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Allemand
Cet article concerne la langue allemande. Pour les autres significations du mot « allemand », voir Allemand (homonymie). 

Connaissance de l'allemand dans l'Union Européenne et les pays candidats.
La langue allemande (Deutsch en allemand) est une langue indo-européenne appartenant à la branche occidentale des langues germaniques. "Germanique" et "allemand" ne sont donc pas synonymes. Le terme germanique "theut-" [ðeut-] signifie "peuple" et le nom des Teutons en dérive. Son dérivé "theutisk" a donné en allemand "deutsch" et en français les mots "tudesque" et "thiois" ; en italien "allemand" se dit "tedesco", et en danois "tysk". Il est aussi à l'origine du mot anglais "Dutch" qui signifie abusivement "hollandais", bien qu'aux États-Unis certains dialectes allemands soient appelés "Dutch". La racine theut- ("peuple") est d'origine indo-européenne, et on la retrouve en gaulois touta ("peuple") et en breton tud ("les gens"), ainsi qu'en latin totus (le "tout", "tous").
Le terme français "allemand" provient du peuple des "Alamans" dont le nom, des mots "all-" (tous) et "mann-" (hommes), signifiait "regroupement de tous les hommes". En effet, au début du premier millénaire les peuples germaniques se regroupaient en ligues; les Alamans constituaient une ligue, de même que les Francs en constituaient une autre.
L'allemand est la langue la plus parlée au sein de l'Union européenne, avec plus de 100 millions de locuteurs. Allemand est aussi un terme linguistique, dans bas-allemand, moyen-allemand et haut-allemand, où il n'a pas le sens de "nationalité" mais celui de famille linguistique, et où "bas" signifie "nord" (bas-Rhin, ou proche de la mer), et "haut" signifie "sud" (haut-Rhin, ou plus haut géographiquement). L'allemand standard fait partie du haut-allemand.
[modifier] Répartition géographique
- en Europe :
- L'allemand est langue officielle en Allemagne, en Autriche, au Liechtenstein, en Suisse, au Luxembourg, en Belgique et dans la région italienne du Tyrol du Sud;
- Il est également parlé, sans toutefois avoir le statut de langue officielle au Danemark, en République tchèque (Allemands en République tchèque et Allemands des Sudètes), Slovaquie (Allemands des Carpates), Hongrie, Pologne, Russie (Allemands de la Volga), Roumanie (Transylvanie/Banat, Saxons de Transylvanie, Allemands de Bucovine et Allemands du Banat) ;
- en Afrique : Namibie, Togo, Afrique du Sud, Tanzanie ;
- en Amérique :, Amérique du Nord (souvent dans des variantes dialectales ou archaïques, en particulier en Pennsylvanie aux États-Unis où vit une communauté amish importante), Amérique du Sud, (Paraguay, Chili, Argentine, Brésil).
Note : que l'allemand soit devenu langue officielle dans certains États. des États-Unis d'Amérique est une rumeur infondée.
Source : wikipédias allemand et espagnol (en désaccord entre eux). À vérifier depuis une source plus sûre.
[modifier] Langues dérivées
- Le yiddish est une langue dérivée du moyen-haut-allemand médiéval, dans lequel ont été introduits des mots d'origine slave ou hébraïque.
- L'unserdeutsch est un créole formé à partir d'un lexique allemand.
[modifier] Première mutation consonantique
Avec la première mutation consonantique (erste germanische Lautverschiebung) aux environs du Ve siècle av. J.-C., naissait le germanique commun à partir d'un dialecte indo-européen. Cette transformation explique des différences entre les langues germaniques (plus l'arménien) et les autres langues indo-européennes. On peut, pour simplifier, présenter les faits ainsi :
- k → h : cord en latin — Herz en allemand, heart en anglais, hart en néerlandais
- p → f : pater en latin — Vater en allemand, father en anglais, vader en néerlandais
- t → th : très en latin — drei en allemand, three en anglais, drie en néerlandais
- d → t : decem en latin — zehn en allemand, ten en anglais, tien en néerlandais
- g → k : gula en latin — Kehle en allemand, keel en néerlandais
- bh → b : bhrātā en sanskrit (frater en latin) — Bruder en allemand, brother en anglais, broeder en néerlandais
- dh → d : adham en sanskrit — Tat en allemand, deed en anglais, daad en néerlandais
- gh → g : *ghostis en indo-européen (hostis en latin) — Gast en allemand et en néerlandais, guest en anglais
Pour résumer, on a :
- gh / g / k -> g / k / h (ou x)
- bh / b / p -> b / p / f
- dh / d / t -> d / t / th
[modifier] Seconde mutation consonantique
On commence à parler de langue allemande (ou, en linguistique "haut-allemand") lorsque les dialectes parlés dans le Sud-Ouest de l'Allemagne subirent la seconde mutation consonantique (zweite germanische Lautverschiebung ou hochdeutsche Lautverschiebung, que l'on situe grosso modo vers le VIe siècle), au cours de laquelle la langue commença à se différencier des dialectes du nord (Niederdeutsch, bas-allemand).
Cette modification phonétique explique un certain nombre de différences entre l'allemand actuel et, par exemple, le néerlandais ou l'anglais :
- k → ch : ik — ich (je) ; ook — auch (aussi) ; make/maken — machen (faire)
- d → t : dag/day — Tag (jour) ; bed — Bett (lit); do/doen — tun (faire)
- t → s : wat/what — was (quoi) ; street/straat — Straße (rue) ; eat/eet — essen (manger)
- t → (t)z : zitten/sit — sitzen (être assis) ; two/twee — zwei
- p → f : slapen/sleep — schlafen (dormir) ; schip/ship — Schiff (bateau) ; help/helpen — helfen (aider)
- p → pf en début de mot : peper/pepper — Pfeffer (poivre) ; paard — Pferd (cheval)
- v, w, f → b : geloof/believe — Glaube (croyance) ; avond/evening — Abend (soir)
pour résumer, *k / *p / *t -> ch / pf (ou f) / ts (ou s)
Les dialectes du nord, qui n'ont pas ou peu subi cette 2nde mutation phonétique, sont qualifiés de bas-allemand. Cette appellation est jugée abusive par certains linguistes, notamment néerlandais (qui ne sont pas "allemands"). Mais le terme "allemand" n'est ici qu'un terme linguistique, un peu comme "roman", "slave" ou "scandinave".
Nota bene: "bas" signifie "nord" (bas-Rhin, ou proche de la mer), et "haut" signifie "sud" (haut-Rhin, ou plus haut géographiquement).
Entre le Xe siècle et le XVe siècle eut lieu une diphtongaison dans les parlers du Sud-Ouest concernant l'articulation en deux phonèmes de ei, eu et au. Cela explique à nouveau certaines différences entre l'allemand standard et, par exemple, le néerlandais (les lettres dans les parenthèses expliquent la prononciation en utilisant la langue française):
- û (ou), → au (aou): hūs — Haus (maison) ; mūs — Maus (souris)
- î, (î) → ei (aille) : wīse — Weise (manière) ; zīt — Zeit (temps)
- iu (û) → eu (≈oï): liute — Leute (des gens) ; hiute — heute (aujourd'hui)
Contrairement aux États voisins, les contrées germaniques sont restées morcelées (Kleinstaaterei) au cours de l'ensemble du Moyen Âge contribuant au développement de dialectes très différents et, parfois, mutuellement inintelligibles. Un premier pas vers une langue interrégionale correspond au Mittelhochdeutsch poétique des poètes de cour vers le XIIIe siècle, bien que l'influence sur la langue vulgaire fût quasiment nulle, en raison de la faible alphabétisation. Aussi les régions germaniques restèrent-elles longtemps coupées en deux régions linguistiques :
- Au Nord, et en particulier du temps de la Hanse, le bas-allemand servait de langue véhiculaire de la mer du Nord à la mer Baltique.
- Au Sud se développait petit-à-petit, essentiellement à l'écrit, depuis le XIVe siècle une « langue compromis » entre les différents dialectes du haut-allemand qui devint l'allemand standard (Standarddeutsch). Il est à noter que ce processus est assez différent de celui des États voisins qui adoptèrent la langue de leur capitale.
[modifier] Influence de la Réforme
En 1521, Martin Luther traduisit le Nouveau Testament dans cet allemand standard en développement et en 1534, l'Ancien Testament. Bien que Luther ne fut pas, comme il fut considéré autrefois, le pionnier dans l'établissement d'une langue interrégionale — en élaboration depuis le XIVe siècle — il n'en reste pas moins que la Réforme contribua à implanter l'allemand standard dans les administrations et les écoles, y compris dans le Nord de l'Allemagne qui finit par l'adopter.
Mais, jusqu'au début XIXe siècle, le Hochdeutsch resta une langue souvent écrite, que beaucoup d'Allemands, en particulier dans le Sud, apprenaient comme une langue étrangère.
[modifier] L'allemand en Europe centrale
Avec la domination de l'Empire austro-hongrois en Europe centrale, l'allemand y devint la langue véhiculaire. En particulier, jusqu'au milieu du XIXe siècle, les marchands et, plus généralement, les citadins y parlaient l'allemand, indépendamment de leur nationalité : Prague, Budapest, Bratislava, Zagreb et Ljubljana constituaient des îlots germanophones au milieu des campagnes qui avaient conservé leur langue vernaculaire.
[modifier] Normalisation de l'orthographe et de la grammaire
Johann Christoph Adelung publia en 1781 le premier dictionnaire allemand exhaustif, initiative suivie par Jacob et Wilhelm Grimm en 1852. Le dictionnaire des frères Grimm, publié en seize tomes entre 1852 et 1960, reste le guide le plus complet du vocabulaire allemand. Cette normalisation progressive de l'orthographe fut achevée grâce au Dictionnaire orthographique de la langue allemande de Konrad Duden en 1880, qui fut, à des modifications mineures près, déclaré comme référence officielle dans la réforme de l'orthographe de 1901.
[modifier] Classification
C'est une langue germanique de la branche ouest, proche, notamment, du néerlandais.
[modifier] Langues régionales
L'allemand s'écrit avec les 26 lettres de l'alphabet latin, trois voyelles surmontées d'un Umlaut (sorte de tréma) ä, ö et ü, et un symbole graphique spécial ß, eszett (ligature de « s » et de « z ») ou scharfes S, utilisé en lieu et place de ss dans certains cas (principalement après une voyelle longue ou une diphtongue). La Suisse n'utilise plus le ß depuis les années 1930. Jusque dans les années 1940, l'allemand était imprimé en écriture gothique (Fraktur) et écrit en sütterlin, qui sont différentes versions de l'alphabet latin.
L'orthographe allemande se déduit en général de la prononciation et d'un minimum de connaissances. Il est toutefois à noter que les fortes disparités régionales au niveau de la prononciation peuvent rendre la tâche ardue. Les principales difficultés orthographiques de l'allemand résident dans :
- les Fremdwörter (mots d'origine étrangère) : ils sont souvent écrits conformément au mot d'origine (par ex. Milieu, Mayonnaise) mais la récente réforme de l'orthographe (voir plus loin) autorise la germanisation des termes importés comme par exemple l'écriture de Jointventure en un mot ;
- les lettres ä et e (e ouvert ou fermé), dans certains cas homophones et dans d'autres de prononciations voisines (par ex aufwendig dérivé de Aufwand, où l'orthographe réformée permet d'aussi écrire aufwändig) ;
- la distinction entre consonne simple et consonne double qui, dans un nombre limité de mots et contrairement à la règle habituelle, n'a pas d'influence sur la longueur de la voyelle (par ex. Tip mais tippen, Platz [tz est considéré comme un double z] mais plazieren) (voir plus loin : Prononciation) ;
- la séparation entre les mots (par ex. radfahren « aller à vélo » à côté de Auto fahren « aller en voiture ») et la (non-)capitalisation de certaines expressions (par ex. im dunkeln lassen « laisser incertain » à côté de (jemanden) im Dunkeln lassen « laisser (quelqu'un) dans un endroit obscur »).
Afin de supprimer une partie des difficultés décrites ci-dessus, les représentants allemands, suisses et autrichiens convinrent d'une réforme de l'orthographe. Elle est entrée en vigueur en 1998 en Allemagne et est devenue obligatoire à partir de la mi-2005. La dernière réforme datait de 1901 et portait entre autres sur la suppression du h dans Thor et sur l'ajout du e pour les voyelles longues et accentuées dans la conjugaison des verbes, par exemple kritisirt -> kritisiert).
Les principaux changements concernent :
- l'homogénéisation de la graphie des mots de même famille (aufwändig de Aufwand, mais toujours aufwenden) ;
- l'utilisation du ß uniquement après les voyelles longues et les diphtongues (on aura alors toujours der Fuß, die Geiß, mais der Fluss, ce qui est analogue aux règles pour les autres consonnes) ;
- dans les mots composés (voir agglutination/Linguistique), aucune lettre ne sera plus supprimée (Geschirr + Rückgabe > Geschirrrückgabe ou, alternativement, Geschirr-Rückgabe) ;
- la généralisation plus exhaustive de l'écriture en plusieurs mots des expressions figées (auseinander reißen), ce qui est la chose la plus critiquée et qui a aussi créé des nouveaux problèmes : "Furcht erregend" (intimidant, traditionnellement "furchterregend") mais toujours "noch furchterregender" (encore plus intimidant)
- la systématisation de la capitalisation des substantifs (der Dritte) ;
- la simplification de la césure et de l'emploi de la virgule ;
- la simplification (phonétisation) de termes issus du grec et l'abandon du ph (Fotografie)
Cette réforme rencontre une forte critique en Allemagne. Le Land de Schleswig-Holstein a voté le retour à l'orthographe traditionnelle en 1998 (décision annulée pourtant par le parlement régional) et certains journaux et éditeurs ont depuis décidé de revenir à la graphie conventionnelle.
Contrairement a des langues telles que l'anglais, l'allemand classique (Hochdeutsch) se prononce de manière assez conforme au texte écrit, hormis pour les mots d'emprunt. Presque toutes les voyelles se prononcent clairement, voire longuement, même sans indications.
Toutefois, les francophones qui apprennent l'allemand rencontrent généralement quelques difficultés, listées ci-dessous.
Tous les sons n'y figurant pas se prononcent toujours de la même manière qu'en français (a, b, d, f, i, k, l, m, n, o, p, ph, q, r, t, x). Le son [k] composé de c et h existe également en allemand : Christ, écho…
Lettres à Umlaut (notre "tréma" français)
- Ä ä correspond au [è] français : Ärzte (médecins), März (mars - le mois), Länder (pays), Häuser (maisons), Zählen (compter), träger (porteur), schämen (avoir honte), Mäuse (souris, au pluriel), Männchen
- Ö ö correspond au [e] ([eu]) français : öffnen (ouvrir), Österreich (Autriche), Höhle (grotte), Hölle (enfer), Höhe (hauteur), König (roi), Vögelein (petit oiseau)
- Ü ü correspond au [u] français : über (au-dessus), für (pour), Tür (porte classique), Bücher (livres)
Les Umlauts indiquent également l'accentuation. Ils marquent souvent le pluriel ou le diminutif (avec "-chen" et "-lein") des mots.
Lorsque les Umlauts ne sont pas permis (clavier étranger, Internet…), ils sont représentés par "e" : ae pour ä, oe pour ö, ue pour ü.
En Alsace, le remplacement des Umlauts est fréquent : Koenigshoffen (quartier de Strasbourg), le Haut-Koenigsbourg (un château fort)…
Lettres
- E e correspond au [é] ou au [è] français, marque un "temps mort" ou sert à allonger le i :
- lorsque le E est suivi au minimum de deux consonnes (ou que la seule lettre le suivant soit une consonne), il est prononcé [è] : Ecke (coin), empfehlen (recommander), Ente (canard), er (il), ersten (premier), Erwachsene (adultes), ernst (sérieux, sérieusement), es (il impersonnifié dans "Il était une fois' ou "Il fait beau", pronom neutre, ou le de "Je le lui ai donné"), essen (manger), elf (onze), Ende (fin), express (exprès), nennen (nommer), Stern (étoile), rennen (courir), Brennen (brûler), Pfeffer (poivre), Feld (champ), gelb (jaune)… Cette règle n'étant qu'une généralité. Exception [é] : Pferd (cheval), Erde (terre), Schwert (épée). Attention, la combinaison eh donne toujours le son [é].
- lorsque le E est suivi d'une seule consonne (ce qui sous-entend qu'après cette consonne, il y ait à nouveau une voyelle), il est prononcé [é] : eben (justement, quand même), edel (noble, précieux), egal (égal, peu importe), ehe ("avant" ou "par mariage"), eher (plutôt - dans un choix), ekel (dégoût), Elefant (éléphant), Esel (âne), Etikett (étiquette), ewig (éternellement)…
- le E en fin de mot (eine -une-, Woche -semaine-, Nase -nez-), de -en (notamment dans les verbes - Eisen -fer-, machen -faire-, werden -devenir-, Blumen -fleurs-), -er (notamment dans les métiers et les noms communs au pluriel - Pfeffer -poivre-, Briefträger -facteur-, Wetter -temps [météo]-) et -el (Edel -précieux-, Esel -âne-, Ekel -dégoût-) est un [eu] très léger, mais n'est pas à omettre. Règle également valable pour les préfixes ver- (vergessen [oublier], Verlag [éditeur, édition], verlassen [abandonner], vergleichen [comparer], verwechseln [confondre], vertrauen [faire confiance]…) et ge- (Geschäft [magasin], mais aussi dans les verbes au passé : Gesehen [vu], gegangen [allé], gesucht [recherché, qui, comme en français ou en anglais, n'est pas uniquement du passé]…).
- le e précédé par i allonge cette voyelle : Krieg (guerre), kriegen (recevoir -familier-), Biene (abeille), Biest (bête - féroce), Fliege (mouche), viel (beaucoup), nie (jamais), wiese
- Suivi d'un H, le E se prononce automatiquement [é] (en dehors de l'allongement du E).
- Ces mots peuvent être prononcés différemment selon les régions (ou même selon les personnes) ou malgré les indications, comme en français purée et événement.
- G g…
- Il correspond uniquement au [g] de gâteau et guitare : le son [j] français de genou et jambon n'existe pas en allemand.
- Derrière i en fin de mot, il (peut) se prononce (r) comme le [ch] léger allemand : zwanzig (vingt), lustig (drôle), fertig (fini), wahnsinnig (incroyable), Großartig (fabuleux), Honig (miel), Leipzig (ville), Ludwig (Ludovic ou Louis)… Cette règle n'est pas respectée par tout les Allemands. Ne pas confondre avec les mots se terminant par CH ou SCH (indique les mots d'origine étrangère).
- H h…
- Il est aspiré comme en anglais.
- Précédé par a, ä, e, o, ö, u et ü, il ne se prononce pas, mais allonge la voyelle : fahren (rouler), Fahrer (conducteur), mahlen (moudre), Zahn (dent), Fährer (conducteurs), Zählen (compter), Zähne (dents), ähnlich (semblable), Mehl (farine), mehr (plus +), Fehler (faute, erreur), Lehrer (enseignant), Lehren (enseigner, à ne pas confondre avec Lernen, qui signifie apprendre au premier sens), stehen (se tenir debout), wohnen (habiter), wohnung (appartement), ohne (sans), Ohr (oreille), Sohn (fils), wohl (bien, agréable), Möhren (carottes), kühl (frais), Mühle (moulin)
- Lorsqu'il suit le e, le H donne le son é.
- J j correspond au [i] français : ja (oui), Jagd (chasse), jemand (quelqu'un), Jahr (année), Maja (Maya), Jesus (Jésus), jammern (gémir, pleurnicher), Maracuja (fruit de la passion), Jerusalem ([Yérousalèm]), januar (janvier), juni (juin), juli (juillet), Johann (Jean), jung (jeune), juhu ! (youpi !), jubeln (jubiler)…, hormis le J des mots étrangers (joker, jockey, James…).
- S s…
- En début de mot, s’il est suivi d’une consonne, il se prononce comme le [ch] français : Sport (sport), Stern (étoile), Stuhl (chaise), still (silencieux), Spiel (jeu), Stein (pierre), Stunde (heure), Stabe (bâton), Stadt (ville), Stoßen (cogner), Stube (pièce - au sens de salle, chambre), Stufe (marche - escalier -, étape, niveau).
- En début de mot, s’il est suivi d’une voyelle, a un son se situant entre le [z] et le [ss] français : die Sonne (le soleil)
- Après une voyelle, il se prononce comme le [z] français : Eisen (fer), Hose (pantalon, culotte), hormis bien sûr s'il s'agit de deux s (ss, qui peut s'écrire ß), et s'il est suivi lui-même également d'une voyelle.
- Après une consonne, il se prononce [ss] : Geburt|s|tag ("jour de naissance" ou "anniversaire", mot composé). Ce cas se trouve notamment dans les mots composées.
- ß (minuscule comme majuscule) correspond au son [ss] (mais n'est pas toujours employé pour le son): Kuß (ou Kuss) (baiser), wissen (savoir).
- U u correspond au son [ou] français : ufer (rivage), Blume (fleur)
- V v correspond généralement au son [f] français : Vogel (oiseau), Vorsicht ("attention" ; littérelement "prenez garde" ou "prenez vos précautions"), von (de), viel (beaucoup), Vater (père)… Exemple d'exceptions (mots d'emprunts) : Revolution (V à la française - cependant, les autres lettres de ce mot se lisent à l'allemande).
- W w correspond généralement au son [v] français ( Wetter, temps - au sens météorologique -, Wasser (eau), Weg (chemin), Wagen (véhicule), willkommen (bienvenue), wohnen (habiter), wo (où), wenn (si…), wann (quand), was (quoi), wie (comment)… Exemple d'exceptions (mots d'emprunt) : Far-West (W à l'anglaise).
- Y u correspond au [u] français : Gymnasium (équivalent du lycée), Labyrinth, Hygiene, s'il n'est pas précédé d'un a ou d'un e, où il se prononce i et peut changer le e en a (Meyer - nom courant -, Speyer - ville -), à l'instar du i dans par exemple Ei (œuf) [aï]. Exemples d'exceptions : Bayern (Bavière - prononcer le Y "i"), Yann (prénom - prononcer le Y "i") - Mots d'emprunt : yahoo et yepee (youpi).
- Z z correspond au son [ts], [tz], [ds] ou encore [dz] : Zeit (temps), Zeitung (journal), Zirkus (cirque), Satz (phrase), Salz (sel), März (mars - le mois), Marzipan (massepain - pâte d'amande -), Zimmer (chambre), Schwartz (noir), Katze (chat).
Sons composés
- CH se prononce de trois façons : soit "[r] dur", soit "[ch] léger", soit [k] :
- Après a, o et e, il se prononce [χ], son approchant du [j] espagnol dans Juan (Jean), mais en plus atténué. Il est aujourd'hui plutôt prononcé comme le r français en début de mot. (renard, route, rue, re-voir, -garder, -tour…). Bach (rivière), machen (faire), Nacht (nuit), Loch (trou), doch (si - en réponse à "non" -), Woche (semaine), Wache (garde), Tochter (fille - lien avec les parents), Buch (livre), brauchen (avoir besoin, devoir), suchen (chercher, sans savoir où est ce que l'on cherche), achtung (attention), Sprache (langue orale), ach… (ah…)… Le nom Bach (compositeur allemand de musique baroque) se prononce également de cette façon en allemand, et non [Bak], prononciation très fréquente en France.
-
- Après i, e, ä, ö, ü et une consonne, il se prononce [ç] (à mi-chemin entre [ch] et [h]), comme en grec moderne dans Όχι (non). Il s'agit du "[ch] léger" : ich (je et moi), echt (vrai), Bücher (livres), Küche (cuisine), Licht (lumière), Wächter (gardes), Löcher (trous), Märchen (conte), Mädchen (fillette), München (Munich, la ville de), Mönch (moine), nicht (pas - négation)… Exception : Echo (écho), le ch se prononçant comme le son [k].
-
- Avant s, il se prononce [k], ce qui donne le son ks (x), comme dans Fuchs (renard - fox en anglais), mais aussi Wachs (cire), Lachs (saumon), wachsen (grandir), Erwachsene (adulte), Dachs (blaireau), sechs (six), Ochse (bœuf), wechseln (changer), verwechseln (confondre), nächste (suivant), büchse (boîte de conserve)…
- SCH se prononce comme le [ch] français : die Schuhe (les chaussures), die Schule (l'école), der Schlüssel (la clé), das Schwert (l'épée), schreiben (écrire), englisch (langue anglaise), französisch (langue française), deutsch (langue allemande). Attention au préfixe -chen dans par exemple Mäus|chen (petite souris) ou ein biss|chen (un peu).
- NG correspond au son [ng] anglais : Englisch, [Dring !], Zunge (langue organique), Lösung (solution - sens de la "réponse"), Gang (couloir)
- AU est constitué de A et de U [ou] ; cependant, il faut bien le prononcer comme un seul son, à l'instar du OI français, constitué de OU et de A : Maus (souris), August (août), Strauß (bouquet), genau (exactement), Stau (embouteillage), auch (aussi), Frau (femme), kauen (mâcher), rauchen (fumer), aua ! (aïe !), blau (bleu). Le mot Verdauung (digestion) est un bon exemple ; en effet, le U de AU est différent du deuxième ; il paraît plus pur.
- ÄU correspond au son [oï] (la langue d'Oï, comme le son allemand [EU]), mais se prononce [eui] (écureuil) dans certains endroits : Mäuse (souris, au pluriel), Bäume (arbres), gebäude (constructions), Häuser (maisons)
- EI correspond au son [aï] : Ei (œuf), Eimer (seau), ein (un), eins (un - le chiffre), einmal (une fois), nein (non), Stein (pierre), heiß (chaud), Wein (vin), Weihnacht (Noël)… à l'instar du i anglais
- EU correspond au son [oï] (la langue d'Oï, comme le son allemand [ÄU]) : neu (nouveau), Heu (foin), Feuer (feu), Europa (Europe), neun (neuf - le chiffre)
Il faut bien veiller à ne prononcer qu'un son et pas deux sons distincts pour les combinaisons de deux voyelles : par exemple, pour la combinaison EI, il faudra prononcer ail (ou I et le i de knife) et non aï de na|ïf. Le son français OI est l'exemple même : on se prononce pas directement OU|A.
- les lettres A et E doubles marquent tout simplement l'allongement du son, ainsi que le h suivant une voyelle : Haar (cheveu), Paar ("couple" ou "quelques"), Leer (vide), Schnee (neige), Klee (trèfle), nee ("non" familier, équivalent à "mais non", égal au "ouais" pour le "oui" français) : ee se lit éé.
- Le coup de glotte au début des mots (et de certaines syllabes) commençant par une voyelle marque une séparation nette entre les mots. Le français, en revanche, a tendance à lier les mots entre eux.
- L'accent tonique est assez souvent placé sur l'avant-dernière syllabe (ex.: Dino-Saurier - "au" est l'avent-dernière syllabe du mot-valise, mais la première du mot "Saurier"), contrairement à la prononciation française standard qui accentue la dernière syllabe. Il revêt une importance capitale. Deux mots apparemment identiques (comme par exemple übersetzen) auront des significations entièrement différentes selon que la préposition (über) ou le verbe (setzen) sera accentué.
- - übersetzen = traduire (passé composé : übersetzt)
- - übersetzen = traverser un fleuve, aller sur l'autre rive (p.c. : übergesetzt).
- L'accentuation est aussi indispensable dans la grande majorité des prénoms : Anna, Maria, Sabine, Sandra, Lena, Anton, Antonia, Simone, Felix, Susanna, Julia, Isabella, Phillip, Mickaël(a), Aurelia, Peter, Stephan, Thomas, Markus, Andrea(s), Rainer, Georg, Delphine, Christine, Kristianna, Alexander (Axel), Claudia, Tobias, Kassandra, Ludwig, Johann(es)(a), Brigitte, Barbara, Henrick, Bambi, Faline, Cinderella… Certains noms peuvent se prononcer de plusieurs façons : l'accentuation peut changer de voyelle et ces noms laissent donc le choix de la voyelle à accentuer, les voyelles peuvent être plus ou moins accentuées , d'autres prénoms n'ont pas de voyelles à accentuer (sans compter l'habituelle accentuation allemande) : Wolfgang, Sebastian (la voyelle à prononcer est ici à choisir), Friederich, Niklas, Heinrich.
- Le R ou l'ensemble ER dans les terminaisons d'un mot ont de nos jours tendance à s'approcher du son a à l'instar de l'anglais : Bauer (paysan, fermer), Maler (dessinateur), super, Käfer (insecte), Kaiser (empereur), Mutter (mère), hier (ici), Messer (couteau), immer (toujours), meister (maître), le er qui indique l'avantage (par exemple schneller [plus vite])…, mais aussi par exemple Dorf (village), Wort, Bayern (Bavière). Exemple : Aber bitte mein Vater, sagen Sie mir mehr als nur ein Wort ! (Mais s'il vous plaît mon Père, dites-moi plus qu'un mot !).
- La longueur des voyelles doit être scrupuleusement respectée. Alors qu'en français certains ne font aucune différence entre les voyelles longues et les voyelles courtes (pâtes et pattes, âne et Anne), l'allemand exige de distinguer les deux - au risque de malentendus funestes -.
- - Du bist ein Ass = Tu es un as !
- - Du bist ein Aas = Tu es un salaud ! (littéralement "une charogne")
Les consonnes
| b |
c |
ch |
ck |
d |
dt |
dsch |
f |
g |
h |
j |
| [b], [p] |
[k], [t͡s] |
[ç], [x], [k] |
[k] |
[d], [t] |
[t] |
[dʒ] |
[f] |
[g], [k], [ç] |
[h], [ː] |
[j], [ʒ] |
| k |
l |
m |
n |
ng |
p |
pf |
ph |
qu |
r |
|
| [k] |
[l] |
[m] |
[n] |
[ŋ] |
[p] |
[pf] |
[f] |
[kv] |
[ʁ], [ʀ], [ɐ] |
|
| s |
sch |
ß (ss) |
t |
ts, tz |
tsch |
v |
w |
y |
z |
|
| [z], [s], [ʃ] |
[ʃ] |
[s] |
[t] |
[ts] |
[tʃ] |
[f], [v] |
[v] |
[y], [j], [i] |
[ts] |
|
Les voyelles
| courtes |
a |
ä |
e |
er |
i |
o |
ö |
u |
ü |
| [a] |
[ɛ] |
[ɛ] |
[ɐ] |
[ɪ] |
[ɔ] |
[œ] |
[ʊ] |
[ʏ] |
| longues |
a, aa, ah |
ä, äh |
e, ee, eh |
i, ie, ih |
o, oo, oh |
ö, öh |
u, uh |
ü, üh |
| [aː] |
[ɛː] |
[eː] |
[iː] |
[oː] |
[øː] |
[uː] |
[yː] |
| diphtongues |
ai, ay, ei |
au |
äu, eu |
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| [ai] |
[ | |