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Burushaski
La langue burushaski (francisée en bourouchaski [1]; en ourdou بروشسکی - burū́šaskī) est un isolat parlée par environ 87 000 personnes (en 2000) dans les vallées des rivières Hunza, Nagar et Yasin, dans la partie la plus septentrionale du Pakistan. Quoiqu'elle ait incorporé un certain nombre de mots issus de langues géographiquement voisines (en particulier l'ourdou, le khowar, et le shina), elle recèle un vocabulaire propre assez original pour être distinguée de ces voisines. Les aires linguistiques du burushaski sont séparées par une centaine de kilomètres et représentent trois dialectes distincts, l'intercompréhension étant possible.
[modifier] Origines et classificationL'origine de cette langue reste mystérieuse. Des propositions ont été faites pour relier le burushaski au sumérien, au basque, ainsi qu'aux familles caucasienne et dravidienne ; aucune n'a cependant réussi à faire l'unanimité des linguistes. C'est sans doute parce que la parenté à rechercher doit l'être sur une échelle plus vaste qu'une seule famille linguistique comme le pense le bascologue et comparatiste Michel Morvan. Une théorie soutient que lors de l'expansion de son empire, Alexandre le Grand aurait donné l'ordre à ses troupes d'établir un camp dans la région de Hunza, il semblerait que certains mots aient une racine commune avec le macédonien, ce qui expliquerait pourquoi il existe deux dialectes burushaski.[réf. nécessaire] Récemment,[2] un rapprochement a été proposé entre le burushaski et les langues ienisseïennes. Le burushaski est une langue ergative de type SOV. Le système de numération est vigésimal, avec la particularité de construire les nombres 30, 50, 70 et 90 sur le même modèle que « quatre-vingt-dix » en français.
[modifier] PhonologieLe burushaski utilise 34 consonnes et 5 voyelles. Ces dernières ( /a, e, i, o, u/ ) peuvent être longues ou brèves, avec des variantes supplémentaires pour les voyelles longues. [modifier] Lexique (exemples)
[modifier] Grammaire[modifier] Le nomLe burushaski distingue morphologiquement quatre classes nominales, la logique de la répartition des noms entre ces classes étant dans l'ensemble plutôt respectée :
Il existerait (selon Dick Grune) quatre nombres : singulier, pluriel, indéfini (comme en basque par exemple) et collectif, la forme collective pouvant se mettre au pluriel (« double pluriel »). Toutefois Ernst Kausen n'indique que le singulier et le pluriel. Le pluriel se construit au moyen de divers suffixes, mais les règles comportent un grand nombre d'exceptions. Le burushaski distingue trois cas primaires (selon Dick Grune) : absolutif, oblique et génitif, cinq selon Ernst Kausen, qui signale en outre le datif et l'ablatif. S'y ajoutent trois cas secondaires (spatiaux), à savoir, dans la terminologie de Kausen : le locatif, le terminatif et le séparatif, qui se construisent à partir de la forme oblique. Les termes désignant des parties du corps et les termes de parenté, entre autres, sont obligatoirement précédés d'un préfixe possessif (comme en navajo ou en hopi par exemple). Pour les noms n'exigeant pas de préfixe possessif, la possession s'exprime en faisant précéder le nom d'un pronom personnel au génitif. [modifier] Les pronoms personnelsA la troisième personne (singulier et pluriel), il existe 4 formes pronominales, correspondant aux 4 classes nominales ; de plus, il existe pour chacun d'entre eux une forme exprimant la proximité et une autre l'éloignement. Au cas oblique, on trouve en outre une forme courte pour chaque personne. [modifier] Le verbeLa morphologie verbale du burushaski est très complexe. Elle tient compte des catégories suivantes [3]:
et possède un système à 11 positions possibles (slots), ces positions ne pouvant toutefois être toutes occupées dans une même forme verbale :
Exemple de construction : verbe transitif phus (lier), au prétérit (les slots occupés sont 3, 5, 8, 9 et 10) :
[modifier] Bibliographie
[modifier] Notes et références
[modifier] Liens externes
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