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Baccalauréat (France)Créé dans sa version moderne sous Napoléon Ier par le décret organique du 17 mars 1808, le baccalauréat (appelé familièrement bac, et, anciennement, bachot) est le premier grade universitaire en France. On le passe à la fin de l'enseignement secondaire, ou en candidat libre, et il ouvre la voie à l’enseignement supérieur.
[modifier] Organisation en 2008[modifier] GénéralitésMême s’il est possible de passer les épreuves en tant que candidat libre, cet examen est conçu pour être la fin des enseignements ayant lieu au lycée. Les sessions d’examen ont lieu à la fin de l’année[1], au mois de juin. [modifier] FilièresLe baccalauréat peut se passer dans de nombreuse filières, qui peuvent être de trois types principaux : [modifier] Le baccalauréat généralD’un point de vue légal, le but du baccalauréat général est de vérifier « un niveau de culture défini par les enseignements des lycées » d’une part et de contrôler les « connaissances dans des enseignements suivis par l'élève en dernière année » (c’est-à -dire en terminale) d’autre part[2]. Il y a 3 séries[3] :
Ce diplôme ne permet pas l’insertion professionnelle mais permet de continuer ses études à l’université ou en classe préparatoire aux grandes écoles. Les titulaires d’un bac général peuvent aussi poursuivre dans des filières technologiques et tenter d’obtenir un BTS ou un DUT. [modifier] Le baccalauréat technologiqueLe baccalauréat technologique est organisé pour permettre soit l’entrée dans la vie active, soit de poursuivre dans l’enseignement supérieur[4]. Il y a 7 séries[5]:
[modifier] Le baccalauréat professionnelLe baccalauréat professionnel permet une insertion rapide dans la vie active ainsi que de poursuivre des études supérieurs courtes (BTS-DUT). Il comporte de nombreuses filières, allant de l'Aéronautique à la Vente. [modifier] Sections spéciales[modifier] Les épreuves (Bac général ou technologique)Les baccalauréats généraux et technologiques comprennent des épreuves obligatoires et des épreuves facultatives (deux au maximum). On distingue deux groupes d’épreuves, le premier que tous les candidats passent et le second pour les « épreuves de contrôles » familièrement appelées « rattrapages ». Il peut y avoir des épreuves anticipées, c’est-à -dire à la fin de la classe de première, comme l'épreuve de français ou des épreuves « en cours de formation » comme l'éducation physique et sportive[6]. Pour chaque épreuve est attribuée une note entre 0 et 20 en points entiers. L’absence à une épreuve est équivalente à la note 0. En faisant la moyenne pondérée des notes, on obtient la note finale. Si celle-ci est supérieure à 10, le diplôme est attribué. Entre 8 et 10 le candidat doit passer le second groupe d’épreuves[7]. Toutefois la décision revient à un jury qui prend en compte également les éléments du livret scolaire[8]. Il existe une seconde session d’examen qui se déroule en septembre. Contrairement à ce qui se passe dans les universités, cette seconde session n’est pas destinée aux candidats ayant raté la première mais réservé à ceux ayant eu un empêchement grave.[9]. [modifier] Les mentionsLes mentions ne concernent que les élèves qui ont obtenu une moyenne supérieure ou égale à 12 à l’issue du premier groupe[10].
Les « félicitations du jury » ne constituent pas une mention. Cette distinction supérieure à la mention très bien n'existe pas officiellement, même si ce terme est souvent employé, que ce soit par les journaux, ou même les enseignants ou les élèves. Il arrive que le président du jury ajoute cette mention de façon manuscrite sur le relevé de notes du baccalauréat. Il est généralement considéré (probablement tout aussi arbitrairement) qu'une moyenne supérieure ou égale à 18 équivaut à l'attribution des "félicitations du jury". Une moyenne supérieure à 16 peut entraîner une récompense de la part des institutions (préfectures etc.). Sous le premier septennat de François Mitterrand, les mentions ont été supprimées un temps, puis rétablies. On entend parfois parler d'une mention « passable » pour les élèves dont la moyenne est supérieure ou égale à 10 et inférieure à 12, mais aucune mention n'apparaît sur le diplôme obtenu avec une telle note. Les trois mentions ci-dessus ont des équivalents latins. Ceux-ci sont inusités en France pour le baccalauréat, mais, du fait qu'elles sont utilisées dans de nombreux pays d'Europe et en Amérique du Nord, leur usage commence à se répandre pour les diplômes universitaires. Ce sont :
Il existe une mention spéciale "classe européenne" qui est ajoutée au diplôme si le candidat réussit une épreuve orale supplémentaire dans une langue étrangère européenne, après avoir suivi des cours de DNL (discipline non linguistique), c'est-à -dire des cours d'une autre matière (souvent mais pas forcément l'histoire-géographie) dans cette langue. [modifier] Caractère universitaire du diplôme
Le baccalauréat n'est pas seulement le diplôme terminal des études secondaires puisqu'il s'agit aussi du premier grade universitaire[11]. Cela a plusieurs conséquences pratiques :
[modifier] Niveau terminale et bacSi un lycéen a échoué au bac avec moins de 8/20 de moyenne, il a le « niveau terminale ». S'il a échoué au second groupe d'épreuves (rattrapages), avec une note moyenne au moins égale à 8/20, il a le « niveau bac » et reçoit le certificat de fin d'études secondaires[14]. [modifier] Accès aux études universitairesLe diplôme d'accès aux études universitaires (DAEU) s'adresse aux non-bacheliers qui ont interrompu leurs études initiales depuis 2 ans et sont âgés au moins de 20 ans. [modifier] Statistiques
[modifier] Le bac dans la sociétéL’examen est tous les ans très médiatisé. Le fait d’avoir le bac fait partie du passage à l’age adulte, un peu comme le permis de conduire. De nombreuses personnalités n'ont pas eu le bac. C'est notamment le cas de Pierre Bérégovoy, André Malraux, Georges Marchais, Antoine Pinay, Marcel Bleustein-Blanchet, Alain Delon, Gérard Depardieu, Sacha Guitry, Michel Drucker, du général Bigeard et de Jean-Pierre Pernaut[17], Jacques Weber. [modifier] Équivalence internationaleIl est l’équivalent de l'Abitur en Allemagne, de la Matura en Autriche, de la Maturità en Italie, de la Maturité/Matura/Maturità en Suisse, du Certificat d'enseignement secondaire supérieur en communauté française de Belgique, du A-level au Royaume-Uni, du High school diploma aux États-Unis, de la Selectividad en Espagne, du gymnasieexamen en Suède, du ylioppilastutkinto/studentexamen en Finlande et d'un diplôme d'études collégiales (DEC) au Québec. Il ne doit pas être confondu avec le bachelor’s degree du système anglo-saxon ou le baccalauréat belge qui sont des diplômes universitaires. [modifier] Histoire du baccalauréat en France[modifier] Du Moyen Âge à la Révolution françaiseLes premiers baccalauréats datent en France du XIIIe siècle avec l'apparition de l'Université de Paris. Le baccalauréat est alors conféré dans les quatre facultés : faculté des arts, de médecine, de droit et de théologie. Il s'agit alors du premier grade obtenu dans chacune de ces facultés, la faculté des arts étant généralement un préalable aux autres facultés. Le bachelier peut ensuite préparer la licence afin d'obtenir le droit d'enseigner (licencia docendi : permission d’enseigner). En tant que bachelier, il peut assister un professeur pour l'enseignement en direction des candidats au baccalauréat en étant en charge des cours dit « extraordinaires ». [modifier] La réforme napoléonienneAprès la Révolution française qui supprime les universités, le baccalauréat a été réorganisé pour les cinq disciplines d'alors (sciences, lettres, droit, médecine, théologie) par Napoléon Ier en 1808, avec les deux autres grades, la licence et le doctorat. Le baccalauréat devient alors un grade d'État. Le décret du 17 mars 1808 fixe les règles à suivre pour obtenir ces grades. Les deux nouveaux baccalauréats, baccalauréat ès lettres et baccalauréat ès sciences, s'inscrivent dans l'héritage de la maîtrise ès arts. Les baccalauréats de chaque discipline ne sont pas de même niveau, ainsi le baccalauréat ès lettres est un préalable à la présentation aux épreuves des autres baccalauréats. Le baccalauréat en droit est obtenu après deux années d'études dans la faculté de droit. En 1808 il n'y eut que 21 bacheliers. En 1830, est introduite la première épreuve écrite et, en 1840, des mentions très bien, bien et assez bien. À partir de 1852, les baccalauréats ès lettres et ès sciences deviennent symétriques, alors qu'auparavant le baccalauréat ès lettres précédait le baccalauréat ès sciences, divisé en baccalauréat ès sciences physiques et ès sciences mathématiques. Il y avait au XIXe siècle suffisamment peu de candidats pour que les professeurs de l'université fassent eux-mêmes passer les épreuves, comme on le voit dans « Le Bachelier » de Jules Vallès. Ainsi, en 1885, il y avait pour l'Académie de Paris 878 bacheliers reçus au premier baccalauréat, et 776 au second baccalauréat[18]. En 1902, des enseignants du secondaire partagent les places au jury avec les universitaires pour la première fois. [modifier] Baccalauréat ès lettresSelon l'arrêté du 10 avril 1852 et le règlement du 5 septembre 1852, pour pouvoir subir les épreuves du baccalauréat ès lettres devant une faculté des lettres, il faut avoir au moins seize ans. L'examen se compose d'une épreuve écrite et d'une épreuve orale. La première épreuve comprend une version latine, une composition latine ou une composition française suivant le sort. Les sujets sont choisis par le doyen de la faculté. La note à l'épreuve écrite détermine la poursuite de l'examen. L'épreuve orale consiste en une explication de textes grecs, latins et français, puis une interrogation sur la logique, l'histoire et la géographie, l'arithmétique, la géométrie et la physique élémentaire. Les bacheliers ès sciences sont dispensés de la partie scientifique des épreuves. [modifier] Baccalauréat ès sciencesSelon l'arrêté du 10 avril 1852, l'examen se compose de deux épreuves, une épreuve écrite, comprenant deux compositions et une épreuve orale où le candidat doit répondre sur tout l'enseignement de la section scientifique des lycées. Les parties les plus élevées des mathématiques, de la physique, de la chimie et de l'histoire naturelle, qui étaient comprises dans les anciens programmes du baccalauréat ès sciences physiques, sont reportées à l'examen des trois licences ès sciences. Les étudiants des facultés de médecine et des écoles supérieures de pharmacie sont dispensés du baccalauréat ès lettres et doivent être bachelier ès sciences. Selon les lois des 15 mars 1850 et 14 juin 1854; les décrets des 22 août 1854 et 23 août 1858; les arrêtés des 7 août 1857, 15 juillet 1858 et 24 janvier 1859 : pour être admis à l'examen du baccalauréat ès sciences complet, il faut être âgé de 16 ans. L'examen se compose d'une épreuve écrite et d'une épreuve orale. L'épreuve écrite comprend une version latine, une composition de mathématiques et une de physique. L'épreuve orale comprend des explications d'ouvrages latins, français, allemands ou anglais et des interrogations sur les matières du programme concernant la logique, l'histoire géographie, les mathématiques pures et appliquées, les sciences physiques et les sciences naturelles. Les bacheliers ès sciences sont dispensés des épreuves littéraires. Les facultés des sciences tiennent annuellement trois sessions d'examen. Le baccalauréat ès sciences restreint comprend une composition d'histoire naturelle au lieu de la composition de mathématiques. Il est destiné aux futurs étudiants en médecine. [modifier] Baccalauréat en droitLe baccalauréat en droit sanctionnait les deux premières années d'études dans les facultés de droit. Il fut remplacé en 1962 par le diplôme d'études juridiques générales.[19] [modifier] Baccalauréat de l'enseignement du second degréAu cours du XIXe siècle deux groupes de baccalauréats se distinguent : les baccalauréats ès lettres et ès sciences que l'on prépare au sein des lycées, et les trois autres baccalauréats qui sont des grades intermédiaires des études supérieures menant à la licence. En 1927 les baccalauréats ès lettres et ès sciences sont remplacés par le baccalauréat de l'enseignement du second degré dont les épreuves demeureront cependant durant longtemps encore organisées par les facultés des lettres et sciences humaines et les facultés des sciences. Il a connu plusieurs paliers dans sa diffusion parmi la population. Il était initialement destiné aux enfants de la bourgeoisie, et plus particulièrement aux jeunes de sexe masculin. La première femme à passer le baccalauréat est Julie-Victoire Daubié en 1861. Mais c’est à partir de 1924, lorsque les programmes secondaires pour garçons et filles deviennent identiques, que le baccalauréat s’ouvre largement aux filles. L'épreuve anticipée de français en classe de première est instituée en 1965, les filières A, B, C, D et E (remplacées en 1993 par les filières S, L et ES), ainsi que technologiques sont mises en place en 1968. Le bac professionnel est établi en 1985. Le second palier dans la hausse du nombre de bacheliers intervient à partir des années 1930, quand le lycée public devient gratuit (il était payant auparavant, sauf pour quelques rares boursiers comme Marcel Pagnol ou Georges Pompidou, par exemple). Cependant l’explosion du nombre de bacheliers intervient réellement à partir des années 1960-1970, quand le primaire supérieur (la partie du système scolaire réservée aux familles modestes) est supprimé au profit du collège unique. Le but à atteindre, proclamé en 1985 par le ministre de l’Éducation nationale Jean-Pierre Chevènement, était d'amener 80% d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat. Cet objectif fut ramené à 74% ultérieurement. En 2008, environ 64 % d'une génération est titulaire du baccalauréat. En 2007, 54 % des bacs obtenus sont des bacs généraux, 26 % des bacs technologiques et 20 % des bacs professionnels. Le baccalauréat est ainsi passé en un peu plus d’un siècle et demi d’un diplôme élitiste et bourgeois, sélectionnant les futurs cadres de la nation, à un diplôme de base, indispensable à toute formation et à toute carrière professionnelle, remplacé dans son rôle précédent par exemple par les concours d'entrée aux grandes écoles. [modifier] Notes et références
[modifier] Voir aussi[modifier] Articles connexes
[modifier] Liens externes
[modifier] Bibliographie |
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