par la loi. N'est pas admise l'extradition de l'étranger pour crimes politiques. Art.11: L'Italie répudie la guerre comme instrument d'offense à la liberté des autres peuples et comme moyen de résolution des controverses internationales; consent, en condition de parité avec les autres États, aux limitations de souverainité nécessaires pour des regles qui assurent la paix et la justice entre les Nations; promeut et soutient les organisationes internationales tendant vers ce but. Art.12: Le drapeau de la République est le tricolore italien: vert, blanc et rouge, en trois bandes verticales d'égales dimensions. [modifier] Révisions constitutionnellesLe texte originaire de la Constitution a subi quelques révisions, adoptées selon la procédure prévue par l'art. 138 de ladite Constitution. Les lois de révision sont les suivantes :
En ce qui concerne les autres lois constitutionnels, un premier ensemble concerne l'approbation ou la modification des statuts des Régions autonomes (statut spécial), dont certains ont été approuvés en février 1948 par la Constituante. Il s'agit des lois suivantes :
Un dernier ensemble concerne les lois qui introduisent des normes de nature constitutionnelle, parfois en dérogation à celles prévues par la constitution. Parmi celles-ci, peuvent être incluses même la loi constit. du 22 novembre 1967 (n° 2) et la loi constit. du 16 janvier 1989 (n° 1) déjà citées). Mais il s'agit aussi des lois suivantes :
[modifier] Texte en français de la Constitution
[modifier] Texte en italien
[modifier] Notes et références
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