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AztèquesÀ l'époque de l'arrivée des Espagnols au début du XVIe siècle, les Aztèques étaient à la tête du plus grand empire qui ait jamais existé en Mésoamérique. Cette tribu chichimèque, qui faisait partie du grand groupe des peuples de langue nahuatl, s'était sédentarisée tardivement dans la vallée de Mexico, sur un îlot marécageux du lac Texcoco, le reste de la vallée étant déjà occupée par d'autres groupes ethniques. En moins de deux siècles, ils atteignirent un niveau de civilisation parmi les plus avancés d'Amérique et transformèrent la petite cité de Mexico-Tenochtitlan en immense métropole qui dominait, avec les autres membres de la Triple alliance, un empire occupant la majeure partie du centre et du sud de l'actuel Mexique (du territoire huaxtèque au nord jusqu'à l'isthme de Tehuantepec au sud).
[modifier] EthnonymesLe peuple aztèque s'est lui-même désigné, dans sa langue (le nahuatl), par plusieurs ethnonymes différents :
Les chroniques espagnoles du XVIe siècle ont le plus souvent traduit indifféremment les termes Mexitin et Mexica par Mexicanos (« Mexicains »)[7]. [modifier] HistoireLes peuples nahuas commencèrent à quitter le Nord du Mexique actuel au VIe siècle de notre ère et s’installèrent en Mésoamérique. Ils peuplèrent le centre du pays et finirent par se mélanger avec les populations locales. Pendant l’époque postclassique, ils aménagèrent le site de Tula. Au XIIe siècle, le centre du pouvoir nahua était Azcapotzalco, foyer de la domination des Tépanèques sur la vallée de Mexico. C’est à cette époque que la tribu des Mexicas arriva dans le centre du Mexique. [modifier] Des origines obscures
Détail du Codex Boturini qui représente Aztlan avec à droite le glyphe 1 Silex.
L’origine historique des Mexicas demeure incertaine ; elle se rattache aux tribus du nord qui migrèrent vers le sud : les Toltèques arrivent vers le IXe siècle et fondent la cité de Tula. Celle-ci finit par disparaître au XIIe siècle. Puis les Chichimèques arrivent à leur tour, parmi lesquels les Mexica sont les derniers : ils sont considérés comme des barbares par les peuples du centre du Mexique, qui étaient organisés en tribus de chasseurs-cueilleurs[8]. Ces peuples venus du Nord apportent leur langue (le nahuatl), de nouvelles croyances astrales, la pratique des sacrifices humains et une organisation militariste de la société[9]. D’après leurs récits légendaires, la tribu Mexica venait d’Aztlán, un endroit qui devait se situer quelque part au nord-ouest du Mexique actuel[10] peut-être dans l'état de Nayarit[11]. Certains historiens pensent qu’Aztlán se trouvait au sud-ouest des États-Unis actuels[8]. D’autres estiment qu’il s’agit d’un lieu mythique car le mot « Aztlán » peut être traduit par « l’endroit des origines ». Cette cité mystérieuse était construite sur une île qui aurait donné son nom à ce peuple. Leur départ semble se faire en l'an 1-couteau de silex (1116) ou peut-être au moment de la chute de Tula en 1168[12]. Guidés par le dieu Huitzilopochtli, ils erreront pendant plusieurs générations avant de se fixer sur le site actuel de Mexico. Les Mexicas seraient passés par le Chicomoztoc (« lieu des sept cavernes » en nahuatl) d'où différentes tribus seraient parties les unes après les autres, et notamment les Toltèques, mais aussi par Tula[12]. L’histoire légendaire des migrations mexicas est relatée dans plusieurs codex comme le codex Aubin ou le codex Boturini. Ces documents semblent indiquer que les Mexicas arrivèrent à Chapultepec vers 1248[13]. Au XIVe siècle, la région du plateau central mexicain comptait 28 cités-états[14] : les plus puissantes étaient Culhuacan au sud, d'origine toltèques) et Azcapotzalco à l’ouest (d'origine incertaine). Ces cités-états étaient tantôt en état de guerre, tantôt alliées. Établis à Chapultepec, les Mexicas tombèrent sous la domination des Colhuacas. Les Tépanèques d’Azcapotzalco expulsèrent les Mexicas de Chapultepec. Ces derniers ne tardèrent pas à se révolter et sauvèrent leur vie en se réfugiant dans les zones marécageuses du lac. En 1299, Cocoxtli, le dirigeant de Culhuacan les autorisa à se fixer sur les terres pauvres de Tizapan[15], où ils se mélangèrent à la culture Culhuacan. [modifier] Fondation de Tenochtitlan et de la Triple Alliance
Le blason du Mexique reprend le glyphe aztèque symbolisant la fondation de Mexico-Tenochtitlan.
En 1323, les Mexicas auraient vu un aigle perché sur un cactus serrant dans ses griffes une figue de barbarie (tenochtli en nahuatl)[16] (ou un serpent selon les sources plus récentes[17],[15]). Cette vision fut interprétée par les prêtres comme un message surnaturel du dieu Huitzilopochtli leur indiquant qu’il leur fallait s’établir à cet endroit et qu’ils allaient fonder un puissant empire. Les Mexicas fondèrent la ville de Tenochtitlan sur une petite île marécageuse au milieu du lac Texcoco, l'année 2-maison (1325)[18]. En 1375, ils élirent leur premier chef (Huey Tlatoani), Acamapichtli, qui venait de Colhuacan et appartenait à une dynastie toltèque[19]. Jusqu’en 1428, les Mexicas restèrent soumis à l’État d’Azcapotzalco, qui était devenu une puissance régionale, sans doute la plus importante depuis les Toltèques. Le troisième chef mexica, Chimalpopoca, était un vassald’Azcapotzalco[19]. Maxtla, fils de Tezozomoc, assassina Chimalpopoca en 1428. Son successeur, Itzcoatl, s’allia avec le chef exilé de Texcoco, Nezahualcoyotl afin de vaincre Maxtla[20]. Cette coalition, que Tlacopan rejoignit par la suite est appelée la Triple alliance aztèque ou ligue des trois villes[21]. Elle réussit à imposer sa domination sur la vallée de Mexico et étendit son influence du golfe du Mexique au littoral du Pacifique. Et Tenochtitlan devint progressivement l’État le plus puissant sur le plateau central du Mexique. Deux souverains de Texcoco surent garder son influence à la troisième ville de la Triple Alliance qui devint la capitale intellectuelle de l'empire : Nezahualcoyotl, protecteur des arts et des sciences et Nezahualpilli, qui mit en application les idéaux de son père Nezahualcoyotl. L'empereur aztèque (tlatoani) devint un véritable souverain à la mort de Nezaualcoyotl en 1472[22]. Les deux principaux architectes de l’empire aztèque furent les demi-frères Tlacaelel et Moctezuma I (1440-1469), qui étaient aussi les neveux d’Itzcoatl. Moctezuma I succéda à Itzcoatl comme Hueyi Tlatoani en 1440 ; il étendit la domination aztèque sur les états actuels de Guerrero, Puebla et Oaxaca[10]. Tlacaelel, qui était une sorte de vice-empereur, réforma l’État et la religion. Selon certaines sources, il aurait ordonné de brûler les livres aztèques au motif qu’ils contenaient des mensonges. Il fit réécrire l’histoire de son peuple qui devenait une nation mythique et qui aurait été toujours puissante. Tlacaelel serait également à l’origine des rituels guerriers (guerre fleurie) mais aussi de la nécessité de sacrifices permanents pour perpétuer la course du soleil. [modifier] Conquête espagnoleL’empire aztèque connut son apogée sous le règne d’Ahuitzotl entre 1486 et 1502[10]. En moins de 200 ans, l’humble peuple nomade chassé par plus puissant que lui était devenu le maître de la vallée de Mexico et de ses environs. Les Mexicas attribuaient leur succès à Huitzilopochtli et adoraient conter la glorieuse épopée de leur longue errance dans le désert. L'« empire » qu'ils bâtirent rapidement et la soumission des nations occupant ce territoire trouvait leur légitimité dans le fait que les Tenochcas (autre nom pour désigner les Aztèques) étaient d'après eux-mêmes le peuple élu du soleil pour diriger le « monde ». Le successeur d’Ahuitzotl, Motecuzōma Xocoyotzin (plus connu sous le nom de Moctezuma II), poursuivit l'organisation administrative de l'empire[23]. Il était Hueyi Tlatoani depuis 17 ans lorsque le conquistador Hernán Cortés débarqua sur les côtes mexicaines au printemps 1519. Ce dernier conclut une alliance avec la confédération de Tlaxcala qui était depuis longtemps ennemie des Aztèques. Les Espagnols et leurs alliés amérindiens arrivèrent devant Tenochtitlan le 8 novembre 1519. Moctezuma les accueillit d’abord pacifiquement ; puis la méfiance et l’hostilité s’installèrent pour culminer avec le massacre du Templo Mayor et la mort du chef aztèque. Les conquistadores durent fuir la ville le 1er juillet 1520 après les affrontements de la Noche Triste (« la nuit triste »). Ils revinrent pour assiéger Tenochtitlan avec leurs alliés amérindiens au printemps 1521. Le 13 août, ils entrèrent dans la cité et la réduirent à néant. Après la mort de Moctezuma II, l’empire aztèque tomba entre les mains d’empereurs affaiblis comme Cuitláhuac ; puis il fut dirigé par des chefs fantoches comme Andrés de Tapia Motelchiuh, choisi par les Espagnols. L'exécution de Cuauhtemoc en 1524 marque la fin de l'Empire aztèque[23]. Le déclin de l’empire aztèque provoqua la libération des autres cultures amérindiennes du centre du Mexique. Les dignitaires aztèques furent considérés comme des nobles par les conquérants et furent respectés comme tels. Les Tlaxcalans restèrent fidèles aux Espagnols et participèrent aux autres conquêtes menées par Cortés et ses hommes. [modifier] Les causes de la défaiteLa rapidité de la conquête espagnole s’explique par diverses causes. Tout d’abord, les conquistadores possédaient un armement supérieur : cuirasses d'acier, arquebuses, canons, cavalerie. Les Aztèques se battaient avec des armes en obsidienne et en silex, des boucliers et des protections légères ornées de plumes. Ensuite, il convient de souligner la supériorité tactique des Espagnols : en effet, les conquistadors sont pour une grande partie d'entre eux des vétérans des guerres d'Italie. Ils ont une solide expérience des combats, en dépit de leur méconnaissance du terrain et de leur faible nombre (compensé en partie par leurs alliés totonaques, tlaxcaltèques, otomis, mécontents de la domination mexica). Par ailleurs, les Espagnols combattent pour éliminer l'ennemi du combat (de façon temporaire ou définitive), alors que les Aztèques tentent de faire des prisonniers en vue de sacrifices futurs pour les dieux. Ces derniers avaient des règles et des rituels précis liés à la guerre. Chaque faction prévenait l'autre de son attaque prochaine et lui fournissait même des armes (souvent en quantité plus symbolique qu'utile). D'ailleurs une guerre ne se terminait jamais par un massacre généralisé ou un asservissement total. Les gagnants et les perdants discutaient ensemble des conditions de soumission, des tributs à payer, etc... Les Espagnols combattaient pour détruire la culture du peuple aztèque et n'avaient que faire de ces règles. Ils pratiquèrent le pillage et n'hésitèrent pas à tuer. Cette guerre fut avant tout un affrontement idéologique entre deux cultures très différentes[24]. L'indécision initiale de Moctezuma qui croyait assister au retour de Quetzalcoatl était hanté par l'antique prophétie et par de mauvais présages, se prépara à livrer son empire : Quetzalcoatl devait revenir l'année ce-acatl (du roseau) et Cortés débarqua une année ce-acatl[25]. Le facteur de surprise et de peur n’est pas à négliger pour expliquer l’effondrement aztèque. Devant l'ennemi et leurs nouvelles technologies, les différents peuples amérindiens du continent faisaient face à une nouvelle domination. Le bruit du tonnerre entre les mains, les conquistadores maîtrisaient les foules. Devant la destruction des lieux sacrés, la profanation des cultes et l'élimination des différentes idoles, l'absence de réponse divine ne faisait qu'accentuer le pouvoir des Espagnols et la peur des conquis. Enfin, la variole, maladie transportée d'Europe en Amérique par les Espagnols, affaiblit considérablement les Aztèques. [modifier] Déclin démographique (période coloniale)En 1520-1521, une épidémie de variole toucha les habitants de Tenochtitlan et fut l’un des principaux facteurs de la chute de la ville au moment du siège. En effet, on estime entre 10 à 50 % la part de la population de la cité morte à cause de cette maladie. Deux autres épidémies affectèrent la vallée de Mexico : la variole en 1545-1548 et le typhus en 1576-1581. Il est néanmoins difficile de dresser avec exactitude un bilan démographique au XVIe siècle. Mais les maladies apportées par les Européens et pour lesquelles les Amérindiens n’étaient pas immunisés ont provoqué des millions de morts. La population totale du centre du Mexique a peut-être diminué de 80 % en une soixantaine d’années[26]. [modifier] L'État aztèque[modifier] Geographie de l'Empire aztèque[modifier] Organisation et fonctionnement de l'Empire aztèqueÀ la veille de la conquête espagnole, l'Empire aztèque était divisé en 38 provinces plus ou moins assujetties, qui constituaient des cadres économiques et de perception du tribut[27]. Il était composé de plusieurs ethnies différentes les unes des autres, dont certaines ne parlaient pas le nahuatl[25]. Il ne formait pas un ensemble territorial cohérent : par exemple, la région méridionale et périphérique de Xoconochco ne se trouvait pas en contact direct avec le centre de l’empire. Tlaxcala au centre, Metztitlan au nord et Teotitlan au sud, étaient des enclaves indépendantes à l'intérieur de l'empire aztèque[28]. Les frontières étaient surveillées par des garnisons et protégées par quelques fortifications comme à Oztoman[29]. D’après Alexander J. Motyl[30], l’Empire aztèque était de nature informelle ou hégémonique car il n’exerçait aucune autorité suprême sur les territoires conquis et n’attendait que le tribut soit payé : balles de coton, plumes de quetzal, mesures d'or, vêtements précieux, etc.[31] Après leur défaite, les chefs héréditaires étaient en général restaurés dans leur fonction de commandement et les Aztèques n’intervenaient pas dans les affaires locales, pourvu que le tribut soit honoré[32]. Les cités-états devaient toutes renoncer à leur politique militaire et célébrer le culte de Huitzilopchtli[33]. Bien des cités-états (altepetl en nahuatl) conservaient une relative autonomie de fait au sein de la confédération[34]. Elles furent l’un des rouages de la domination hégémonique des Aztèques sur les autres peuples de la Mésoamérique[35]. Les gouverneurs aztèques (tlacatecuhtli, « chef des guerriers ») résidaient dans les provinces sensibles[33]. Le tribut devait être aquitté entre une et quatre fois par an selon sa nature[36]. Il était levé par un fonctionnaire (calpixque) aidé d'une équipe de scribes. Deux registres des tributs sont parvenue jusqu'à nous : le Matricula de Tributos et le Codex Mendoza[37]. Le tribut était en nature : il était souvent composé de coton ou de l’ixtle (fibre d’agave). Mais il pouvait également être fourni en, produits agricoles, en métaux, en turquoises, en bois, en animaux, en vêtements et en objets divers. La monnaie n'existait pas, mais le quachtli et son multiple la charge faisaient office d'étalon[38]. L'ensemble des impôts était entreposé dans le trésor (petlacalco) du palais impérial[39]. [modifier] Structures socio-politiquesLa famille et le lignage constituent la base de la société aztèque. Les familles nobles se définissent par rapport à un passé mythique : elles descendraient du dieu Quetzalcoatl[40]. Certains lignages affirment se rattacher à des ancêtres toltèques. Le calpolli (du nahuatl calpōlli signifiant « grande maison » ; autre mot : tlaxilacalli) était une unité politique composée de plusieurs groupes familiaux formant un réseau social. La nature exacte du calpolli n’est pas tout à fait claire et a pu être assimilée à un clan[10], une ville, un quartier[41], une paroisse ou coopérative agricole. Le calpolli était sous l’autorité d’un chef local (calpōleh) qui répartissait les terres pour l’agriculture (calpōllālli) ou encore les tâches non-agricoles, en échange d’un tribut et de la fidélité[42]. Chaque calpolli envoie des délégués au conseil suprême[10] et possède un temple où le culte de la divinité protectrice est rendu, ainsi qu'une école appelée telpochcalli dans laquelle les jeunes garçons s’entraînaient aux arts martiaux. Dans certaines cités-états du monde aztèque, les calpollis étaient spécialisés dans le commerce, comme Otompan, Texcoco et Tlatelolco[43] ; ces organisations aztèques peuvent faire penser aux guildes de l’Europe médiévale. Enfin, d’autres capollis regroupaient des immigrants venus d’autres régions de la Mésoamérique : à Tenochtitlan les calpollis d’Otomis, de Mixtèques et de Tlapanecs[44]. L’altepetl était une cité-état regroupant plusieurs calpollis et dirigée par un tlatoani. Le mot désigne donc un territoire soumis à l’Empire aztèque mais aussi sa population. Ces cités-états concluent des alliances, comme celle qui unissait Tlacopan , Texcoco et Tenochtitlan contre Azcapotzalco. [modifier] Tlatoani
Ahuitzotl : la natte, le diadème de turquoises et la volute qui s'échappe de sa bouche indiquent qu'il s'agit du Tlatoani
Chimalpopoca dans le Codex Mendoza
Le mot « tlatoani », qui désigne le souverain aztèque[18], peut être traduit par « celui qui parle[31] » du verbe nahuatl « tlatoa » (« parler »)) ou « celui qui commande[45] ». Étymologiquement, on pourrait le rapprocher de « dictateur ». Pour le désigner, les Espagnols, qui tentent d'adapter cette fonction à leurs références européennes, emploient le mot « empereur ». Lorsqu'il est représenté dans les manuscrits indigènes, on le distingue entre autres par la volute qui se dégage de sa bouche et qui indique la parole. Il porte un diadème d'or et de turquoises ainsi qu'un manteau bleu-vert[46]. Aux débuts de l'histoire aztèque, il était désigné par l'assemblée générale des guerriers[45]. À la veille de la conquête espagnole, son pouvoir était devenu semi-divin mais il était choisi par un grand conseil. Cette assemblée désignait le membre de la famille qu'elle jugeait le plus compétent[46]. L'empereur devait remplir ses devoirs envers les dieux et protéger le peuple aztèque. Moctezuma Ier avait choisi son frère Tlacaeleltzin comme une sorte de vice-empereur avec le titre religieux de Ciuacoatl[46]. Ce dernier organisait des expéditions armées, jugeait en appel, remplaçait l’empereur absent. Après mort de Tlacaeleltzin, la fonction est occupée par son fils puis son petit-fils. Le Cihuacoatl et les grands dignitaires étaient ses conseillers intimes. Il avait en charge tout ce qui concernait les affaires extérieures à la cité. À Texcoco, le tlatoani régnait sans cihuacoatl mais était entouré de quatre conseils : gouvernement et justice, finances, guerres et musique. [modifier] Empereurs aztèques
[modifier] CihuacóatlLe Cihuacóatl, dont le nom signifie littéralement « femme-serpent » et qui représente la divinité du même nom, était le deuxième personnage de l'État aztèque après le Tlatoani. Son rôle était limité à la sphère de la cité. Tlacaelel est le personnage le plus célèbre à avoir exercé cette fonction. Il fut le principal conseiller des empereurs Itzcoatl, Moctezuma Ier (son frère) et Axayacatl. [modifier] TlacocanLe Tlacocan (« lieu de la parole »), ou Grand Conseil, était consulté avant toute décision importante et pouvait refuser jusqu'à trois fois une proposition de l'empereur[47]. Ses membres étaient désignés par le souverain ou recrutés par cooptation. [modifier] Grands dignitairesOn y trouvait les chefs de l'armée avec aux premières places le tlacateccatl (« qui commande les guerriers ») et le tlacochocalcatl (« préposé à la maison des javelines »). [modifier] FonctionnairesMoins importants que les précédents, ils s'occupaient des différentes tâches administratives concernant la police, les greniers et magasins où s'entassait le tribut. Le uey calpixqui (que les Espagnols traduisaient par « grand majordome ») servait à la fois de préfet de la capitale et de ministre des finances[47]. [modifier] SociétéÀ l'origine, la structure tribale des Aztèques, avant que ces chasseurs-cueilleurs chichimèques ne se sédentarisent, était égalitaire[41],[48] et basée sur l'existence de clans. En revanche, au moment de la conquête espagnole, la société était fortement hiérarchisée. [modifier] AristocratieAu sommet de la pyramide sociale, on trouvait les tecuhtli ( « dignitaires », « seigneurs »[41]), que les chroniqueurs espagnols appelaient généralement « caciques » (un terme qu'ils avaient emprunté au langage des indigènes des Caraïbes). En principe élus à des fonctions administratives, militaires ou religieuses, ils étaient généralement désignés à vie par leurs concitoyens, mais toujours avec l'aval du pouvoir central qui devait confirmer ce choix et les nommait parfois même directement. Pour assurer les frais souvent élevés de leur fonction, ils bénéficiaient des revenus des terres qui leur étaient attribuées et recevaient en outre une part des tributs prélevés sur les peuples de l'empire. Ils ne payaient pas d'impôts. Comme l'État aztèque était essentiellement militariste, les charges les plus prestigieuses étaient militaires. Seuls pouvaient y aspirer ceux qui s'étaient distingués au combat. Au moment de l'arrivée des Espagnols, ce groupe était en voie de devenir une « noblesse » héréditaire[31],[49] : leurs enfants faisaient automatiquement partie des pilli (sing. pipiltin). À l'origine, le mot signifie d'ailleurs simplement « enfant » en nahuatl. À ce titre, ils étaient exemptés d'impôt[31] et ils avaient accès aux meilleures écoles, appelées calmecac. Comme ces écoles formaient les prêtres (tlamacazqui)[41], les pilli représentaient donc également l’essentiel de la hiérarchie religieuse, même si la prêtrise était accessible aux membres des classes inférieures. Notons qu'un pipiltin pouvait perdre sa position, s'il ne se distinguait pas du tout à la guerre.
Page 64 du Codex Mendoza. Le troisième registre à partir du haut montre trois guerriers : le premier, qui a fait deux prisonniers, a le droit de porter un manteau de couleur orange ; le deuxième qui en a fait trois, peut porter un manteau orné d'un motif de papillons, le troisième enfin, qui a fait quatre prisonniers, se voit attribuer un manteau divisé par une diagonale
[modifier] Les prêtresLes prêtres étaient exemptés d'impôts et menaient une vie célibataire, rythmée par les jeûnes, les rituels et les pénitences[50]. Ils recevaient leur formation dans le calmecac. Ils avaient un rôle social en s'occupant des hôpitaux et en gardant les livres sacrés. Le clergé recevait de nombreuses offrandes gérée par un trésorier général (tlaquimiloltecuhtli). Le clergé était ouvert aux femmes et hiérarchisé : les temples de quartiers étaient confiés à de simples desservants. Les provinces étaient sous la responsabilité de prêtres supérieurs. A Tenochtitlan, le Mexicatl Teohuatsin était une sorte de vicaire général[50]. Enfin, deux grands-prêtres s'occupaient du grand temple de la capitale. [modifier] Le peupleLes macehualtin (sing. macehualli), c'est-à-dire les gens du commun, formaient la majorité de la population. Ils étaient astreints au service militaire et aux corvées, ils devaient payer l'impôt[48]. Groupés en calpulli[51] (l'unité sociale de base), ils exerçaient différentes fonctions : artisans, artistes, paysans. Les terres appartenaient collectivement aux calpulli et chaque famille en recevait une parcelle en usufruit. Comme ils accomplissaient un service militaire, il existait une certaine mobilité sociale : le guerrier qui se distinguait au combat en faisant quatre prisonniers pouvait s'élever dans la hiérarchie sociale. Les prouesses guerrières donnaient par exemple le droit de porter tel ou tel type de vêtements (voir image ci-contre). La tenue vestimentaire permettait en effet de distinguer la place d'un individu dans la hiérarchie sociale : si tous portaient le même vêtement, à savoir une cape ou manteau appelé tilmatli, celui des macehualtin était en fibres de maguey, alors que les pilli portaient une cape en coton. Le tilmatli des pilli descendait jusqu'aux chevilles, alors que celui des macehualtin ne descendait que jusqu'aux genoux. Les artisans, appelés « Toltèques » étaient organisés en corporations et avaient leurs propres dieux et lieux de culte. Au-dessous des macehualtin, existait une catégorie de déclassés appelés mayeque, qui ne faisaient partie d'aucun calpulli et cultivaient les terres des seigneurs. Un macehual qui ne remplissait pas ses obligations était susceptible de régresser dans cette catégorie. Les paysans sans terre (tlalmaitl) n'étaient pas des citoyens aztèques : ils ne payaient pas l'impôt mais devaient le service militaire[52]. [modifier] EsclavesL'esclavage existait chez les Aztèques : ils appartenaient à un maître et n'avaient pas de droits civiques. Certains esclaves, capturés à la guerre, étaient destinés à être sacrifiés. Les autres, appelés tlatlacotin, pouvaient le devenir pour des raisons diverses : pour avoir commis un délit, ou encore parce qu'ils s'étaient vendus eux-mêmes ou avaient été vendus par leurs parents, lors d'une famine par exemple[53]. Ils semblent avoir été bien traités, certains possédaient des biens, des terres et même d'autres esclaves[52]. Ils pouvaient se marier et leurs enfants étaient libres. Ils pouvaient acheter leur affranchissement ou être libéré à la mort de leur maître. Les empereurs pouvaient décider d’affranchissements massifs[52]. [modifier] MarchandsIl existait enfin une catégorie particulière, celle des marchands appelés pochteca, qui fournissaient Tenochtitlan en produits exotiques. Ils formaient des caravanes et partaient pour des expéditions lointaines jusqu'à l'isthme de Tehuantepec. Ils habitaient leurs propres quartiers, se mariaient à l'intérieur du groupe et avaient leurs propres tribunaux[54]. Servant souvent d'espions (naualoztomeca), ils étaient également appelés à combattre dans les lointaines contrées hostiles où ils s'aventuraient[55]. Leur position sociale était ambiguë. Le caractère semi-militaire de leurs activités leur conférait des avantages sociaux par rapport aux macehualtin : ils avaient certes le droit de porter des bijoux en or et des vêtements luxueux lors de leurs fêtes, mais en dehors de ces circonstances exceptionnelles, ils devaient conserver une attitude humble pour ne pas heurter les pilli. Leurs enfants pouvaient fréquenter le calmecac, collège réservé à l’aristocratie[52]. Les commerçants jouissaient de grands privilèges politiques et économiques. Mais ils étaient mal jugés s’ils faisaient étalage de richesse et de gloire. On attendait d’eux un comportement « humble » et parfois les biens des commerçants riches étaient confisqués par l’État. Les marchands étaient dispensés du service personnel et de la participation aux travaux publics organisés par l’État. Si l’on compare cette situation avec celle qui régnait chez les Incas, on s’aperçoit que chez ces derniers la production était plus strictement organisée par le pouvoir central et que cette économie centralisée ne laissait guère place au développement d’une classe de marchands. Le pochtecatlatoque était un dignitaire, généralement le plus âgé des pochteca, chargé d'organiser le commerce et d'administrer les marchés. Quant aux tlatlani, ils étaient spécialisés dans la traite des esclaves et étaient très riches. [modifier] Économie aztèque[modifier] AgricultureLa prospérité de la civilisation aztèque a en grande partie reposé sur une agriculture efficace qui a permis de nourrir des millions d’individus. Les Aztèques ont d’abord pratiqué une agriculture vivrière pluviale qui s’est améliorée progressivement. Ils ont conquis de nouveaux terroirs en aménageant des terrasses sur les pentes, au moyen de murets en pierre. Dans les vallées et les bassins, les paysans aztèques maîtrisaient les techniques de l’irrigation. Ils ont su reprendre, étendre et améliorer le système des canaux et des digues des civilisations précédentes. Une grande partie des eaux de la Cuauhtitlan ont notamment été détournées vers les champs. Dans les régions marécageuses du Lac Xochimilco, les Aztèques ont créé de nouvelles terres cultivables appelées chinampas, sortes de jardins flottants[56],[34]. Pour cela, ils prélevaient de la boue dans le fond du lac qu’ils déposaient sur de larges radeaux constitués de branches et de végétaux coupés[56],[34]. Ces îlots artificiels étaient séparés par des canaux étroits qui permettaient aux paysans de circuler en canots et en pirogues. Ces chinampas étaient très fertiles et pouvaient produire plusieurs récoltes par an. Les villes possédaient également de petits champs et des jardins : chaque famille pouvait ainsi faire pousser du maïs, des fruits, des plantes médicinales. Parmi toutes les plantes cultivées par les Aztèques, le maïs était l’une des plus importantes et constituait l’essentiel de leur alimentation (tortilla). Cette céréale était cultivée dans les terrasses des hautes terres, dans vallées et dans les chinampas. Les autres productions agricoles de l’Empire aztèque était l’avocat, les haricots, les courges, les patates douces, les tomates, l’amarante, le piment. Dans les régions littorales tropicales poussaient le coton, le cacao, le caoutchoutier et le coton. [modifier] CommerceDans la société aztèque, le commerce était extrêmement développé. Une circulation de biens entre les hautes terres productrices de maïs, de haricots... et les basses terres côtières tropicales beaucoup plus riches et qui fournissaient le cacao, le coton, les plumes d’oiseaux pour les parures, l'obsidienne, donnait lieu aux activités d’une classe spécialisée de marchands, les pochteca[41]. Cette circulation marchande doublait la circulation des mêmes produits sous la forme du tribut à l’État aztèque. Dans une lettre célèbre à Charles Quint, Hernan Cortez décrivit les immenses marchés de Tenochtitlan. Sur ces marchés, chaque produit avait un lieu de vente déterminé. La vente se réalisait à la pièce ou à la mesure. Les jours de marché étaient fériés. Des tribunaux spéciaux, contrôlés par les marchands, tranchaient les conflits entre vendeurs et acheteurs et le chef des marchands fixait le prix des marchandises. Il était interdit de vendre les produits en dehors des places de marché. Sur les marchés plus petits et dans les localités de moindre envergure, le commerce était aux mains de marchands appelés tlanecuilo. Ils vendaient des produits de consommation courante et de la nourriture. Les marchés locaux étaient essentiels pour les populations étant donné que les Aztèques n’avaient pas d’animaux de trait ou de bât. [modifier] Religion[modifier] Mythologie[modifier] CosmogonieLes dieux, selon les croyances en vigueur au Mexique à l'époque aztèque (XIVe siècle de notre ère), ont successivement créé quatre mondes ou « soleils », chaque fois anéantis[56]. Le premier, formé sous un Soleil d'escarboucles (Autre nom du rubis, pierre précieuse d’un rouge vif), disparut dans des cataractes torrentielles ; les quelques êtres humains qui survécurent devinrent poissons. Le deuxième monde, constitué sous un Soleil de feu, fut détruit par des jets de flammes, et les hommes furent changés en divers animaux. Le troisième monde, né sous un Soleil noir, fut englouti à la suite d'un tremblement de terre, et les hommes furent dévorés par les bêtes sauvages. Le quatrième monde, apparu sous le Soleil de l'air, s'acheva par la métamorphose des hommes en ouistitis. Enfin, un cinquième monde fut créé par Quetzalcoatl et Xolotl[56], qui connut le Déluge universel : seuls un homme et une femme parvinrent à gagner le sommet de la montagne et évitèrent l'extermination ; ils repeuplèrent la terre ; la terre telle que devait la connaître et la travailler le peuple aztèque. Les Aztèques se considéraient comme le peuple élu du soleil[17]. [modifier] DivinitésLa religion aztèque comportait un grand nombre de dieux, en particulier pour tous les phénomènes naturels, ainsi que pour la vie quotidienne. Il existait par exemple 400 dieux pour le pulque, c'est-à-dire la sève fermentée de l'agave[57] (le nombre 400 symbolisant l'infini)[57]. Les deux principaux dieux étaient Huitzilopochtli (dieu tribal originel, solaire et guerrier) et Tlaloc (dieu de la pluie et de l'agriculture), qui avaient leur temple au sommet du Templo Mayor de la capitale et dont les prêtres étaient au sommet de la hiérarchie sacerdotale. Quetzalcoatl (dieu de la civilisation, d'origine toltèque) et son ennemi Tezcatlipoca (dieu de la mort) étaient également très vénérés. [modifier] Vie après la mortSelon les croyances aztèques, les guerriers morts au combat ou sacrifiés se rendaient au ciel oriental près du Soleil puis revenaient sous forme d'un papillon ou d'un colibri au bout de quatre ans[58],[59]. Mais les gens du commun n'échappait pas au Mictlan et disparaissaient après un voyage difficile de quatre ans[58],[60]. Les noyés allaient au tlalocan, « paradis » du dieu de la pluie Tlaloc[60]. [modifier] RitesLa religion et les superstitions imprégnaient tous les aspects de la vie quotidienne des Aztèques : dans les quatre jours qui suivaient sa naissance, l'enfant recevait son nom par un prêtre. Il subissait un lavage rituel et la cérémonie était achevée par un banquet[61]. La cérémonie du mariage, organisée chez l'homme, donnait lieu à des rites comme le partage d'un plat commun par les époux. Après quatre jours de prières, le mariage pouvait être consommé sexuellement[62]. La polygamie était une pratique courante, surtout parmi les classes sociales élevées[63]. Certains seigneurs, ainsi que l'empereur, avait une épouse principale et plusieurs épouses secondaires. Une sage-femme s'occupait de la femme enceinte et veillait à ce que certains tabous soient respectés comme celui de ne pas regarder d'objet rouge[63]. Le divorce était autorisé et le remariage possible. À l'approche de la mort, le vieillard pouvait confesser ses fautes à un prêtre et devait faire pénitence (scarifications, jeûne, offrandes aux dieux)[64]. La plupart des morts était incinérée : les femmes mortes en couches, les noyés et les fourdoyés étaient enterrés[58]. Au cours de la crémation, on brûlait de la nourriture ou un chien, car Xolotl, dieu à tête de chien avait triomphé des enfers[58]. L'esprit du chien était sensé guider l'âme du défunt[65]. La famille du défunt devait encore brûler des offrandes 80 jours après le décès[66]. Le corps de l'empereur était incinéré avec un masque de pierre ou de turquoise ; ses cendres étaient placées dans jarre avec morceau de jade, symbole de vie[66]. Puis la jarre était entreposée dans le temple de Huitzilopchtli. [modifier] Sacrifices humainsLes sacrifices humains font partie de la religion aztèque. Ils ont lieu le plus souvent sur des prisonniers de guerre, parfois en grande quantité comme pour l'avènement d'Ahuitzotl où sans doute plusieurs milliers de prisonniers avaient été sacrifiés[67]. 20 000 personnes furent sacrifiées pour la rénovation du grand temple de Tenochtitlan[56],[34]. Cela explique les guerres perpétuelles des souverains successifs, l'impressionnant «fleuve de sang» dans lequel baignent les populations soumises aux Aztèques. Les formes de sacrifices sont variées — pendaisons, crémation — mais la forme la plus fréquente est l'arrachement du cœur sur une victime encore vivante sur la pierre du sacrifice (une pierre de 2,5 mètres de diamètre sur 70 cm d'épaisseur avec une dépression en son milieu à l'endroit où étaient placés les cœurs humains). Le plus surprenant est que de nombreux Aztèques sont aussi volontaires car selon leur croyance la vie qui les attend dans l'autre monde dépend non de leurs actions sur terre mais de leur trépas et les deux morts les plus glorieuses sont le sacrifice ou la mort au combat. Les dieux étaient représentés, lors des cérémonies religieuses, par un quelconque reptile qui recevait les offrandes lui-même. [modifier] Éducation et connaissancesLa civilisation aztèque est l’une des premières du monde à imposer une éducation à tous les enfants, quelque soit leur sexe ou leur rang social. Les enfants étaient éduqués par leurs parents dans le cadre des calpulli dans un premier temps. Ils allaient régulièrement au temple local pour être testés. L’apprentissage de formules appelées huehuetlatolli constituait une grande partie de l’enseignement. Il s’agissait le plus souvent de formules pieuses et de proverbes basés sur les valeurs de la société aztèque. Elles étaient empruntées au fonds culturel nahua et ont évolué au cours des siècles. Les pères enseignaient à leurs filles de rester propres mais de ne pas trop se maquiller pour ne pas ressembler à des ahuianis. Les mères leur apprenaient à toujours aider leur futur mari. Les filles apprenaient les techniques artisanales et à élever les enfants. Elles n’apprenaient ni à lire, ni à écrire. Les garçons devaient être humbles, obéissants et travailleurs. En principe, les enfants et les adolescents entre 10 et 15 ans devaient fréquenter les écoles qui étaient de deux types : les telpochcalli (« maison des jeunes ») dispensaient un enseignement de base (histoire, religion, artisanat, agriculture) et militaire. L'enseignement était gratuit pour les filles et les garçons dans collèges de quartier[68]. Les calmecac étaient spécialisées dans l’écriture, l’astronomie, l’administration et la théologie. Elles étaient fréquentées principalement par les fils des pillis. Elles formaient des chefs (tlatoque), des prêtres (tlacuilo), des professeurs (tlatimini), des guérisseurs (tizitl) et des artistes (tlacuilos). Les élèves apprenaient les rituels, l’histoire, le calendrier, la géométrie, la poésie et les arts martiaux (telpochcalli). Les guérisseurs (tizitl ou ticitl) étaient spécialisés : les uns apprenaient à reconnaître et classer les plantes médicinales ; les autres élaboraient des traitements qui étaient vendus dans les tlapalli. Plus d’une centaine de préparations était connue, du déodorant à la pâte dentifrice, etc. Certains guérisseurs étaient capables d’opérer, de soigner les maladies de peau, les maux digestifs. Ils savaient poser des |