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Auguste
Auguste (Latin : CAIUS âą OCTAVIUS âą THVRINUS Ă sa naissance, IMPERATOR âą CAESAR âą DIVI âą FILIVS âą AUGUSTUS Ă sa mort), d'abord appelĂ© Octave puis Octavien, nĂ© le 23 septembre 63 av. J.-C. et mort le 19 aoĂ»t 14 ap. J.-C. est le premier empereur romain. Petit-neveu et fils adoptif de Jules CĂ©sar, il arriva au pouvoir dans les horreurs des proscriptions et des guerres civiles qui suivirent l'assassinat de ce dernier puis l'Ă©limination de ses propres rivaux. Il parvint Ă laisser Ă la postĂ©ritĂ© l'image du restaurateur de la paix, de la prospĂ©ritĂ© et des traditions. Par son ami et conseiller MĂ©cĂšne, son rĂšgne fut caractĂ©risĂ© par une floraison remarquable des arts et des lettres, valant au « siĂšcle dâAuguste » de rester une rĂ©fĂ©rence culturelle mythique. Pour ce qui est de son apparence, on peut se rĂ©fĂ©rer Ă SuĂ©tone et Ă son ouvrage Vies des douze cĂ©sars: « Auguste Ă©tait d'une rare beautĂ©, qui garda son charme tout le long de sa vie [âŠ] Ses yeux Ă©taient vifs et brillants; il voulait mĂȘme faire croire qu'il y avait dans son regard une autoritĂ© divine et, comme il le fixait sur quelqu'un, il aimait Ă lui voir baisser la tĂȘte, comme Ă©bloui par le soleil. »
[modifier] Ă la conquĂȘte du pouvoirAuguste est nĂ© Ă Rome (le 23 Septembre -63) sur le mont Palatin, sous le nom de Caius Octavius, le mĂȘme nom que son pĂšre Gaius Octavius. On lui donna dans son enfance le surnom de Thurinus[1]. Son pĂšre appartenait Ă une famille de l'ordre Ă©questre importante mais peu connue ; il fut gouverneur de la province de MacĂ©doine jusqu'Ă sa mort en 59 av. J.-C. Sa mĂšre, Atia, est la niĂšce de Jules CĂ©sar. AprĂšs l'assassinat de Jules CĂ©sar aux ides de mars (le 15 mars) - 44, alors qu'il est encore Ă Apollonie, il dĂ©cide de rentrer Ă Rome pour rĂ©cupĂ©rer son hĂ©ritage. En effet, CĂ©sar, sans descendance lĂ©gitime, a adoptĂ© Octave dans son testament. En dĂ©barquant Ă Brindisi, le jeune homme alors ĂągĂ© de 19 ans affiche trĂšs tĂŽt son ambition de s'imposer en politique. Il revendique l'usage des tria nomina de CĂ©sar, Caius Iulius Caesar Octauianus, selon l'usage en vigueur Ă Rome qui veut que l'adoptĂ© prenne le nom de son adoptant en y ajoutant souvent un rappel Ă ses origines. Pour plus de facilitĂ©s, notre usage veut qu'on l'appelle Octavien Ă son adoption, ou CĂ©sar dit "le Jeune" aprĂšs que le SĂ©nat ait ratifiĂ© officiellement son adoption par Jules CĂ©sar. Une comĂšte passant dans le ciel au moment oĂč il cĂ©lĂ©bre les Ludi Victoriae Caesaris, des jeux en l'honneur des victoires de CĂ©sar, que son pĂšre avait promis avant sa mort, l'encourage Ă continuer ses efforts, arguant que la comĂšte est son pĂšre qui, devenant divin, part prendre sa place auprĂšs des dieux. CicĂ©ron lui apporte son soutien contre l'ancien lieutenant et collĂšgue de CĂ©sar au consulat pour l'annĂ©e 44, Marc Antoine qui a dĂ©cidĂ© d'Ă©carter ce jeune ambitieux qui revendique l'hĂ©ritage cĂ©sarien alors qu'Antoine espĂ©rait en rĂ©colter les fruits. Allant contre toute lĂ©galitĂ©, CicĂ©ron fait voter au SĂ©nat les pouvoirs de proprĂ©teur pour Octave alors qu'il n'a pas exercĂ© les charges de questeur ni de prĂ©teur et qu'il est trĂšs en-dessous de l'Ăąge minimal requis. CicĂ©ron lance cette phrase cĂ©lĂšbre dans sa cinquiĂšme Philippique : "la valeur n'attend pas le nombre des annĂ©es". Ayant levĂ© une armĂ©e, Octave bat d'abord Antoine Ă ModĂšne dans une bataille oĂč pĂ©rissent les deux consuls en exercice Aulus Hirtius, mort au combat, et Caius Vibius Pansa Caetronianus, dĂ©cĂ©dĂ© des suites de ses blessures. Octave est alors acclamĂ© imperator par ses troupes. Mais en dĂ©pit de l'avis de CicĂ©ron, prĂȘt Ă assumer le consulat avec Octave comme collĂšgue, le SĂ©nat refuse cet honneur au jeune homme au motif de son Ăąge, ainsi que l'ovatio. Octave, vexĂ©, s'allie Ă Marc Antoine grĂące Ă la mĂ©diation de LĂ©pide et Ă trois dĂ©cident de crĂ©er une nouvelle magistrature collĂ©giale qui chapeauterait la RĂ©publique romaine, le Triumvirat. Les Triumvirs s'emparent alors de Rome et dĂ©crĂštent la proscription de tous leurs adversaires, dont CicĂ©ron, mis Ă mort par les sbires d'Antoine. Plusieurs centaines de chevaliers et de sĂ©nateurs pĂ©rissent, notamment ceux qui ont eu part de prĂšs ou de loin Ă l'opposition Ă CĂ©sar et au meurtre de ce dernier. Selon SuĂ©tone, Octave fit Ă plusieurs reprises preuve de cruautĂ© personnelle lors de ces proscriptions. Les Triumvirs sont alors chargĂ©s, par un SĂ©nat tremblant de peur, de rĂ©organiser la RĂ©publique avec chacun le titre de triumvirs rei publicae constituendae pour 5 ans. Ils se partagent alors les provinces de l'occident romain, car les provinces orientales sont aux mains des cĂ©saricides. En - 42, Ă la bataille de Philippes en GrĂšce, Octave et Antoine Ă©crasent Brutus et Cassius, Ăąmes de la conjuration anticĂ©sarienne de - 44. Cassius, vaincu par Antoine, se suicide et Brutus, vaincu trois semaines aprĂšs, le 23 octobre 42, se suicide Ă son tour. L'annĂ©e suivante, le frĂšre de Marc Antoine, Lucius Antonius Pietas, alors consul et la femme de Marc Antoine, Fulvie, s'opposent Ă Octave, qui dĂ©cide des opĂ©rations militaires contre PĂ©rouse. En fĂ©vrier 40, la guerre de PĂ©rouse se termine et les Triumvirs, rĂ©conciliĂ©s grĂące Ă l'entremise d'Asinius Pollion et de MĂ©cĂšne, se partagent Ă nouveau le monde romain : Antoine reçoit l'Orient, Octave l'Occident, et LĂ©pide l'Afrique. En - 39, Sextus PompĂ©e est solidement ancrĂ© en Sicile et se voit reconnaĂźtre son autoritĂ© sur la Sicile, la Sardaigne et la Corse. Les relations entre Octave et Sextus se dĂ©gradent progressivement, notamment en 38, quand Octave rĂ©pudie sa premiĂšre femme, Scribonia, belle-soeur de Sextus PompĂ©e. Octave entreprend une campagne contre Sextus en Sicile. Il confie le commandement de sa flotte Ă son fidĂšle ami Marcus Vipsanius Agrippa, qui dĂ©fait finalement Sextus PompĂ©e Ă Nauloque en - 36. LĂ©pide, qui Ă©tait alors basĂ© en Afrique, est accusĂ© d'avoir soutenu Sextus et de ne pas ĂȘtre intervenu Ă Nauloque. Il est alors Ă©cartĂ© du triumvirat, ne conservant que son titre de Pontifex Maximus. L'annĂ©e suivante, en 35, les relations entre Antoine et Octave se dĂ©tĂ©riorent rapidement. Antoine exige que les provinces anciennement attribuĂ©es Ă LĂ©pide soient partagĂ©es Ă©quitablement. Il demande aussi l'autorisation de lever des lĂ©gions romaines pour sa campagne en prĂ©paration contre les Parthes. Octave refuse catĂ©goriquement les deux demandes, appuyĂ© par un SĂ©nat qui perçoit Antoine de plus en plus comme un Ă©tranger soumis Ă la reine d'Ăgypte, ClĂ©opĂątre, et se comportant comme un monarque oriental. Antoine oppose Ă Octave, l'hĂ©ritier testamentaire de CĂ©sar, le fils illĂ©gitime de celui-ci qu'il a probablement eu avec ClĂ©opĂątre, CĂ©sarion. En 32, le trimuvirat prend fin selon ce qui avait Ă©tĂ© Ă©tabli en 37, prorogĂ© pour 5 nouvelles annĂ©es. Les deux consuls pour 42, Cn. Domitius Ahenobarbus et Caius Sosius, sont des partisans d'Antoine. Octave prend le SĂ©nat en y entrant accompagnĂ© de quelques soldats. Les consuls et prĂšs du tiers des sĂ©nateurs (soit environ 300) se rĂ©fugient auprĂšs d'Antoine. Du cĂŽtĂ© d'Antoine, Lucius Munatius Plancus fait dĂ©fection. Le SĂ©nat donne carte blanche par un senatus-consulte Ă Octave pour lancer une campagne contre l'Ăgypte. En 31, se vantant d'ĂȘtre aurĂ©olĂ© d'un serment donnĂ© par tous les citoyens italiens et les pĂ©rĂ©grins d'occident, il se lance dans sa campagne. AprĂšs avoir vaincu Marc Antoine Ă la bataille navale d'Actium en septembre 31 av. J.-C., il devient seul dĂ©tenteur du pouvoir. Il prend ensuite position autour d'Alexandrie au cours de l'annĂ©e 30, annĂ©e du suicide d'Antoine et ClĂ©opĂątre, le premier en croyant ClĂ©opĂątre morte et la seconde en voyant qu'elle n'arriverait pas Ă sĂ©duire Octave comme elle a su sĂ©duire Antoine et Jules CĂ©sar avant lui. En 28 av. J.-C., le sĂ©nat lui confĂšre le titre de Princeps Senatus, « le premier du sĂ©nat », ce qui signifie qu'il est le premier Ă prendre la parole devant l'assemblĂ©e et l'annĂ©e suivante, il lui donne mĂȘme le titre dâAugustus, qui signifie « sacrĂ© ». Nous sommes en 27 av. J.-C. et Octavien devient alors le premier empereur romain. [modifier] Octavien devient AugusteCe titre est assez particulier. ConformĂ©ment Ă la tradition romaine, il s'agit d'un surnom qu'on rajouta aux prĂ©noms d'Auguste, tout comme on ajoutait au nom d'un gĂ©nĂ©ral vainqueur un surnom formĂ© sur le nom du peuple vaincu. Il Ă©tait dĂ©cernĂ© au gĂ©nĂ©ral si le territoire de Rome avait Ă©tĂ© accru par la victoire. Le terme Augustus est Ă forte connotation religieuse. Avant d'ĂȘtre dĂ©cernĂ© Ă Octave, il n'Ă©tait employĂ© comme adjectif qu'Ă l'Ă©gard d'un dieu. Il signifie Ă©levĂ©, consacrĂ©. Par ce titre, on considĂšre donc qu'Octave est celui qui augmente perpĂ©tuellement lâager publicus. [modifier] Instauration du PrincipatLe 13 janvier -27, au terme dâun long discours au SĂ©nat, Octave se voit attribuer le pouvoir proconsulaire pour dix ans. Lâempire est divisĂ© en provinces SĂ©natoriales (pacifiĂ©es) et ImpĂ©riales (oĂč se trouvent les forces armĂ©es). Le 16 janvier, il reçoit le titre sacrĂ© d'Auguste sur lâinitiative du sĂ©nateur Munatius Plancus. Par ce rĂšglement constitutionnel, le rĂ©gime personnel, rĂ©gime dâexception jusque-lĂ , entre dans sa pĂ©riode organique. Octave, reconnu comme Princeps, ce qui signifie le premier des citoyens, devient le chef officiel de lâĂtat romain. Il prend le contrĂŽle absolu de lâarmĂ©e, dont il assure le financement et est protĂ©gĂ© en permanence par la garde prĂ©torienne, stationnĂ©e dans lâUrbs (jusquâalors aucune troupe nâavait rĂ©sidĂ© Ă Rome). Par dĂ©finition, le rĂ©gime comporte un partage dâattribution entre le nouveau pouvoir âle Princepsâ et les pouvoirs traditionnels âcomices, magistratures et SĂ©natâ. En fait, politique extĂ©rieure et armĂ©e mise Ă part, le SĂ©nat conserve ou reçoit dâimportantes prĂ©rogatives dans les domaines de lâadministration civile (Rome, Italie, provinces), des finances, de la justice et de la monnaie. Auguste entend quâil soit, en face de lâarmĂ©e, le seul Ă©lĂ©ment civil qui compte dans lâĂtat. Il contrĂŽle lâĂ©lection des magistrats par un systĂšme de recommandation officielle, la commendatio. La destinatio permet Ă©galement lâintervention dâun organisme spĂ©cial de chevaliers et de sĂ©nateurs rĂ©partis en dix ou quinze centuries pour la dĂ©signation des candidats (tabula hebana, inscription dĂ©couverte Ă Magliano). Les comices ont perdu tout contrĂŽle vĂ©ritable. Lâempereur fait entrer au SĂ©nat romain des provinciaux (Ă lâĂ©poque de CĂ©sar, 45 familles patriciennes sont reprĂ©sentĂ©es ; on nâen trouve plus quâune seule Ă la fin du Ier siĂšcle). Pour les remplacer, il y a des Gallo-romains (ceux de Lyon et de Vienne, trĂšs tĂŽt), puis des Espagnols, des Africains et mĂȘme des Orientaux. [modifier] Son rĂšgneAuguste rĂšgne de 27 av. J.-C. Ă 14 ap. J.-C. Il meurt Ă 76 ans, et laisse son trĂŽne Ă TibĂšre qui est son fils adoptif de sa troisiĂšme femme (Livie). [modifier] RĂ©forme de lâarmĂ©eAuguste rĂ©forme lâarmĂ©e, qui devient dĂ©finitivement une armĂ©e de mĂ©tier. La charte militaire (condito militiae) lui donne son statut lĂ©gal : service de 12 ans pour les prĂ©toriens, de 16 ans pour les lĂ©gionnaires (portĂ© plus tard Ă 16 et 20 ans), solde, libĂ©ralitĂ©s variĂ©es, dotation en argent ou en terre le jour de la libĂ©ration, accompagnĂ©e de privilĂšges juridiques comme la collation de la citĂ© romaine. Les effectifs sont fixĂ©s Ă 28 lĂ©gions (25 aprĂšs le dĂ©sastre de Varus en 9) fortes de 5 500 fantassins et de 120 cavaliers, de corps auxiliaires de 500 ou 1 000 hommes (cavalerie, ailes, infanterie, cohortes), de la garnison de Rome et de lâItalie, formĂ©e des neuf cohortes prĂ©toriennes (9 000 hommes au total), des trois cohortes urbaines (3 000 hommes), des sept cohortes des vigiles (police nocturne, incendies) et de la garde privĂ©e de lâempereur, formĂ©e de cavaliers espagnols, bataves ou germains. Soit 300 000 hommes auxquels viennent sâajouter 50 000 hommes des contingents des alliĂ©s, rois vassaux ou Barbares. Auguste crĂ©e une marine de guerre, composĂ©e de deux flottes Ă MisĂšne et Ă Ravenne qui protĂ©gent lâItalie, de deux autres flottes de moindre importance en Syrie et en Ăgypte, et de flottilles fluviales sur le Rhin et le Danube pour la protection des frontiĂšres. [modifier] RĂ©forme de lâadministrationEn 23 av. J.-C., alors qu'il a reçu la puissance tribunitienne, c'est-Ă -dire le droit d'imposer ses dĂ©cisions au sĂ©nat, Auguste crĂ©e un corps de fonctionnaires, nommĂ©s et appointĂ©s par lui : prĂ©fets, procurateurs, membres des grandes commissions exĂ©cutives. Les carriĂšres sĂ©natoriales (hĂ©ritage de la RĂ©publique) et Ă©questre (créée de toutes piĂšces) fournissent le personnel administratif nĂ©cessaire. Les provinces impĂ©riales sont administrĂ©es selon le cas par des lieutenants-lĂ©gats dâordre sĂ©natorial ou des prĂ©fets et des procurateurs dâordre Ă©questre. Lâempereur possĂšde un droit de regard sur les provinces sĂ©natoriales qui se traduit par une intervention administrative, financiĂšre et judiciaire, sous la forme de lâappel. Auguste procĂšde Ă un redressement financier en amĂ©nageant les impĂŽts existants et en amĂ©liorant lâadministration fiscale. Il contrĂŽle sĂ©vĂšrement la gestion des gouverneurs sĂ©natoriaux et met fin au pillage mĂ©thodique des provinces pratiquĂ© Ă lâĂ©poque rĂ©publicaine. En Sicile et en Gaule, il substitue au systĂšme de la ferme la perception directe, et dans les cas oĂč il maintient la ferme, il lâentoure de garanties (remplacement des puissantes compagnies financiĂšres (publicains) par des fermiers dâimportance sociale plus modeste et contrĂŽle Ă©troit exercĂ© par des gouverneurs ou des procurateurs financiers). Auguste poursuit lâĆuvre de CĂ©sar en matiĂšre de recensement et de cadastre, qui servent de base Ă la fixation de lâimpĂŽt. Il dĂ©double la caisse financiĂšre centrale, lâaerarium, qui subsiste pour le SĂ©nat, avec les diverses corbeilles (Fisci) et la caisse de la fortune particuliĂšre (patrimonium) pour lâempereur. Les juridictions rĂ©publicaines traditionnelles â comices, magistratures, SĂ©nat, tribunaux â sont remaniĂ©es. Les tribunaux civils et criminels sont rĂ©organisĂ©s. Une juridiction impĂ©riale est créée, qui se manifeste sous trois formes : lâĂ©vocation Ă lâempereur, lâappel et la dĂ©lĂ©gation de la juridiction aux fonctionnaires. En premiĂšre instance, par la Cognito Caesaris, lâempereur, partout et toujours, au civil comme au criminel, peut Ă©voquer une affaire Ă son tribunal. Lâappel Ă lâempereur est gĂ©nĂ©ralisĂ© dans tout le monde romain. Juge suprĂȘme de lâempire, lâempereur dĂ©lĂšgue ses pouvoirs judiciaires Ă ses fonctionnaires, tant permanents (prĂ©fets tels que PrĂ©fet des vigiles et commissions exĂ©cutives Ă Rome et en Italie, lĂ©gats et gouverneurs dans les provinces impĂ©riales) quâextraordinaires (commissaires spĂ©ciaux). La rĂ©organisation judiciaire se complĂšte, notamment Ă Rome, par la crĂ©ation dâune police. [modifier] Travaux Ă RomeAuguste se vanta, par une formule cĂ©lĂšbre, d'avoir « trouvĂ© une Rome de briques, et laissĂ© une Rome de marbre. » Sous le principat d'Auguste, Rome est divisĂ©e en 14 « rĂ©gions ». Des travaux sont entrepris pour stabiliser les rives du Tibre. Afin de lutter contre les incendies, assez frĂ©quents dans la capitale, un corps de vigiles est instaurĂ©. De nouveaux aqueducs sont construits. Entre autres travaux publics, Auguste fit construire le forum d'Auguste. Il modifia l'aspect du vieux forum rĂ©publicain dans un sens plus dynastique, en y reconstruisant la Curie (Curia Julia), en y apposant le milliaire d'or censĂ© marquer le dĂ©part de toutes les routes principales de l'empire, et en y terminant la basilique Julia ou encore le temple du divin Jules Ă l'emplacement oĂč avait Ă©tĂ© brĂ»lĂ© le corps de son pĂšre adoptif CĂ©sar, dĂ©sormais divinisĂ©. L'empereur veille aussi Ă la bonne marche de la religion en construisant ou en rĂ©novant environ 80 sanctuaires ; ainsi, le temple de Mars vengeur, le temple de Jupiter Tonnant au Capitole. Une partie de sa propre maison au Palatin, qui avait Ă©tĂ© touchĂ©e par la foudre, fut transformĂ©e en temple d'Apollon Palatin, renforçant le caractĂšre sacrĂ© de la demeure et de la personne du maĂźtre de Rome. Il ajouta au temple d'Apollon des portiques et une bibliothĂšque grecque et latine, et y fit transfĂ©rer les Livres Sibyllins et un foyer dĂ©diĂ© Ă Vesta. Auguste ne se fit jamais bĂątir de palais, affectant un train de vie sobre dans cette maison trĂšs simple du Palatin, jadis celle habitĂ©e par l'orateur Quintus Hortensius Hortalus. Mais c'est bien Ă partir de son rĂšgne que le Palatin devint la colline de l'empereur, ouvrant la voie aux constructions de plus en plus grandioses de ses successeurs, notamment TibĂšre, Caligula, Domitien et les SĂ©vĂšres. Auguste fait Ă©galement reconstruire la basilique Julia qui avait Ă©tĂ© incendiĂ©e. Elle est dĂ©diĂ©e Ă ses fils adoptifs Lucius et Caius. En l'honneur de son Ă©pouse Livie, Auguste fit construire, entre 15 et 7 av. J.-C., Ă la limite du quartier populaire de Subure, le « portique de Livie », proche de l'Esquilin, au centre duquel se trouvait le petit temple de la Concordia Augusta. En -13, alors qu'il revient d'Espagne et de Gaule aprĂšs trois ans d'absence, pendant lesquels il a menĂ© des opĂ©rations de pacification et organisĂ© les provinces du sud de la Gaule, il fit construire Ă Rome, sur le Champ de Mars, un monument afin de cĂ©lĂ©brer la paix qui rĂšgne dĂ©sormais sur les territoires romains : lâAra Pacis, lâ« Autel de la Paix ». La dĂ©dicace, câest-Ă -dire la cĂ©rĂ©monie de consĂ©cration solennelle aux dieux qui marque le dĂ©but du fonctionnement de l'Ă©difice, n'aura lieu que plus tard, en 9 av. J.-C.. La date a son importance car c'est le jour de l'anniversaire de l'Ă©pouse d'Auguste, Livie : l'aspect dynastique s'en trouve nettement soulignĂ©. Il fit encore exĂ©cuter d'autres travaux sous d'autres noms, sous ceux de ses petits-fils, de sa femme et de sa sĆur : tels sont le portique et la basilique de CaĂŻus et de Lucius, le portique de Livie et celui d'Octavie, le théùtre de Marcellus. Ce fut d'aprĂšs ses exhortations que Marcus Philippus Ă©rigea le temple de l'Hercule des Muses ; L. Cornificius, celui de Diane ; Asinius Pollion, le vestibule de la LibertĂ© ; Lucius Munatius Plancus, le temple de Saturne; Cornelius Balbus, un théùtre ; Statilius Taurus, un amphithéùtre ; Marcus Vipsanius Agrippa, de nombreux et beaux Ă©difices dont les thermes d'Agrippa et le premier PanthĂ©on de Rome. AprĂšs son rĂšgne, les grands travaux d'urbanisme devinrent l'apanage exclusif de la famille impĂ©riale. Sur le forum romain, deux arcs de triomphe cĂ©lĂ©brĂšrent les victoires du prince. Il ne reste que la base de l'un d'eux. [modifier] Un Ăąge dâor culturelPassĂ©e Ă la postĂ©ritĂ© sous le nom de « SiĂšcle dâAuguste », cette pĂ©riode faste de la littĂ©rature romaine est marquĂ©e par les noms des poĂštes Virgile, Horace, Ovide, Tibulle, Properce, ou encore de l'historien Tite-Live. Tous ces auteurs doivent beaucoup Ă la protection du fidĂšle conseiller d'Auguste : MĂ©cĂšne, un nom propre devenu nom commun. Introduits auprĂšs du Prince par l'intermĂ©diaire de MĂ©cĂšne, tous ces auteurs furent des amis personnels du maĂźtre de Rome. Ils chantĂšrent sans rĂ©serves la gloire de sa personne et de sa famille, prirent parti pour lui contre Antoine. Ils soutinrent aussi sa politique traditionaliste visant Ă restaurer les cultes romains anciens, l'agriculture, les « mĆurs des ancĂȘtres » (mos majorum) aux dĂ©pens des sĂ©ductions de l'orientalisme et de la libĂ©ralisation des mĆurs, incarnĂ©es jadis par Antoine. Telles sont du moins les apparences. Si Auguste pardonna Ă Tite-Live, qu'il traitait affectueusement de « pompĂ©ien », ses sympathies pour le rĂ©gime rĂ©publicain des anciens temps, il exila brusquement Ovide de Rome pour le restant de ses jours, en l'an 8. Diverses hypothĂšses ont Ă©tĂ© Ă©mises pour expliquer cette relĂ©gation, la derniĂšre en date Ă©tant qu'Ovide aurait Ă©tĂ© puni pour avoir voulu rĂ©vĂ©ler l'implication de l'empereur dans la mort de Virgile [2]. [modifier] FamilleAuguste avait Ă©pousĂ© en premiĂšres noces Clodia Pulchra, la fille de Fulvie et de Publius Clodius Pulcher. Ils n'eurent pas d'enfants et se sĂ©parĂšrent en -40. Il Ă©pousa la mĂȘme annĂ©e Scribonia, fille de Lucius Scribonius Libo et de Cornelia Sulla. Il eut une fille de cette union : Finalement, il Ă©pousa en -37 Livia Drusilla dont il n'eut pas d'enfants. Auguste adopta quatre enfants : [modifier] Noms et titres[modifier] Noms
[modifier] Titres et magistratures
[modifier] Titulature à sa mortà sa mort le 19 août 14, Auguste était nanti de la titulature suivante :
[modifier] Notes et références
[modifier] Bibliographie
[modifier] Voir aussi[modifier] Liens externes
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