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2001 : l'odyssée de l'espace
2001 : l’odyssée de l'espace (2001: A Space Odyssey) est un film britanno-américain de science-fiction réalisé par Stanley Kubrick, sorti en 1968, d'après plusieurs nouvelles d'Arthur C. Clarke et notamment La Sentinelle (1951). Une adaptation de la suite du livre est sortie en 1984, intitulée 2010 : l'année du premier contact (2010), réalisée par Peter Hyams sur la base du roman de Clarke : 2010, Odyssée deux (2010: Odyssey Two).
[modifier] RésuméL'aube de l'humanité. « Homo » n'est qu'un animal parmi d'autres. La faim taraude une tribu d'hommes préhistoriques réfugiée dans des cavernes. Sans défense contre les prédateurs, chassés de leur point d'eau par un groupe rival, ils sont sur le point de disparaître. Un matin, ils découvrent devant leur refuge un imposant et intrigant monolithe noir. Sous son influence, ils ont l'idée de se servir d'os comme armes et résolvent leur problème de nourriture en tuant du gibier, passant de l'état d'herbivore à celui d'omnivore. Ce premier acte de violence est suivi par une attaque du point d'eau, au cours de laquelle le chef du groupe rival est tué. En 1999, des vaisseaux spatiaux voyagent dans l'espace. Le savant américain Dr Heywood Floyd se rend sur la lune où il est chargé de recommander aux savants de maintenir le secret sur une fantastique découverte. Il va ensuite contempler la découverte en question : un monolithe noir (voir : Anomalie Magnétique de Tycho no. 1), enterré volontairement selon les savants il y a quatre millions d'années. Quand le soleil s'aligne par-dessus lui, il émet un puissant champ magnétique qui parasite les signaux radios des astronautes jusqu’à la douleur. Dix-huit mois plus tard, mission Jupiter. En 2001: Un vaisseau (le Discovery One) fait route vers Jupiter avec comme équipage deux astronautes (Dave Bowman et Frank Poole), trois savants en hibernation et l'ordinateur HAL 9000. Ce dernier, à la pointe de la technologie, dirige toutes les manœuvres du voyage. Au cours d'une conversation qu'il a entamée et qui devient embarrassante, HAL signale une panne imminente. La pièce prétendument défectueuse est inspectée par les deux astronautes qui, ne trouvant rien d'anormal, s'inquiètent de l'erreur de l'ordinateur, et pensent même à le déconnecter... HAL se défend en provoquant la mort de Poole et des savants en hibernation. Le survivant, Bowman, réussit à déconnecter l'ordinateur et à prendre connaissance d'un message enregistré à destination de l'équipage : celui-ci indique la découverte d'un artefact extra-terrestre sur le sol lunaire (le monolithe). À l'exception d'une onde radio émise en direction de Jupiter (d'où la destination de la mission), tout reste, selon la communication, mystérieux à son sujet... Jupiter et au-delà... près de Jupiter, Bowman quitte le Discovery à bord d'un Pod, vaisseau sphérique à une place, apparemment pour observer un monolithe semblable à celui observé sur Terre au début et qui flotte dans l'espace (dans le roman, il se situe sur Japet, un des satellites de Saturne). Bowman est alors aspiré par un passage s'ouvrant dans l'espace, et se retrouve, après un voyage étrange, dans une suite de type Louis XVI, s'y voit vieillir prématurément et, mourant, voit le monolithe noir à son chevet. Il renaît alors sous la forme d’un fœtus astral qui retourne vers la Terre. [modifier] Tournage[modifier] Un tournage long et gigantesqueKubrick avait réfléchi à l'idée de concevoir Docteur Folamour comme un documentaire réalisé par des extraterrestres[1]. Cette idée, abandonnée pour Docteur Folamour, le poussa à s'essayer à un nouveau genre : la science-fiction. Il lut la nouvelle d'Arthur C. Clarke et rencontra son auteur en 1964. L'équipe réunie par Kubrick était composée d'un grand nombre de spécialistes. Ainsi 25 spécialistes d' effets plus que spéciaux (dont Harry Lange et Frederick Ordway, deux spécialistes de l'industrie spatiale), 35 décorateurs de plateau et 70 autres techniciens étaient employés pour le film. La salle de commande de Discovery a nécessité un fort investissement financier. En effet l'équipe du film dut construire une centrifugeuse gigantesque pesant près de 30 tonnes, d'un coût de 750 000 $[2]. Le tournage commença le 29 décembre 1965 (la scène concernée est la découverte du monolithe dans le cratère Tycho). Le tournage se déroula sur 7 mois et la postproduction prit encore deux ans. Alors que le budget initial était de 6 millions $, il dépassa à la fin les 10 millions $[3] ceci étant en partie dû aux effets spéciaux utilisés dans 205 plans du film et représentant 60% du budget total. Le directeur de la MGM, Robert O'Brien, prévoyait une sortie du film à la fin de l'année 1966 ou au printemps 1967[4]; mais l'avant-première n'eut lieu qu'en avril 1968 à New York. [modifier] Interprétation
[modifier] PréambuleIl ne nous est jamais possible d’aborder toutes les composantes de 2001 : l'odyssée de l'espace, toute sa richesse, d'en épuiser toutes les interprétations. Impalpable, ce film se décèle dans le domaine de l’abstraction, de l’esthétique, et du symbolisme.
[modifier] CommentaireBien que Clarke ait participé à la rédaction du scénario, le film porte nettement la patte de Kubrick, notamment de son pessimisme. Ainsi, le premier effet de l'intelligence est, pour notre ancêtre, l'invention d'une arme et un meurtre. Les personnages sont singulièrement inactifs : les astronautes sont totalement sous le contrôle d'un ordinateur, et seul un sursaut permettra au dernier survivant de se sauver au prix d'un nouveau meurtre symbolique. La question de savoir si la fin du film est optimiste ou non est incertaine. Est-ce la préfiguration d'un dépassement de l'espèce humaine (ce que suggère le titre musical Ainsi parlait Zarathoustra) ? D'une évolution ou d'autre chose ? Du point de vue des avancées technologiques au début du XXIe siècle, 2001 : l'odyssée de l'espace donne une vision assez optimiste. Dans la représentation de ce qu'étaient en au milieu des années 1960 les technologies du futur, Kubrick a poussé la précision et le réalisme à un point qui ne s'était pas encore vu dans un film de science-fiction. Il aurait méticuleusement détruit toutes ses maquettes (ce qui n'est pas sûr puisqu'on voit le vaisseau Explorer 1 dans un épisode de la série Cosmos 1999) avant de proclamer : « Si d'autres veulent faire un film plus réaliste, il faudra qu'ils aillent le tourner sur place. » L'obsédant silence du vide spatial, où l'astronaute, enfermé dans sa combinaison, n'entend que sa propre respiration, joue un rôle de premier plan dans le film. La Guerre des étoiles n'en a pas retenu l'idée, ni même 2010 (la suite de 2001) où l'on entend des bruits d'explosion dans le vide (ce qui est une absurdité du point de vue physique). La qualité de ce travail et le perfectionnisme du réalisateur ont permis aux effets spéciaux utilisés dans le film de conserver une force qui crée encore aujourd'hui l'illusion. De plus, les thèmes soulevés par ce film : la nature de l'humanité, l'intelligence, notre place dans l'univers, restent toujours d'actualité, près de quarante ans plus tard. [modifier] EllipseSi 2001 : l'odyssée de l'espace devait être réduit à une scène emblématique, ce serait sans doute (du moins dans la conscience collective, d'après les nombreuses parodies qu'elle engendra) celle où le singe premier-homme lance en l'air le premier outil de l'humanité (un os) et que celui-ci s'élève (sur la musique de Richard Strauss) puis retombe (sur la musique de Johann Strauss, musicien paradoxalement antérieur au précédent) et se « transforme » soudain en une bombe nucléaire[6] (et non en un vaisseau spatial) flottant dans l'espace et qui semble même « tomber » dans le prolongement de la trajectoire de l'os. La particularité de cette scène tient essentiellement en sa forme (le montage). Cet enchaînement extrêmement simple, puisqu'il n'y a nulle utilisation de transitions (ex : fondu, etc.), peut être qualifié à la fois de brutal et de cohérent. Brutal parce qu'il oppose deux situations très différentes et surtout deux âges très éloignés. Cohérent parce que les formes de ces deux objets sont à l'écran, très semblables et que le mouvement n'est pas rompu. Ce montage est inhabituel puisque traditionnellement, un fondu au noir aurait été utilisé pour signifier le changement de contexte. Ceci a pour effet d'effectuer un certain rapprochement entre les deux outils, en l'occurrence l'os et le vaisseau. La force de cette scène se trouve précisément dans l'ellipse que le réalisateur choisit d'opérer. Ainsi pour Kubrick les millions d'années d'évolution de l'homme ne représentent qu'une fraction de seconde. Toute cette évolution n'est qu'une transition qui a permis à l'homme de passer des premières inventions à la marche sur la lune, étape jugée comme révélatrice de maturité puisque c'est ici que l'on découvre le monolithe. L'homme n'évolue donc, dans 2001, que par paliers successifs. [modifier] La symbolique des formesIl est intéressant de remarquer la forte valeur attribuée aux formes dans ce film, deux modèles ressortent principalement de cette observation : le cercle et le rectangle. Le cercle semble représenter ce qui se rapporte à l’homme, notons par exemple l’œil du héros filmé en gros plan, les premiers hommes qui forment un cercle autour du point d’eau ou le fœtus astral. De même, au niveau des réalisations techniques, la station orbitale est composée de deux gigantesques roues qui tournent harmonieusement dans le vide, la partie habitable du vaisseau Discovery est de forme cylindrique et beaucoup de vaisseaux (comme les Pods) sont sphériques. La forme rectangulaire prend, quant à elle, une signification que l'on peut associer au monolithe. Ce parfait parallélépipède rectangle, symbole évolutif, peut nous amener à percevoir la forme rectangulaire comme la représentation de l'intelligence supérieure. Dès lors, un détail révèle toute son importance concernant l’interface de l’ordinateur HAL. Celui-ci communique avec les astronautes par un objectif circulaire encadré d'un rectangle aux proportions du monolithe. Ainsi on peut concevoir HAL comme un intermédiaire entre l’homme et l’entité supérieure.
[modifier] La dualité des hérosLa dualité, idée récurrente dans les œuvres de Stanley Kubrick (la dualité présente en chaque homme et qui en fait un être pouvant choisir) le plus souvent représentée par les célèbres parquets noir et blanc dans ses films, se retrouve dans 2001 d'une manière inattendue. En effet Kubrick choisit ici de filmer les deux principaux astronautes de Discovery d'une manière spécifique. Ainsi ces deux héros ne se rencontrent presque jamais dans 2001 (alors qu'ils sont pourtant sur le même vaisseau !) et même lors de l'une de leurs rares discussions, celle qu'ils tiennent en mangeant, ils ne se regardent pas une seule fois. Kubrick va même plus loin dans les scènes de sortie dans l'espace. Il est alors très intéressant de remarquer que leurs positions semblent s'inverser parfaitement lors de la deuxième sortie. En effet lors de la première, c'est Dave qui va chercher la balise radio dans un Pod pendant que Franck l'assiste depuis le vaisseau avec l'aide de HAL. Puis quand HAL propose d'aller replacer la balise à sa place, les rôles s'inversent : Franck sort avec le Pod et Dave l'assiste de la même manière. De plus, coïncidence encore plus troublante, les gestes des deux héros pour aller chercher la balise sont sensiblement identiques. Le seul instant où Dave regardera directement Franck se déroule dans des circonstances tragiques puisque ce dernier sera mort et que Dave tentera de reprendre son corps dérivant dans l'espace. Enfin dernier indice, alors que l'un est gaucher, l'autre est droitier. Certains critiques ont même avancé l'idée que ces deux héros n'en formeraient qu'un. Mises à part ces théories, il est cependant évident que Kubrick exprime une fois de plus son obsession de la dualité humaine.
Il est aussi intéressant de remarquer que, dans cette dualité, Kubrick réserve généralement la partie gauche de l'écran (celle tournée vers le passé) à Franck et la partie droite (celle de l'avenir, de la progression chronologique) à Dave. Ceci peut être vu comme une annonce de la fin du film : Dave est l'humain qui va passer au stade d'évolution suivant, qui va atteindre le rang de « fœtus astral » et dépasser son statut d' homme. Le fait que Dave soit l'« élu » est aussi prévisible dans le sens où il est le seul personnage principal à ne pas être encore lié à la Terre : Floyd parle depuis l'espace à sa fille, Franck à ses parents mais Dave, lui, semble seul. [modifier] RuptureComme Michel Chion le fait remarquer dans son livre [9], il existe un passage précis où le spectateur assiste au changement de comportement de HAL 9000 qui annonce sa future tentative de tuer les astronautes. Cette scène est celle où HAL questionne Bowman sur sa motivation et ses craintes concernant leur mission. Après quelques phrases échangées, Bowman demande à HAL si ces questions ont pour but de permettre à l'ordinateur de préparer un rapport psychologique. Après quelques instants, HAL le reconnaît et s'en excuse. C'est à partir de ce moment que les deux astronautes vont commencer à se méfier de HAL et que celui-ci va chercher à les éliminer. Il s'est produit dans cette scène un véritable changement dans l'attitude de la machine. Le spectateur peut ressentir cette rupture dans les longues secondes où HAL a hésité avant de donner sa réponse. Une sorte de malaise s'installe dans l'esprit du spectateur car ce temps d'attente n'est pas normal étant donné qu'une machine ne peut pas hésiter mais seulement calculer ou répondre rationnellement. Il s'est donc produit une véritable rupture sous les yeux du spectateur et cela s'est fait par un silence. [modifier] Bande son[modifier] Bande originaleVoici les titres principaux qui constituent la partie musicale du film :
[modifier] Fiche technique
[modifier] Distribution
[modifier] Autour du film[modifier] Commentaires
[modifier] Références culturelles à 2001 : l'odyssée de l'espace[modifier] Distinctions[modifier] Oscar du cinéma 1968
[modifier] National Film Registry 1991
[modifier] British Academy Film Awards (prix de la British Academy of Film and Television Arts
[modifier] Prix Hugo
[modifier] Kansas City Film Critics Circle Awards
[modifier] Directors Guild of America Award
[modifier] Classements2001 : l'odyssée de l'espace est régulièrement cité dans les classements de films par les critiques de cinéma. Ainsi figure-t-il à la 6e place du classements Sight and Sound[10], à la 22e place du Top 100 de l'American Film Institute et à la 15e pour le classement de 2007 [11]. Hal 9000 est à la 13e place du classement d'AFI's 100 ans... 100 Héros et Méchants du cinéma. De plus, il comporte une réplique classée dans le Top 100 des répliques du cinéma américain selon ce même institut. Enfin, il est considéré comme le meilleur film de science-fiction de tous les temps[12] par la Online Film Critics Society [modifier] Bibliographie
[modifier] Notes et références de l'article
[modifier] Voir aussi[modifier] Articles internes
[modifier] Liens externes
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